03/02/2018 00:31
Après la crise des salmonelles, dont il évalue le coût à "plusieurs centaines de millions d'euros", l'industriel du lait Lactalis s'apprête à relancer ses marques infantiles Milumel et Picot, mais peine à répondre aux inquiétudes des éleveurs français qui l'approvisionnent.
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Le siège de Lactalis à Laval le 17 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

Face à ce qu'il décrit comme "la plus grande crise" de sa vie de dirigeant, le Pdg Emmanuel Besnier, qui n'accordait jusque-là jamais d'interview, est sorti jeudi 1er février de sa tour d'ivoire pour la deuxième fois depuis l'arrêt total de ses chaînes de produits infantiles à Craon en Mayenne, et le rappel, le 8 décembre, de tout ce qui était sorti du site depuis le 15 février.

Au total, le coût de la crise s'élèvera à "plusieurs centaines de millions d'euros" pour le groupe, a-t-il indiqué dans Les Echos.

L'industriel aux milles marques lactées (Président, Lactel, Bridel, Lanquetot, Galbani...) a aussi annoncé vouloir "fermer définitivement" la tour de séchage numéro 1 du site de Craon, empoisonnée par les salmonelles. Les bactéries sont en effet restées "confinées dans les infrastructures" du bâtiment pendant douze ans, depuis un premier incident en 2005.

Lactalis compte en revanche redémarrer sa deuxième tour "au premier semestre", et travaille "en parallèle" sur "un projet de construction d'une nouvelle installation", selon son PDG.

Le plan de redémarrage de la tour 2 a été présenté "mercredi soir (31 janvier) aux représentants du personnel" : il s'est engagé à n'avoir "aucune suppression de poste" et à "offrir un programme de mobilité" aux salariés, qui pourraient être relocalisés dans les "sept autres sites de production" du groupe situés "dans un rayon de 50 kilomètres" autour de Craon.

Inquiétudes 

Les craintes apparaissent surtout chez les producteurs de lait, "d'autant qu'il y a une politique de réduction des volumes collectés en France depuis un certain temps", note Ghislain de Viron, producteur pour l'usine d'Emmental de Charchigné (Mayenne), inquiet également pour le "niveau des rémunérations".

"En moyenne, ils diminuent leurs volumes de 2,5% en France chaque année, ce qui veut dire qu'ils transforment moins en France", souligne cet agriculteur.

Ces inquiétudes ne pourront être que renforcées par les propos de M. Besnier, au lendemain de la présentation d'une loi Alimentation censée régler enfin la crise des éleveurs français, essorés par les diktats des industriels comme Lactalis et de la distribution.

"Qu'est ce qu'on veut demain pour la filière laitière ?", s'est interrogé le dirigeant. "Est-ce qu'on veut uniquement répondre aux besoins des consommateurs français, et dans ce cas, avoir une valorisation plus importante du lait, ou bien est-ce qu'on veut vendre aussi à l'export ?"

"Il faut bien comprendre qu'on ne peut se replier uniquement sur la France" lance-t-il, une situation qui serait "dramatique en termes d'emplois et de producteurs".

AFP/VNA/CVN

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