26/08/2021 16:00
Face à une situation sanitaire toujours "grave" à cause du COVID-19, le gouvernement a décidé mercredi 25 août de repousser au 13 septembre la rentrée scolaire dans les Antilles et dans la zone "rouge" de la Guyane.

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Des personnes font la queue devant un centre de vaccination contre le COVID-19, le 13 août au Lamentin, en Martinique.
Photo : AFP/VNA/CVN


En Martinique, le préfet a également prolongé jusqu'au 19 septembre le confinement et le couvre-feu en vigueur depuis le 30 juillet.

À l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a observé que le taux d'incidence aux Antilles commençait certes à "refluer légèrement" grâce au "confinement". La situation "reste néanmoins très grave", a-t-il ajouté, notamment en Polynésie où "le taux d'incidence est colossal" avec 2.800 cas positifs pour 100.000 habitants et où les écoles ont été fermées pour 15 jours.

"Nous sommes également très vigilants quant à la situation en Guyane, où le taux d'incidence qui dépasse 400 a augmenté de 40% en une semaine", a noté Gabriel Attal. Il a insisté sur "la solidarité nationale" avec l'envoi de "centaines de soignants en renfort sur place pour organiser des évacuations et garantir l'approvisionnement en oxygène".

Gabriel Attal a ajouté que l'état d'urgence sanitaire serait prolongé "jusqu'au 15 novembre aux Antilles, en Guyane et en Polynésie française", avec un projet de loi présenté "la semaine prochaine".

"Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus" sur le report de la rentrée, a déclaré à l'AFP Valérie Vertale Loriot, co-secrétaire académique du Snes Martinique, demandant cependant des "précisions sur l'organisation".

Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Martinique, avait décidé la semaine dernière de repousser la rentrée des agents de la collectivité affectés aux collèges et aux lycées, qui était prévue le 23 août.

Ce territoire est particulièrement touché par le COVID depuis plusieurs semaines au point que les urgences de l'hôpital de Fort-de-France ont basculé dans "l'horreur", a assuré un urgentiste à l'AFP. La Martinique a enregistré 405 décès à l'hôpital dus au COVID-19 depuis le début de la pandémie, dont 162 entre les 9 et 22 août.

 

Un soignant s'occupe d'un patient atteint du COVID-19 dans le service de soins intensifs de l'hôpital des Abymes, le 6 août à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
Photo : AFP/VNA/CVN


La Guadeloupe est elle aussi durement frappée par le COVID avec un taux d'incidence de 1.822 cas pour 100.000 habitants observé au 20 août.

"Vaccinobus" 

Sur le plan économique, Philippe Jock, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Martinique, a espéré que "les mesures d'accompagnement pour faire face à la crise seront vite réactivées et adaptées". Par exemple, "nous n'avons pas de visibilité pour le mois de septembre puisque les aides sont accessibles lorsque les fermetures administratives sont supérieures à 21 jours".

Signe des difficultés, Patrick Fabre, PDG des hôtels Karibéa basés en Guadeloupe et en Martinique, a déploré une baisse de l'activité partielle de 9%.

Le président de région de la Martinique, Serge Letchimy, et celui de la Guadeloupe, Ary Chalus, ont également écrit au Premier ministre pour demander une plus grande souplesse sur l'accès aux aides afin de contrer les "lourdes conséquences économiques".

Sur l'éducation, la députée de Guadeloupe, Hélène Vainqueur-Christophe, et les sénateurs de la Guadeloupe, Victoire Jasmin et Victorin Lurel, ont demandé, au-delà du report de la rentrée scolaire, d'"anticiper une reprise coordonnée, sécurisée et efficace des enseignements", dans un courrier adressé au ministre Jean-Michel Blanquer.

En dehors des restrictions, les autorités comptent sur la progression de la vaccination, après un démarrage lent en raison de la méfiance d'une partie de la population et la difficulté d'accès aux centres dans certaines zones. Un "vaccinobus" a commencé à sillonner la Martinique mardi 24 août.

Seulement 22,51% des habitants de 12 ans et plus y ont achevé leur parcours vaccinal. Mercredi 25 août, la 100.000e personne devrait recevoir sa première injection.

"Une majorité de la population n’est pas encore convaincue", a regretté sur RTL Alain Fischer, président du Conseil d’orientation vaccinale. Selon lui, "il faut recourir à des ambassadeurs, des personnes proches culturellement de ces populations qui viennent les convaincre : Teddy Riner, Lilian Thuram, tous les judokas qui ont gagné à Tokyo, des artistes, des personnalités culturelles..."

Le contexte sanitaire est moins pesant en France métropolitaine mais un pic des hospitalisations est attendu d'ici "quelques jours", a prévenu le ministre de la Santé Olivier Véran. Le nombre d'hospitalisations de patients atteints du COVID a grimpé à 11.066 avec l'arrivée de 1.145 malades entre lundi 23 août et mardi 24 août.

AFP/VNA/CVN

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