12/05/2021 23:20
Lundi 10 mai, le tribunal d’Evry (France) a jugé irrecevable la plainte déposée par Trân Tô Nga, une journaliste franco-vietnamienne, contre 14 multinationales agrochimiques qui ont fabriqué la dioxine utilisée par l’armée américaine pendant la guerre au Vietnam.
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Trân Tô Nga, une journaliste franco-vietnamienne. 
Photo : Toàn Trí/VNA/CVN

L’Association des victimes de l’agent orange/dioxine vietnamienne (Vietnam Association of Victims of Agent Orange - VAVA) a manifesté, mercredi 12 mai, son plein soutien à Trân Tô Nga qui a interjeté appel de la décision du tribunal d’Evry.

Le tribunal Evrya déclaré qu'il n'avait pas compétence pour juger une affaire impliquant les actions de l’administration américaine en temps de guerre, jugeant que les entreprises américaines agissaient sur ordre de l’administration américaine qui était engagée dans "une initiative souveraine".

La déclaration de la VAVA a souligné que le tribunal a rendu une décision qui n’était pas fondée sur les principes du droit international existant et n’avait pas suffisamment pris en compte les facteurs pertinents.

La déclaration mentionnait également une annonce des avocats de Mme Nga dans laquelle ils affirmaient que le tribunal appliquait une définition obsolète du principe d’immunité de juridiction qui contredisait les principes modernes du droit international et national.

Le tribunal n'a pas tenu compte de facteurs pertinents tels que le fait que les entreprises américaines soient libres de participer à des appels d'offres pour produire des produits chimiques toxiques à des fins lucratives et ne sont pas obligées de le faire.

Il n'a pas non plus tenu compte du fait que les entreprises chimiques savaient que la dioxine était une substance hautement toxique, mais ont quand même intentionnellement modifié le processus technique pour raccourcir le temps de production de l'agent orange, réduisant ainsi les coûts et augmentant les bénéfices.

La VAVA a souligné que le tribunal d'Evry devrait reconsidérer sa décision et s'attend à ce qu'une cour d'appel tienne compte de tous les facteurs pertinents pour rendre une décision obligeant les entreprises chimiques américaines à verser une compensation.

L’Association a également affirmé son soutien à l’appel de Trân Tô Nga et a espéré que tous les amoureux de la paix, de la justice et du progrès à travers le monde la soutiendraient ainsi que d’autres victimes d’agent orange au Vietnam.

Née en 1942, Trân Tô Nga est une Viêt kiêu (Vietnamien d’outre-mer) de France. Elle est originaire de la province vietnamienne de Soc Trang au Sud. C’est en tant que reporter de Thông Tân Xa Giai Phong (Agence d’Information de Libération), un des deux organes prédécesseurs de l’Agence Vietnamienne d’Information (Vietnam News Agency - VNA), qu’elle a été victime de l’agent orange. Son procès contre les firmes américaines productrices de défoliants toxiques a débuté en avril 2014.

Devant les dernières informations, elle a dit qu’elle n’était pas surprise parce qu’elle s’était préparée à l'avance. Elle a affirmé qu’elle ferait appel et poursuivrait sa voie.


Environ 80 millions de litres d’herbicides toxiques 

Pendant la guerre du Vietnam, entre 1961 et 1971, l'armée américaine a largué environ 80 millions de litres d’herbicides toxiques à forte teneur en dioxine, l’un des produits toxiques les plus puissants, pour détruire la végétation qui couvrait la progression des soldats vietnamiens et les priver de leurs sources de nourriture.

Plus de 4,8 millions de Vietnamiens ont été exposés à la dioxine. Elle a engendré la mort de milliers de personnes tandis que des dizaines de milliers de personnes souffrent d’atteintes sévères dues à l’exposition à ce composé.
 

VNA/CVN


 

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