25/09/2019 22:32
La résidence de France fait partie du patrimoine historique et culturel de l’époque coloniale. Construite en 1872 par les ingénieurs de la Marine, ce bâtiment est contemporain du grand séminaire Saint-Joseph et du palais Norodom (aujourd’hui palais de la réunification). Elle a été́ inaugurée cinq ans avant la cathédrale Notre-Dame et 14 ans avant la Poste.
>>Journées européennes du patrimoine à la résidence française
 
La façade de la résidence de France et ses marches pour prévenir des inondations.

Située dans le centre historique de la ville, la résidence de France a d’abord été occupée par le gouverneur militaire de la Cochinchine puis par le commandant supérieur des forces armées en Cochinchine. En 1954, elle est devenue la résidence de l’ambassadeur de France. Depuis 1975 et la réunification du pays, elle est occupée par le consul général de France.

À sa création, la superficie de cette demeure était beaucoup plus large qu’aujourd’hui. Elle était entourée par la rue Nationale (aujourd’hui rue Hai Bà Trung), l’avenue Norodom (rue Lê Duân), la rue Barbé (rue Nguyên Thi Minh Khai) et la rue Massiges (rue Mac Dinh Chi).

Son architecture est représentative de l’époque coloniale combinant habilement majesté du bâtiment et commodité d’une résidence.

Selon les archives du consulat général de France, entre sa construction et 1959, la résidence n’a connu aucune restauration importante. Par contre, elle a été entièrement rénovée en 2000. Les bureaux du consulat général ont pour leur part été totalement rénovés et inaugurés en 2003 par Christian Poncelet, alors président du Sénat français.

Le couloir de la résidence de France dont le carrelage fut importé de France.

En dehors de son architecture exceptionnelle, la résidence de France française abrite des centaines d’œuvres d’art, des meubles, des statues, des objets antiques dont certains du dix-huitième siècle.

Elle surplombe le fleuve Saigon et les terres environnantes, très marécageuses à l’époque. Cette corniche offrait un air salubre qui convenait à l’établissement d’une colonie naissante.

Les antiquités à l’honneur

"Il y a de nombreuses œuvres d’art dans la résidence. Elles sont de grande valeur et réalisées par de grands artistes. Nous sommes extrêmement attentifs et respectueux de ces objets !", a souligné Vincent Floreani, consul général de France lors de la Journée européenne du patrimoine organisée samedi 21 septembre. "Les antiquités résistent bien au temps dans une atmosphère bien climatisée", a estimé le diplomate français.

Selon lui, tous les objets sont répertoriés et leurs photos ont été envoyées à Paris. Dans le cas où un objet s’abîme, le Consulat de France contacte Paris et ses spécialistes qui donnent des conseils sur ce qu’il faut faire. Parfois des spécialistes sont venus sur place pour évaluer le problème.

"Beaucoup d’œuvres datent de plus de cent ans. Nous possédons par ailleurs deux statues Cham qui ont presque mille ans (entre le neuvième et le dixième siècle). Celle intitulée +la Procession dans le mariage+, est l’une des plus belles", a indiqué le consul général aux journalistes et autres visiteurs.

Toutes les antiquités sont originales

 
Une statue Cham de plus de mille ans. 
Alain Javalet, intendant, responsable du service intérieur du consulat général de France, travaille pour le consulat général de France depuis 2001. Il parle couramment vietnamien. Il est fier de ses nombreuses années d’expériences de travail auprès de six consuls généraux. Il fait partie des meubles au Consulat général de France !

"Je travaille ici depuis 2001. C’était alors Jean-Noël Poirier qui y était consul général de France avant de prendre ses fonctions d’ambassadeur de France à Hanoï quelques années plus tard. Avant, j’ai travaillé à Dà Nang pour le groupe BGI", a témoigné Alain Javalet.

"Le mobilier est d’origine ici et on entretient bien les antiquités. On parle de + dô cô+ en vietnamien n’est-ce pas ?", a ironisé Alain Javalet. Selon lui, la journée européenne du patrimoine permet de faire connaître au public cette magnifique architecture et les nombreuses antiquités.

Selon Vincent Floreani, il y a beaucoup d’autres beaux bâtiments à Hô Chi Minh-Ville. Pour lui, ce serait merveilleux si les autorités municipales ouvraient ces dernières au grand public. "Grâce à la journée du patrimoine, j’espère que dans le futur il y aura plus de bâtiments accessibles" a-t-il poursuivi.

"Ces bâtiments sont jolis vus de l’extérieur mais ce sont des bâtiments administratifs. L’année dernière, plus de mille personnes souhaitaient les visiter. Je pense donc qu’il y a un réel intérêt", a conclu le diplomate français.

Il a confirmé qu’il travaille avec les autorités de la ville pour restaurer d’anciens bâtiments. Avec l’aide de la ville de Lyon, en matière d’éclairage notamment, cinq bâtiments sont concernés comme le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, le théâtre municipal ou encore le Musée des beaux-arts.

Texte et photos : Truong Giang/CVN



 

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