24/02/2021 19:04
Son économie frappée de plein fouet par la pandémie de coronavirus, l'Afrique du Sud, déjà fragilisée par plusieurs années de croissance faible, doit présenter mercredi 24 février un plan pour relever le pays.
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Le ministre sud-africain des Finances, Tito Mboweni, présente le budget 2020 au Parlement, le 26 février 2020 au Cap.
Photo : AFP/VNA/CVN

Habituellement, le ministre des Finances sud-africain, Tito Mboweni, vient présenter les orientations budgétaires du pays au Parlement, accompagné d'un plant d'aloe vera, capable de survivre en pleine sécheresse...

La métaphore sera sans doute aussi utile cette année, dans un contexte où désormais un nombre record de Sud-Africains sont au chômage, 7,2 millions soit 32,5% de la population, et les prévisions tablent sur une dette publique qui devrait atteindre 80% du PIB cette année.

Pays africain officiellement le plus touché par le COVID-19, l'Afrique du Sud a rapidement déclaré "l'état de catastrophe" après l'arrivée du virus en mars sur le continent. Et le gouvernement a mis en place un des confinements les plus stricts au monde.

Mais en tentant de se protéger de l'épidémie, le pays s'est également fermé aux touristes et aux capitaux étrangers.

En Afrique, où l'arrêt brutal de l'économie mondiale lié à la crise du COVID-19 a frappé de plein fouet les revenus des pays émergents, les économistes des Nations unies annonçaient en 2020 une chute des investissements directs étrangers de 25% à 40%.

"Pas d'argent" 

Un retrait significatif pour l'Afrique du Sud, qui tire 8% de son PIB des exportations de minerais et de métaux.

Distribution d'aide alimentaire en décembre 2020 à Thembisa, en Afrique du Sud.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur le plan social, "la pauvreté est en hausse, et les inégalités s'accroissent", a déploré mi-février le président Cyril Ramaphosa, dans son discours annuel à la nation.

"Il n'y a pas d'argent et nous devons trouver un équilibre entre soutenir les plus pauvres et soutenir la croissance", explique Daniel Meyer, qui enseigne le commerce à l'Université de Johannesburg.

Attendu, le chef d'État est toutefois resté vague sur la manière de redresser l'économie.

"Comme tous ceux qui ont marché sur cette terre avant nous, nous nous relèverons", a-t-il simplement assuré, choisissant pour sa part la comparaison avec le fynbos, une autre plante locale, symbole de résilience pour sa capacité à se régénérer après avoir brûlé.

Tout juste a-t-il expliqué compter sur le secteur privé et l'industrie pour recréer des emplois, s'appuyant sur un récent investissement de plus de 823 millions d'euros de Ford, pour moderniser ses usines dans le pays.

Alors que le successeur de Jacob Zuma ne voit pas le bout de sa croisade contre la corruption d'État, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait une contraction de 8% en 2020 de l'économie de la deuxième puissance industrielle d'Afrique, et une croissance modeste (+3%) en 2021.
 
AFP/VNA/CVN
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