13/08/2018 12:01
La Turquie va annoncer lundi 13 août une batterie de mesures destinées à rassurer les marchés après l'effondrement de la livre, alors que son président, Recep Tayyip Erdogan, accuse Washington d'avoir fomenté un "complot politique" contre son pays.

>>Erdogan voit dans la chute de la livre un "complot politique" contre la Turquie
>>Les marchés financiers mondiaux secoués par la chute de la livre turque

 

Une femme quitte un bureau de changes à Istanbul le 11 août.
Photo: AFP/VNA/CVN


"Nos institutions prendront les mesures nécessaires à compter de lundi 13 août pour soulager les marchés", a déclaré Berat Albayrak, le gendre du président, à la tête d'un super-ministère des Finances, dans une interview au grand quotidien Hurriyet.

"Nous avons préparé un plan d'action pour nos banques et les petites et moyennes entreprises, les secteurs les plus affectés par les fluctuations monétaires actuelles", a-t-il encore indiqué, martelant: "Comme je l'ai dit, tous nos plans de mesures et d'actions sont prêts".

Dans les premières heures en Asie lundi 13 août, la livre turque a chuté à un nouveau plus bas historique: le dollar s'échangeait ainsi à 7,2362 livres à 04h51 (dimanche 12 août à 19h51 GMT), contre le précédent plancher de 6,87 livres vendredi 10 août. La livre s'est ensuite redressée, le billet vert se situant autour de 7 livres vers 02h00 GMT.

Vers 02h00 GMT, la Bourse de Tokyo accentuait ses pertes, le Nikkei lâchant plus de 1,7%.

Fortement secouée depuis plusieurs semaines, la livre turque avait dévissé vendredi de 16% face au billet vert.

Dimanche 12 aout, le président Erdogan avait prévenu qu'il entendait riposter à ce qu'il a qualifié de "complot politique" américain conre la Turquie en cherchant "de nouveaux marchés et alliés".

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium turc: le ping-pong entre les deux alliés au sein de l'OTAN est allé crescendo ces derniers jours, emportant avec lui la livre turque.

 


Au cœur de cette bataille: le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour "terrorisme" et "espionnage", placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention.

M. Erdogan n'entend faire aucune concession: "Le but de l'opération est d'obtenir la reddition de la Turquie dans tous les domaines, de la finance à la politique. Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l'aide de Dieu, nous surmonterons cela", a-t-il déclaré devant des partisans réunis à Trébizonde, sur la Mer noire (Nord-Est).

M. Erdogan n'a pas semblé outre mesure inquiet de la décision du président Donald Trump, annoncée dans un tweet, de doubler les tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.

Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira "en passant à de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés, aux dépens de celui qui a lancé une guerre économique contre le monde entier, y compris notre pays", a-t-il menacé.

AFP/VNA/CVN

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