05/12/2015 16:47
Les députés allemands ont autorisé le 4 décembre, en soutien à la France après les attentats de Paris, le déploiement de jusqu'à 1.200 soldats et une demi-douzaine d'avions pour participer aux opérations militaires internationales contre l'organisation État islamique (EI).
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Le Bundestag, la chambre basse du parlement, a approuvé sans surprise par 445 voix pour (146 contre et sept abstentions) le plan du gouvernement d'Angela Merkel qui dispose d'une très large majorité réunissant chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates.

Les députés allemands au Bundestag pour voter sur le déploiement de soldats et d'avions en soutien à la France dans la lutte contre l'EI, le 4 décembre à Berlin. Photo : AFP/VNA/CVN

Le projet d'engagement militaire prévoit le déploiement d'au maximum 1.200 soldats en 2016, ce qui en ferait la plus grosse mission de la Bundeswehr à l'étranger. Berlin a prévu notamment de participer avec six avions Tornado à des missions de reconnaissance en Syrie depuis la Turquie et d'engager une frégate au côté du porte-avions français Charles-de-Gaulle.

La date du début de la mission n'a pas été précisée.

L'armée allemande ne procèdera à aucun bombardement, contrairement à la France ou aux États-Unis, et depuis le 3 décembre la Grande-Bretagne qui a mené ses premières frappes en Syrie une heure après un vote du parlement en ce sens.

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, s'est félicitée du vote tout en notant que cette mission serait "dangereuse et dure" et que la coalition anti-EI devait se préparer à un combat de "longue haleine".

De son côté, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Harlem Désir a salué "le vote large du Bundestag" et "la solidarité exceptionnelle de l'Allemagne avec la France".

À la vitesse du Tornado

La décision allemande, annoncée il y a une semaine en réponse à une demande française après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts, a passé en un temps record les étapes nécessaires à sa mise en œuvre, au grand dam de l'opposition.

La Chancelière allemande Angela Merkel (gauche) et la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, le 4 décembre au Bundestag, à Berlin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"En trois jours, nous devons décider si l'Allemagne entre à nouveau en guerre et nous ne pouvons pas décider d'entrer en guerre à la vitesse du Tornado", martelait le 4 décembre la députée du parti de gauche radicale Die Linke, Petra Sitte. Le Vert Anton Hofreiter a lui dénoncé "l'absence de stratégie mûrie" des Occidentaux au-delà des bombardements.

Du côté du gouvernement, pourtant hésitant sur les frappes en Syrie jusqu'aux attentats de Paris, on insiste désormais sur la légalité de la mission et la nécessité pour le régime d'Assad et ses opposants de combattre ensemble les jihadistes.

"On a besoin d'hommes qui ont un intérêt vital pour reprendre le contrôle de leur patrie", a relevé Mme von der Leyen, appelant "les différentes parties en conflit à déposer les armes entre elles pour combattre EI ensemble de manière soudée".

Dans la foulée des attentats de Paris, la France avait appelé ses partenaires européens à participer aux opérations contre l'EI, tout en ajoutant que le régime d'Assad n'avait pas d'avenir mais qu'il devait faire plus contre les jihadistes.

De nombreux pays se montrent hésitants à s'engager dans cette bataille, à l'instar des Pays-Bas qui assurent vouloir d'abord examiner "tous les aspects politiques et militaires".

AFP/VNA/CVN
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