03/09/2017 15:59
La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a affirmé dimanche 3 septembre avoir développé une bombe à hydrogène pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose Pyongyang.

Des analystes étrangers ont émis ces derniers mois des doutes sur la capacité de la RPDC à fabriquer une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) et à la miniaturiser suffisamment pour pouvoir l'installer sur un missile. Mais l'Agence de presse officielle KCNA a annoncé dimanche 3 septembre que le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un avait inspecté une bombe de ce type lors d'une visite à l'Institut nord-coréen des armes nucléaires.

Bombe thermonucléaire

L'engin inspecté par M. Kim est "une bombe thermonucléaire d'une très grande puissance fabriquée par nos efforts et notre technologie", a déclaré KCNA. Le numéro un nord-coréen a souligné, selon l'agence, que "tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100% nationalement". Des photographies montrent M. Kim vêtu de noir en train d'examiner une enveloppe métallique comportant deux protubérances.

Photo non datée diffusée par la KCNA le 3 septembre 2017 montre le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un (2e à droite) examinant une bombe H.
Photo : AFP/VNA/CVN

La RPDC a accru les tensions internationales en juillet en procédant à deux essais réussis d'un missile balistique intercontinental ou ICBM, le Hwasong-14. Ce développement semble mettre une grande partie du territoire continental des États-Unis à la portée d'une éventuelle frappe nord-coréenne. Depuis, Pyongyang a menacé de tirer à titre d'avertissement plusieurs missiles à proximité de l'île de Guam, un territoire américain dans l'océan Pacifique, et a lancé la semaine dernière un missile de portée intermédiaire qui est allé s'abîmer dans le Pacifique après avoir survolé le Japon.

Le président américain Donald Trump a prévenu qu'il ferait tomber sur la RPDC "le feu et la colère" si Pyongyang continuait à proférer des menaces contre les États-Unis et leurs alliés. M. Trump s'est entretenu par téléphone de la crise nord-coréenne avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, a indiqué la Maison Blanche, sans préciser si l'entretien avait eu lieu avant ou après la nouvelle annonce de Pyongyang. MM. Trump et Abe "ont réaffirmé l'importance d'une coopération étroite entre les États-Unis, le Japon et la République de Corée» devant la menace croissante de la RPDC.

Après son quatrième essai nucléaire, effectué en janvier 2016, Pyongyang a affirmé que l'engin qui venait d'être testé était une bombe H miniaturisée. La bombe à hydrogène ou bombe H est beaucoup plus puissante que la bombe atomique ou bombe A. Mais des scientifiques étrangers ont alors déclaré que la puissance détectée de l'explosion, équivalant à une charge de six kilotonnes, était bien trop faible pour qu'il se soit réellement agi d'une bombe H. Lorsque la RPDC a procédé à sa cinquième explosion nucléaire, en septembre 2016, elle n'a pas déclaré qu'il s'agissait d'une bombe H.

En revanche, dans son annonce, la KCNA a indiqué que la RPDC avait "amélioré encore davantage ses capacités techniques", et cela sur la base des progrès "effectués lors du premier test de bombe H". M. Kim "a fixé des tâches qui doivent être effectuées dans la recherche sur les armes nucléaires", a ajouté KCNA.

Si la RPDC était effectivement capable de monter une tête nucléaire sur un missile, cela accroîtrait considérablement les inquiétudes internationales face aux menaces de frappes qu'émet régulièrement Pyongyang.

AFP/VNA/CVN
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