23/11/2021 08:36
"Vacciné, guéri ou mort" à la fin de l'hiver : l'Allemagne a fait part de sa vive inquiétude lundi 22 novembre face à l'explosion des contaminations au COVID-19 tandis que son voisin autrichien a entamé un nouveau confinement, une mesure inédite en Europe depuis la vaste campagne de vaccination.
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Une voiture de police patrouille près de la cathédrale Stephen's à Vienne, le 22 novembre, au premier jour d'un nouveau confinement.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais le retour des restrictions anti-COVID 19 a provoqué des violences durant le week-end dans plusieurs pays d'Europe, redevenue épicentre de la pandémie, notamment aux Pays-Bas où le Premier ministre a dénoncé des actes de "violence pure" de la part d'"idiots".

Dans une formule choc, le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a prévenu que "chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort" d'ici "vraisemblablement la fin de l'hiver" en raison de la propagation du variant Delta "très, très contagieux" qui fait des ravages depuis plusieurs semaines.

Alors que le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes a franchi un record de plus de 65.000 la semaine dernière, la chancelière Angela Merkel a elle aussi lancé une mise en garde face à une "situation hautement dramatique".

Les restrictions actuelles ne sont "plus suffisantes", a-t-elle averti, quatre jours seulement après avoir décidé avec son probable successeur Olaf Scholz de sévères mesures coercitives à l'endroit des non-vaccinés.

En Allemagne comme dans l'Autriche voisine, le taux de vaccination est inférieur à 70%, soit un niveau moins élevé que dans d'autres pays européens comme la France où il atteint 75%.

Les Autrichiens, malgré une vive grogne exprimée dans les rues ce week-end, sont à nouveau confinés depuis minuit et jusqu'au 13 décembre.

Commerces, restaurants, marchés de Noël, concerts ou coiffeurs ont baissé le rideau lundi 22 novembre à Vienne et sur le reste du territoire. Mais les écoles restent ouvertes et les rues de la capitale étaient plutôt animées en début de matinée.

Mesures "radicales"

Depuis la mise à disposition des sérums anti-coronavirus au plus grand nombre, aucun pays de l'Union européenne n'avait osé franchir le pas.

L'ex-chancelier autrichien, Sebastian Kurz, avait décrété la pandémie "finie", du moins pour les vaccinés.

Arrivé en octobre, son successeur Alexander Schallenberg "a trop longtemps entretenu la fiction" que tout allait bien, commente le politologue Thomas Hofer, interrogé par l'AFP.

Manifestation contre les mesures anti COVID-19 à Salzbourg, en Autriche, le 21 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à l'envolée des cas qui ont atteint des niveaux inédits depuis le début de la pandémie, il a dû se résoudre à des mesures "radicales" qu'il avait pourtant initialement exclues.

Outre ce confinement, la vaccination de la population adulte va ainsi devenir obligatoire au 1er février 2022, ce que très peu de pays au monde ont instauré jusqu'à présent.

"J'espérais qu'on n'en arriverait pas là, surtout maintenant que nous avons le vaccin. C'est dramatique", confie Andreas Schneider, un économiste de 31 ans rencontré par l'AFP dans une rue commerçante de Vienne juste après les annonces vendredi 19 novembre du gouvernement.

En Slovaquie, où les taux d'incidence sont élevés, des restrictions pour les personnes non vaccinées ont été introduites lundi.

"Nous avons opté pour un confinement rigoureux des personnes non vaccinées, car nous devons les protéger", a déclaré le Premier ministre Eduard Heger.

Les non-vaccinés ne sont ainsi plus autorisés à entrer dans les commerces non-essentiels, même avec un test négatif au coronavirus.

Mobilisation massive

En France, le Premier ministre Jean Castex a été lundi 22 novembre  testé positif au COVID. Cela a entraîné en Belgique la mise en quarantaine du Premier ministre Alexander De Croo, qui l'avait reçu plus tôt dans la journée.

Quatre autres membres du gouvernement belge, qui ont aussi participé à une réunion franco-belge lundi matin 22 novembre sur le thème de la sécurité, "passeront également un test PCR et resteront en quarantaine jusqu'à ce que le résultat du test soit négatif", a indiqué le gouvernement belge.

Dans plusieurs pays d'Europe, les manifestations contre le durcissement des mesures anti-COVID se sont poursuivies ce week-end.

Pour la troisième soirée consécutive, des troubles ont éclaté aux Pays-Bas dimanche 21 novembre. Des protestataires ont tiré des feux d'artifice et causé de nombreux dégâts dans plusieurs villes.

Ces dernières manifestations ont néanmoins été moins intenses que les violences ayant éclaté à Rotterdam vendredi 19 novembre et à La Haye samedi 20 novembre.

À Bruxelles également, des heurts ont émaillé dimanche 21 novembre le rassemblement de quelque 35.000 manifestants, selon la police. La Belgique a annoncé la généralisation du port du masque et veut également rendre le télétravail obligatoire pour les emplois qui le permettent.

Et dans le département français de la Guadeloupe, dans les Caraïbes, la contestation de l'obligation vaccinale pour les soignants a dégénéré en crise sociale d'ampleur.

AFP/VNA/CVN
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