01/11/2020 17:04
Les secouristes livraient samedi 31 octobre des efforts acharnés pour retrouver des survivants dans les décombres d'immeubles effondrés en Turquie, au lendemain d'un puissant séisme qui a fait 37 morts dans l'Ouest de ce pays et deux en Grèce voisine.

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Des volontaires et des secouristes recherchent des survivants dans un immeuble effondré à Izmir (Turquie), le 31 octobre. Photo : AFP/VNA/CVN

À Bayrakli, ville de la province turque d'Izmir, une grue soulevait avec mille précautions un pan de mur écroulé, autour duquel plusieurs dizaines de secouristes munis de pelles et de marteaux-piqueurs déblayaient à la lumière de projecteurs.

Toute la journée, des proches de disparus ont attendu autour de ce gigantesque mille-feuille de béton et d'acier, restes d'un immeuble d'habitation de sept étages, retenant leur souffle lorsque les secouristes en extirpaient un rescapé ou un corps sans vie, selon une correspondante de l'AFP.

Des cris ont retenti lorsque des ambulanciers ont évacué une victime enveloppée dans un sac mortuaire noir. "Laissez-moi voir de qui il s'agit !", suppliait un homme sans nouvelles de ses proches.

Le séisme, dont la magnitude a été évaluée à 7 sur l'échelle de Richter par l'Institut de géophysique américain (USGS) et 6,6 par les autorités turques, s'est produit vendredi après-midi en mer Egée, au sud-ouest d'Izmir, troisième plus grande ville de Turquie, et près de l'île grecque de Samos.

En Turquie, au moins 37 personnes sont mortes et 885 blessées, a indiqué le président Recep Tayyip Erdogan, qui s'est rendu samedi soir 31 octobre à Bayrakli pour constater les dégâts. Selon lui, 103 personnes ont par ailleurs été sauvées des gravats.

Raz-de-marée

Des volontaires et des secouristes recherchent des survivants dans un immeuble effondré à Izmir (Turquie), le 31 octobre. Photo : AFP/VNA/CVN


La secousse a été si puissante qu'elle a été ressentie jusqu'à Istanbul et Athènes et a provoqué un mini-tsunami qui a inondé les rues de Seferihisar, ville turque située près de l'épicentre, et balayé les côtes de l'île grecque de Samos.

Après la secousse, à Seferihisar, des bateaux de pêche dont les amarres avaient lâché ont été entraînés vers le large, glissant sur l'eau comme des navires fantômes, selon d'impressionnantes vidéos publiées par les médias turcs.

Face à cette catastrophe, la Turquie et la Grèce, deux pays situés dans l'une des régions sismiques les plus actives du monde, ont mis les tensions diplomatiques de côté, se disant prêtes à s'entraider.

À Samos, où deux personnes ont été tuées et sept blessées, la situation est "extrêmement difficile", a déclaré samedi 31 octobre la Protection civile grecque. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s'y est rendu dans l'après-midi.

Mais c'est bien la côte égéenne turque, densément peuplée, qui a été la plus touchée. À Bayrakli, 17 immeubles se sont effondrés, selon les secouristes.

Dans ce district d'environ 300.000 habitants, des familles ont passé la nuit dans des tentes ou dans une voiture, se nourrissant de soupe distribuée par des bénévoles.

Au matin, les proches de disparus ont repris leur attente angoissée près des décombres, sous lesquels un nombre inconnu de personnes étaient encore bloquées.

"Ces rideaux appartiennent à la famille de mon gendre", indique Azize Akkoyun, une rescapée, en désignant le tissu qui dépasse des ruines.

"Si Dieu le veut, ils sortiront vivants", murmure-t-elle. "C'est la première fois que je vis une chose pareille".

"Tous nos moyens"

Parfois, les nouvelles étaient bonnes.

Près de 24 heures après le séisme, une mère et ses trois enfants ont ainsi été sortis vivants sous les applaudissements, avant d'être transportés à l'hôpital.

"L'État est présent avec tous ses moyens", a assuré M. Erdogan à Izmir, affirmant que les habitations détruites seraient reconstruites "le plus rapidement possible".

Plus de 6.000 secouristes étaient mobilisés.
 

Localisation du séisme de magnitude 7 survenu près des côtes turques et de l'île grecque de Samos. Photo : AFP/VNA/CVN

En parallèle des recherches, de premiers enterrements ont aussi eu lieu samedi 31 octobre.

"Je ne peux plus pleurer. Regarde, je ne pleure pas !", s'est lamentée une femme aux funérailles de sa mère. "Maman, quand te reverrai-je ?"

Après le choc du séisme, les rescapés vivent désormais dans la peur des nombreuses répliques.

"Nous avons décidé que la solution la plus sûre était de rester dehors", indique Cemalettin Enginyurt, un militaire retraité âgé de 51 ans.

"Le climat d'Izmir est tempéré, donc à court terme, ça ira. Mais après ?", se demande-t-il avec "désespoir".

Le tremblement de terre a réveillé aussi les craintes du "Big One", un séisme majeur qui guette Istanbul, selon les experts.

En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le Nord-Ouest de la Turquie, faisant plus de 17.000 morts, dont un millier à Istanbul.

AFP/VNA/CVN



 

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