13/03/2016 10:47
Depuis 2014, les besoins en travailleurs techniques n’ont cessé de croître. Une situation qui pose de grands défis pour la formation professionnelle au Vietnam, et appelle à de rapides et profonds changements.
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Le vice-Premier ministre Nguyên Xuân Phuc (gauche) a remis l’Ordre de l’indépendance de la 3e classe à Nguyên Duy Thanh, lauréat du Mondial des métiers, organisé au Brésil en 2015. Photo : Anh Tuân/VNA/CVN

Au bout de sa cinquième partici-pation au Mondial des métiers organisé au Brésil en 2015, Nguyên Duy Thanh a obtenu enfin une médaille de bronze dans l’épreuve des «Solutions pour les logiciels informatiques».

Une belle récompense, mais qui n’est pas le fruit d’un simple hasard. «Avant de participer au concours, j’ai été formé en Corée du Sud pendant plus d’un an», avoue Thanh. Le jeune lauréat loue le grand sens du professionnalisme des sud-coréens, mais également leur modèle de formation. «Les entreprises sud-coréennes investissent dans l’apprentissage. J’y ai passé 13 mois au rythme de 15 heures de travail par jour. En plus d’apprendre à programmer des logiciels, j’ai amélioré ma manière de présenter et de communiquer», explique-t-il.

Sur le plan théorique, le niveau des candidats vietnamiens ne serait pas inférieur à celui des autres pays, précise le jeune homme. Mais il souligne que les Vietnamiens pèchent essentiellement dans la pratique, nécessitant des techniques minutieuses et très précises.

Le témoignage de Thanh confirme la nécessité d’une refonte profonde de l’apprentissage au Vietnam, notamment pour  arriver à faire jeu égal avec les pays à haute qualification professionnelle. D’autant plus qu’à cette rentrée 2015-2016, les autorités ont pu observer une augmentation des inscriptions dans les écoles de formation professionnelle, en lieu et place d’une voie traditionnelle universitaire. Un constat qui reflète le changement de perspectives des jeunes sur la question des diplômes, mais aussi sur leur avenir professionnel.

Remède anti-chômage

En obtenant 24.5 points lors de son examen national de fin d’études, Trân Ngoc Nam, originaire de la province centrale de Hà Tinh, avait l’opportunité de s’inscrire dans une université. Et pourtant, il a choisi d’exercer plus tard le métier de soudeur, et poursuit encore aujourd’hui son cursus dans l’école de formation professionnelle Viêt-Duc, toujours dans la même province. Un choix qui peut surprendre à première vue, mais en soit logique et prudent selon le jeune homme. «Dans mon village natal, beaucoup de diplômés sont chômeurs ou exercent un job sans lien avec leur formation. Cela me réconforte d’avoir opté pour  l’apprentissage, et m’encourage d’autant plus à poursuivre dans cette voie», partage Nam.

Selon Pham Xuân Khanh, directeur de l’École de hautes technologies de Hanoi, l’établis-sement a reçu une centaine de dossiers de candidature pour la rentrée 2015-2016. Les élèves doivent impérativement avoir obtenu au minimum 15 points à l’examen de fin d’étude, précise le directeur. «Une condition qui ne semble pas freiner les postulants, bien plus nombreux que l’année précédente», souligne-t-il.

La promotion de l’enseignement professionnel s’est aussi intensifiée ces derniers temps. Outre des foires de l’emploi organisées par les localités, «les alertes lancées dans les communiqués consacrés au marché du travail et le recrutement direct par les entreprises ont contribué au changement d’optique des élèves, mais aussi de leurs parents», fait savoir Doan Mâu Diêp, vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales. Ce dernier estime que «c’est un choix réel et intelligent dans l’actuel contexte où de nombreux diplômés et agrégés se retrouvent sans emploi».

Modernisation de la formation

Une tendance qui va connaître une accélération prochaine avec l’entrée du Vietnam dans la communauté économique de l’ASEAN. Pour travailler dans d’autres pays membres et rester compétitifs, les Vietnamiens devront améliorer leur savoir-faire. Ceci implique à la fois le niveau de leur qualification professionnelle, mais aussi celui de la pratique d’une langue étrangère. Faute de pouvoir satisfaire ces nouveaux critères, les Vietnamiens pourraient souffrir de la concurrence externe.

Un cours de couture industrielle dans le Centre d’orientation et d’apprentissage du district de Quy Châu (Nghê An, Centre). Photo : Bich Huê/VNA/CVN

Dans cette optique, les autorités préparent prochainement un plan de modernisation de la formation professionnelle, qui se veut plus ouverte, dynamique et flexible. «Les apprentis seront au centre des préoccupations des écoles professionnelles. Ils pourront étudier selon leurs compétences ou leur situation personnelle», estime Duong Duc Lân, chef du Département général de la formation professionnelle. Ces écoles devront être réorganisées et s’adapter en fonction de la situation économique régionale, en collaboration étroite avec les entreprises locales.

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung vient notamment d’approuver la Stratégie d’intégration internationale en matière d’éducation et de formation professionnelle. Cette dernière va permettre entre autres d’ici 2020 la mise en oeuvre de programme d’emplois durables, l’amélioration de la qualité des prévisions d’évolution du marché du travail et de ses besoins, ou encore l’accélération de l’envoi de travailleurs qualifiés à l’étranger.

De plus, pour répondre aux normes régionales et internationales, il est prévu par les autorités de revoir et perfectionner les institutions, les politiques et la planification de l’ensemble du réseau d’établissements de formation professionnelle.   
Huong Linh/CVN
 
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