06/01/2019 08:00
Plus de 80% des femmes vietnamiennes pensent que l’áo dài est une des plus belles traditions vestimentaires du pays et que la culture de l’áo dài pourrait s’étendre à l’avenir.
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L’"áo dài" dans la collection du photographe français Réhahn.
Photo: Réhahn/CVN

L’histoire raconte que le costume traditionnel original des femmes vietnamiennes est la robe à quatre ou cinq pans, précurseur de l’áo dài.

Dans les années 1700, le Vietnam était divisé en deux, les seigneurs Trinh au Nord, où les robes étaient similaires à des costumes impériaux chinois, et la dynastie des Nguyên au Sud. En 1744, Nguyên Phuc Khoat changea la forme du costume national, avec une version pour homme également, pour marquer sa différence vis-à-vis de son voisin du Nord. La première image de l’áo dài moderne est apparue sous la dynastie des Nguyên.

Ce costume survivra jusqu’en 1930 quand un créateur de mode de Hanoï, Cát Tuong, plus connu des Français sous le nom de Monsieur le Mur, le modifia en le simplifiant avec un mélange de styles asiatique et européen. Bien que ce modèle fut boycotté par les plus puritains et conservateurs, il fut néanmoins apprécié par la majorité de la gent féminine.

Au Nord, après l’indépendance en 1954, l’áo dài se voit banni de plusieurs endroits, jugé inapproprié au travail et trop coûteux. En revanche, au Sud, sa popularité augmente et il devient même l’uniforme obligatoire des lycéennes.

Depuis les années 1990, l’áo dài est le symbole de la tradition culturelle du Vietnam et même une des fiertés nationales.

L’áo dài comprend toujours deux pièces séparées: la tunique et le pantalon. Dans la tunique traditionnelle, le col mesure souvent 4-5 cm de hauteur et est en forme de "V".

Des femmes vietnamiennes vêtues d’"áo dài" colorés.
Photo: Viêt Cuong/CVN

La forme de la robe épouse parfaitement le corps, avec des manches dépassant légèrement les poignets. Les boutons sont fixés au cou, à l’épaule et descendent jusqu’à la hanche.

La tunique se coordonne avec un large pantalon long, souvent blanc ou noir, et en soie. Mais de nos jours, les codes sont plus flexibles et une multitude de couleurs sont dorénavant disponibles. On peut choisir soit une couleur différente de celle de la tunique, soit la même, selon les goûts.

Mais, malgré sa beauté, l’ao dài reste plutôt difficile à porter, à cause de sa longueur notamment ou encore du climat souvent très chaud et humide. Il se réinvente ainsi pour s’adapter aux besoins des femmes et de la mode, tout en gardant son âme. Le costume connaît donc des changements en termes de styles. Son col notamment, avec le col dit bateau, le col rond ou encore le col en cœur, mais aussi la longueur de ses manches, plus courtes voire sans manches. On peut également raccourcir la longueur de la tunique pour un effet plus dynamique, plus jeune.

L’áo dài suit depuis toujours les vicissitudes de l’histoire du pays. Au Vietnam, c’est un costume pour tous les âges. Il est devenu le symbole de la beauté et du charme des femmes vietnamiennes. On le porte souvent à des occasions importantes telles que célébrations, mariages, Nouvel An, Fête nationale ou autres cérémonies.

L’áo dài est aussi un uniforme pour les jeunes filles. Il a également contribué à promouvoir l’image du Vietnam dans le monde entier.

Il fait aussi l’objet de nombreux poèmes, musiques et peintures avec des œuvres connues comme notamment la chanson Áo dài de Sy Luân ou encore la peinture à l’huile La fille au lys de Tô Ngoc Vân.

L’áo dài ne se limite pas au Vietnam mais est également connu dans bien d’autres pays. Il est devenu une source d’inspiration pour de nombreux artistes du monde entier, comme en témoigne la collection de photos sur l’áo dài du photographe français Réhahn sur le site web Boredpanda. Réhahn a déclaré: "Les gens me connaissent à travers mes portraits, mais depuis deux ou trois ans, je suis attiré par les femmes vietnamiennes en +áo dài+".

Katherine Muller-Marin était la représentante de l’UNESCO au Vietnam. Cette Costaricaine d’origine allemande portait souvent l’áo dài dans la plupart des événements majeurs au Vietnam. Elle a confié qu’elle  en avait collectionné une variété.

L’áo dài occupe une place importante dans les yeux des Vietnamiens et il produit aussi une belle impression chez les étrangers. On peut dire que c’est une grand fierté de notre peuple. Dans la vie moderne, les jeunes doivent être conscients de la nécessité de garder et respecter l’identité culturelle nationale.
 
Thùy Linh - Ngoc My - Phuong Linh/CVN

 
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