15/05/2020 09:52
Entre les rivalités américano-européennes sur un futur vaccin et de nouvelles tensions entre les États-Unis et la Chine, les divisions entre grandes puissances se sont approfondies jeudi 14 mai dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 qui a désormais fait plus de 300.000 morts dans le monde.
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Recherche de vaccin contre le coronavirus dans une laboratoire de Novavax à Rockville (Maryland) aux États-Unis, le 20 marsPhoto : AFP/VNA/CVN

Outre les ravages humains, le coronavirus continue de mettre à bas les économies mondiales.

Près de trois millions de personnes se sont inscrites au chômage en une seule semaine aux États-Unis, qui compte désormais 36,5 millions de chômeurs - près de 15% de la population active - depuis depuis l'arrêt brutal de l'économie mi-mars en raison des mesures de confinement pour endiguer la progression du virus dans le pays.

Pour stopper l'hémorragie, le président Donald Trump assène qu'il est temps de "retourner au travail", alors que la moitié des États américains ont commencé à reprendre une partie de leurs activités commerciales.

La récession a déjà frappé de nombreux pays : en Italie, des millions de "nouveaux pauvres" ont fait leur apparition et en Inde, le confinement a provoqué un exode de travailleurs migrants, petites mains des grandes villes privées de leur gagne-pain.

Mais la solution que tous attendent est un vaccin contre le virus apparu en décembre en Chine.

Au vu des efforts déployés, celui-ci pourrait être disponible dans un an, a estimé jeudi 14 mai l'Agence européenne du médicament (EMA). Il s'agit d'une perspective "optimiste", a nuancé Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l'EMA, dont le siège est à La Haye.


Plus de 100 projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la maladie, qui a fait 300.140 morts et contaminé 4.403.714 personnes depuis décembre, selon un nouveau bilan.

Convoitises 

Mais le sujet aiguise les convoitises et les rivalités. Le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l'indignation en Europe en annonçant qu'il distribuerait un éventuel vaccin en priorité aux États-Unis, qui ont investi 30 millions d'USD pour soutenir ses recherches.

Le président français Emmanuel Macron a réclamé qu'un vaccin ne soit pas soumis "aux lois du marché" tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a estimé qu'il "doit être un bien d'utilité publique et son accès doit être équitable et universel".

Un vaccin ou un traitement contre le COVID-19 devrait même être fourni "gratuitement à tous", insistent plus de 140 personnalités, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa et le Premier ministre pakistanais Imran Khan dans une lettre ouverte.

Car la maladie frappe durement les plus pauvres. "La contamination peut être incontrôlable", explique Luis Fernando Guispert, un habitant de Villa 31, un bidonville de Buenos Aires où la pauvreté ne permet guère de respecter le confinement. Comme dans les favelas du Brésil, la multiplication des cas de coronavirus fait craindre le pire : "Soit tu meurs du coronavirus, soit tu meurs de faim", dit-il.

Vaccin ou pas, "ce virus pourrait devenir endémique" et "ne jamais disparaître", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Quant à l'essai clinique Discovery lancé en Europe fin mars pour trouver un traitement à défaut de vaccin, il piétine, ont indiqué des chercheurs.

Dans l'attente que les recherches aboutissent, les gouvernements assouplissent les mesures de confinement.

Au Japon, l'état d'urgence a été levé jeudi dans la plupart des régions face au net reflux du nombre de nouveaux cas de COVID-19. Il est maintenu notamment à Tokyo et Osaka.

En Europe, qui paie un lourd tribut à la maladie avec plus de 162.600 morts, ce sont les petits Finlandais qui ont repris le chemin de l'école.

Aux États-Unis, pays le plus touché au monde avec 85.194 morts, les plages autour de Los Angeles, en Californie, ont rouvert. À l'inverse, la capitale Washington, où la pandémie tarde à reculer, a prolongé le confinement jusqu'au 8 juin.

Les autorités chiliennes ont elles remis en vigueur le confinement à Santiago, où les cas ont augmenté de 60% en 24 heures. La ville déblaie aussi de nombreuses tombes dans son cimetière général, le plus grand du pays, pour éviter d'avoir recours aux fosses communes en cas d'augmentation des décès.

Dépistage en Russie 

Des migrants de l'État indien du Sikkim attendent d'embarquer à la gare de New Jalpaiguri après la levée du confinement, le 14 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN
En Russie, deuxième pays le plus touché pour les contaminations - plus de 250.000 - mais qui maintient n'avoir enregistré qu'un peu plus de 2.300 morts et s'en prend aux journaux New York Times et Financial Times pour leur "désinformation" sur la question, le président Vladimir Poutine a estimé jeudi que la situation s'améliorait.

Alors que près de 10.000 contaminations ont été détectées en 24h00 dans le pays, la mairie de Moscou a annoncé un plan de dépistage d'une ampleur "unique au monde".

En Chine, des habitants de Wuhan, berceau du COVID-19, faisaient eux aussi la queue jeudi 14 mai pour se faire dépister. "C'est bien. C'est une façon d'être responsable vis-à-vis des autres et de soi-même", a déclaré un homme de 40 ans.

L'Afrique est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2.500 morts. Mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Dans le Nord du Nigeria, pays le plus peuplé du continent, la hausse des décès inexpliqués fait craindre la propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres au monde. Le pays est en outre fragilisé par sa forte dépendance à la production de pétrole, dont les prix ont chuté.

Et le Soudan du Sud, l'un des plus pauvres du monde à peine sorti de six ans de guerre civile, a annoncé son premier décès officiel du jogging sur une plage de Jesolo, près de Venise, en Italie, le 12 mai COVID-19, "une personnalité de haut rang" qui n'a pas été identifiée.

AFP/VNA/CVN

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