19/07/2021 12:53
Au village de Cô Chât dans la province de Nam Dinh, on pratique la fabrication de la soie depuis longtemps. Ce métier, traditionnel et lucratif, mérite d’être préservé.
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Le bouillonnement de cocons. Photo : BM/CVN

Situé à une vingtaine de kilomètres au Sud-Est de la ville de Nam Dinh (province éponyme), le village de Cô Chât est considéré comme le berceau de la soie de qualité de la localité.

Datant de plusieurs centaines d’années, le métier a su se faire une réputation dans le pays. Dans le temps, presque chaque famille locale possédait une magnanerie. Selon Pham Van Dinh, l’un des fabricants les plus compétents du village, la fabrication de la soie était à l’origine au service de la production des filets de poissons. Ainsi, à l’époque, le village de Cô Chât était davantage considéré comme un village de pêche.

Au fil du temps, c’est une demande croissante de la consommation de la soie qui fera que le village de Cô Chât renoncera au tissage de filets à pêche pour se concentrer essentiellement à la soie. Les siècles passent et seul le village de Cô Chât de la province persiste à produire de la soie. Malgré ces événements, les villageois décident de continuer de vivre de ce métier.

De la soie de qualité

Le séchage des fils de soie. Photo : BM/CVN

Les vers à soie, fibres et autres métiers à tisser sont tous attachés aux villageois et ce de génération en génération, devenant une culture locale. Les produits sont non seulement consommés au sein du pays mais également exportés à l’étranger. Au temps colonial, la soie fabriquée à Cô Chât est tellement célèbre que le milieu français a fait construire une usine magnanière au village afin d’y exploiter les bonnes techniques des habitants ainsi que le potentiel de ce foyer producteur.

C’est de là que la confection de cette fameuse étoffe a pris son essor. Des hommes d’affaires français s’y rendaient pour en acheter et les faire ensuite transporter à travers un port très animé de Nam Dinh.

Dès la première invasion des colons français au Vietnam (1887-1914), le village de Cô Chât est devenu l’un des fournisseurs principaux de matières premières à la plus grande société de textile du Nord du pays. Selon Pham Van Dinh, bien que le rendement à Cô Chât ne fût pas comparable à celui de Van Phuc et de Nha Xa, deux villages de producteur de la soie très populaires, la qualité des produits était toutefois nettement supérieure.

La soie de Cô Chât reste toujours de qualité. Les fibres sont fines et douces mais également solides. Les fabricants, âgés, préfèrent manipuler les produits. Les jeunes, quant à eux, se penchent sur la transformation automatique avec l’aide des machines afin d’améliorer la productivité.

En ce qui concerne les techniques spécialisées, selon certains villageois, il faut compter 30 jours dès le moment où les chenilles se mettent à manger les feuilles de mûrier jusqu’à l’étape du dévidage du cocon afin d’en tirer le fil de soie. Ce dernier est ensuite enroulé sur des bobines et séché au soleil.

Après des hauts et des bas, la soie fabriquée à Cô Chât demeure l’un des produits phares de la province de Nam Dinh. La production de la soie locale rapporte un revenu stable et notable à ses fabricants. Les personnes ferventes, comme Pham Van Dinh, cherchent à préserver ce métier traditionnel.

En visite à Cô Chât, il est possible d’y découvrir les différentes étapes de la transformation de la soie, notamment la sériciculture, la filature, la plongée des fils, le moulinage et le tissage.

Mai Quynh/CVN


 
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