12/07/2019 14:30
C'est le premier lancement de sous-marin français depuis plus de dix ans: Emmanuel Macron célèbre vendredi 12 juillet la fin de la construction du Suffren, premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque (SNA), plus discrets et polyvalents.
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Le sous-marin nucléaire le Suffren, le 4 décembre 2016, à Cherbourg-Octeville.
Photo: AFP/VNA/CVN

La cérémonie sur le site de Naval Group à Cherbourg se déroulera en fin de matinée en présence du chef de l'État, qui prononcera à cette occasion une allocution consacrée à la Défense.

Le monstre d'acier noir de 99 mètres de long tient son nom de Pierre-André Suffren, un amiral qui s'est illustré face aux Anglais au XVIIIe siècle. Il repose en ce moment sur son dispositif de mise à l'eau, sorte d'ascenseur à bateau. La mise à l'eau proprement dite n'aura lieu que fin juillet, avec trois ans de retard, avant des essais à quai, puis en mer, et sa livraison à la Marine nationale à Toulon avant l'été 2020.

D'un coût de 9,1 milliards d'euros, le programme Barracuda, dont le Suffren est le premier exemplaire, vise à remplacer les six sous-marins de classe Rubis entrés en service à partir du début des années 1980. Un premier Rubis, le Saphir, vient de rejoindre Cherbourg pour y être désarmé.

Les Barracuda, dont le dernier devrait entrer en service en 2030, sont beaucoup plus imposants que leurs prédécesseurs - 5.300 tonnes en plongée contre 2.670 pour les Rubis - et offrent un "vrai saut générationnel" à la Marine nationale, observe Patrick van den Ende, spécialiste des sous-marins.

"C'est un outil militaire qui arrive à un moment absolument indispensable", a estimé jeudi 11 juillet sur CNews le chef d'état-major interarmées, le général François Lecointre.

"On passe de la (Peugeot) 207 à la Formule 1", se félicite le capitaine de vaisseau Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale.

Particularité: il n'a pas de périscope, élément emblématique de la guerre sous la mer. Pour voir ce qu'il se passe à la surface, plus de tube coulissant traversant la coque, ce qui en faisait un point de vulnérabilité, mais des caméras placées en haut d'un mât qui retransmettent les images sur les écrans des sous-mariniers.

Les SNA n'emportent pas de missiles nucléaires, contrairement aux quatre sous-marins lanceurs d'engins français (SNLE) qu'ils sont notamment chargés de protéger. Ils sont qualifiés de "sous-marins nucléaires" car leur propulsion provient d'un réacteur nucléaire compact, qui leur assure autonomie et discrétion acoustique par rapport aux sous-marins conventionnels à propulsion diesel-électrique.
 
AFP/VNA/CVN
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