22/12/2019 15:57
L'alliance Renault-Nissan est "refondée" et doit désormais améliorer ses performances, mais une fusion ou même une évolution capitalistique n'est pas à l'ordre du jour, a affirmé le président du groupe automobile au Losange, Jean-Dominique Senard, au Journal du Dimanche.

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Le président du groupe automobile Renault Jean-Dominique Senard, le 2 décembre 2019 à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN 


L'alliance, qui comprend aussi Mitsubishi, "est refondée et nous savons où nous allons", a déclaré M. Senard dans un entretien à l'hebdomadaire, 11 mois après avoir pris les rênes du fabricant français, alors en pleine tourmente après l'arrestation de son patron Carlos Ghosn au Japon pour malversations présumées.

Depuis l'arrivée de M. Senard, transfuge de Michelin, les patrons opérationnels de Nissan et Renault, respectivement Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré, ont été remplacés, et le fonctionnement de la gouvernance de l'alliance "considérablement" allégé, a-t-il assuré : "ça a provoqué immédiatement une détente palpable au Japon".

Renault et Nissan sont liés par des accords de participation croisée : Nissan contrôle 15% de Renault et le groupe au Losange détient quelque 44% de son allié japonais. Mais au terme d'accords datant de 2015, cette participation ne s'accompagne d'"aucun pouvoir juridique", a rappelé M. Senard : "c'est une situation baroque, mais je fais avec".

Alors que M. Ghosn, avant sa disgrâce, voulait rapprocher les deux entreprises voire les fusionner, M. Senard a estimé que "dans une alliance de cette nature, et notamment avec les cultures asiatiques, cela n'est pas indispensable (...) Si les managers respectent l'idée de travailler ensemble, les résultats peuvent être supérieurs à ceux obtenus par des fusions capitalistiques". Et une évolution des participations "n'est pas à l'ordre du jour" non plus, a-t-il précisé.

L'urgence pour l'alliance est "d'abord (d') améliorer les performances de nos trois entreprises, et celles de Nissan en particulier qui ont une influence directe sur les résultats de Renault", a reconnu M. Senard. Les derniers résultats publiés par le groupe nippon étaient très mauvais et un plan d'économies est à l'ordre du jour.

"Les trois groupes ont un besoin fondamental d'économiser leurs forces pour pouvoir investir massivement sur les technologies de l'avenir", a encore estimé le dirigeant d'entreprise, allusion à l'électrification et aux voitures autonomes : "des investissements lourds s'annoncent qu’aucune des trois entreprises n'a les moyens de faire seule".

Enfin, interrogé sur le successeur de M. Bolloré, alors que le nom de l'actuel patron de Seat Luca de Meo circule, M. Senard s'est borné à souhaiter que le futur directeur général de Renault incarne un "management humain".

AFP/VNA/CVN 

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