15/04/2017 16:16
La 34e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), a ouvert vendredi 14 avril près de Paris, sur fond de présidentielle et sous la houlette de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui veut redorer son image sous un nouveau nom, "Musulmans de France".
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Un stand de vêtements à la la foire commerciale de la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France, au Bourget (près de Paris), le 14 avril. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Le sujet de cette année, c'est vous, les musulmans de France", a dit Amar Lasfar, président de l'organisation, à l'ouverture de la RAMF, intitulée cette année "Musulmans de France, foi, épanouissement, contributions".

Quelque 170.000 entrées, pour environ 50.000 visiteurs individuels, sont attendues jusqu’à lundi soir 17 avril au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), pour ce rassemblement, plus importante manifestation musulmane d'Europe, entre forum politico-religieux et foire commerciale.

"Cette rencontre est d'abord la vôtre", a ajouté M. Lasfar. "C'est une rencontre pour dire: voilà ce que nous sommes, ce que nous faisons, notre position sur un certain nombre de sujets". L'UOIF a justement programmé au Bourget un débat sur l'élection présidentielle, samedi après-midi 15 avril, intitulé: "Pour qui voter?"

Mais, a prévenu Amar Lasfar : "Il n'y a pas de vote musulman dans ce pays. Les musulmans vont voter comme tout le monde. Aucune consigne ne sera donnée, nous ne sommes pas là pour instrumentaliser notre communauté". Il a aussi rappelé que l'UOIF allait officiellement laisser place au cours du salon, à son nouveau nom adopté en février: "Musulmans de France".

"Il fut un temps, il y a une quinzaine d'années, où on se réunissait ici au Bourget (...) et on appelait cette rencontre le congrès annuel de l'UOIF", a-t-il dit. "Depuis, nous avons cessé de l'appeler le congrès, parce qu'il dépasse les frontières tracées par l'UOIF, il dépasse le cadre d'une assemblée réservée aux membres de l'UOIF", a-t-il poursuivi.

Une nouvelle appellation qui fait bondir Abdallah Zekri, secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance représentative de l'islam auprès des pouvoirs publics: "L'UOIF n'a pas le monopole des musulmans des France (4 à 5 millions de fidèles, NDLR)", a-t-il dit à l'AFP avant l'ouverture du salon. M. Zekri a accusé ses responsables "d'entretenir la confusion", alors que l'image de l'UOIF s'est dégradée pour ses liens supposés avec l'islam politique des Frères musulmans.

Des exposants sont présents à la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France, au Bourget. Photo : AFP/VNA/CVN

Concours de récitation

Loin de cette polémique, le 14 avril au Bourget, beaucoup sont d'abord là pour le shopping. Asmae, Camélia et Faouziya, 18 ans, habitantes de Seine-Saint-Denis, n'ont pas encore regardé le programme des conférences, mais elles ont déjà les bras remplis d'achats. "De l'huile pour cheveux, un tapis de prière, du parfum et des bonbons", liste Asmae, tee-shirt rose et boucles d'oreille en strass.

Sa copine Faouziya, voile noir sur les cheveux, est elle à la recherche de son "récitateur (de Coran) préféré", Jibril Wahab. Elle le suit sur Snapchat et Instagram, et aujourd'hui elle espère "le voir en vrai". Asmae rigole: "Elle ne vient que pour lui! Elle veut le voir parce qu'elle le trouve trop beau!", lance la jeune femme en prenant la direction de la salle de concours de récitation du Coran.

Dans les allées de la foire, quelque 600 stands de foulards, qamis (vêtements masculins), livres religieux ou viande halal. Certains acheteurs arrivent de loin. Comme Zohra, 26 ans, vêtue d'un voile et d'une longue tunique violette. Elle vient au Bourget chaque année depuis cinq ans. "Les conférences ça ne m'intéresse pas du tout", dit-elle d'emblée. "Je viens spécialement pour les vêtements. Parce qu'à Clermont-Ferrand, il n'y a pas grand-chose".

Lahcen, informaticien parisien de 50 ans, est lui venu avec son fils Tayssir, 13 ans, avec qui il assistera à plusieurs conférences. Pour qu'il voit "le côté positif de sa religion", explique-t-il, désireux de montrer à son enfant "qu'elle a une histoire, une civilisation". Loin de "l'image négative" qui lui est trop souvent renvoyée.

AFP/VNA/CVN
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