06/04/2019 07:30
Depuis plusieurs années, la pollution atmosphérique à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville progresse à un rythme alarmant. Malgré la mise en œuvre de nombreuses mesures d’urgence, elle menace toujours la qualité de vie des citadins.

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La limitation des moyens de transport individuels s’avère indispensable pour réduire la pollution de l’air.
Photo: VNA/CVN

Le Docteur  Nguyên  Lê Ninh, ancien enseignant de l’École polytechnique de Hô Chi Minh-Ville, explique que les nuages de brouillards obscurs que nous pouvons voir dans la rue, lorsque le temps est ensoleillé, sont bel et bien des nuages de pollution aux particules fines. Selon lui, à Hô Chi Minh-Ville, ces poussières atteignent des niveaux inquiétants en gaz toxiques tels que le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3), le monoxyde de carbone (CO) et le dioxyde de carbone (CO2).

La concentration de NO2 est notamment élevée dans les carrefours et intersections aux heures de pointe. Le CO, quant à lui, se concentre de manière plus dense dans les aires industrielles des zones urbaines. Les gaz toxiques combinés que l’on trouve dans les particules fines sont notamment issus des chantiers de construction immobilière, des projets de construction de routes ou des travaux de réparation des systèmes de drainage. Une pollution de l’air quasi omniprésente qui suscite naturellement des inquiétudes quant aux maladies respiratoires.

En outre, des observations et mesures d’émissions des moyens de transport ont été effectuées à 20 endroits différents de Hô Chi Minh-Ville et ont donné des chiffres plus que préoccupants. Plus précisément, le taux de particules en suspension rejetées par les véhicules dépasse de 72% les normes autorisées.
Les secteurs à forte pollution atmosphérique sont concentrés au carrefour d’An Suong (12e arrondissement) et dans la zone d’accès au port de Cat Lai (2e arrondissement) ainsi que sur les routes Công  Hoà et Truong Chinh (arrondissement de Tân Binh), notamment.          
               

Pour sa part, Hanoï ne s’en sort pas mieux. Un examen mené fin janvier 2019 à de nombreux endroits de la capitale a montré que la qualité de l’air atteignait parfois un niveau de danger alarmant, causée principalement par des particules fines PM 2.5.

D’après cet examen, les pics de pollution atmosphérique apparaissent généralement en matinée entre 07h00 et 08h00, et en fin de journée entre 18h00 et 19h00, quand le trafic routier est le plus encombré.

Pollution d’origine humaine

Selon des experts, l’explosion de l’achat de véhicules particuliers ces dernières années n’a pas arrangé la situation, bien au contraire, et suscite de nombreuses inquiétudes, notamment sur la négligence en termes de gestion du trafic et des services de transport de passagers. "Grab" (une application pour smartphone permettant de commander une voiture ou moto avec chauffeur), à elle seule, a par exemple vu son nombre de véhicules augmenté de manière fulgurante. Il n’est pas rare de voir une centaine de motos dudit service dans les quartiers fréquentés de Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Cela provoque non seulement une pression directe sur les infrastructures des transports urbains, mais également une augmentation élevée des émissions de CO2, affectant ainsi directement la qualité de l’air de ces centres urbains.

À Hô Chi Minh-Ville, sur près de 8,5 millions de véhicules 7,9 millions sont des motos. Et pour, en moyenne, 56% de carburant consommé pour chaque véhicule, ce sont près de 94% d’hydrocarbure, 87% de CO…rejetés dans l’environnement. Des chiffres qui font froid dans le dos.

À Hanoï, 70% des particules fines proviennent de la circulation avec 85% des émissions de CO2 notamment. À l’image de Hô Chi Minh-Ville, nombreux sont les Vietnamiens choisissant de s’installer dans la capitale pour gagner leur vie. Un phénomène provoquant fatalement un accroissement considérable des véhicules. Particulièrement, la construction de nombreux grands projets ces dernières années comme le système de chemin de fer urbain, les autoroutes et autres chantiers immobiliers ajoutent leur lot de rejets polluants.

Limiter les moyens de transports individuels

Depuis la fin de l’année 2018, les Services des ressources naturelles et de l’environnement, et des transports et des communications de Hô Chi Minh-Ville ont proposé au Comité populaire municipal l’élaboration d’un projet de surveillance des gaz d’échappement. Actuellement, ces services élaborent des mécanismes de mise en œuvre de solutions de contrôle. Des plans tels que la récupération de vieilles voitures ainsi que la réorganisation de la circulation font l’objet d’une attention prioritaire. 

La plantation d’arbres dans la ville permet d'améliorer la qualité de l'air.
Photo: CTV/CVN

Pour le Pr.-Dr. Hô Quôc Bang, de l’Institut de l’environnement et des ressources naturelles de Hô Chi Minh-Ville, la limitation des moyens de transport individuel s’avère indispensable car la pollution s’aggrave de plus en plus dans les grands centres urbains.

Afin d’améliorer la qualité de l’air, Hanoï a, pour sa part, mis en place une série de mesures comme la construction d’incinérateurs de haute technologie respectueux de l’environnement ou encore la plantation d’un million d’arbres dans la ville. En outre, elle limite au possible et parvient à interdire progressivement l’utilisation de combustibles solides (bois, charbon de bois, charbon, fumier animal et déchets agricoles) pour la cuisine et incite la population à incinérer les pailles et chaumes dans les champs en banlieue de Hanoï. Une solution pour encourager les habitants à utiliser les moyens de transports publics et à limiter les moyens individuels semble également inévitable.



Pollution en particules fines alarmante à Hanoï

Parmi 3.000 villes, Hanoï est la 2e la plus polluée en particules fines en Asie du Sud-Est et la 209e dans le monde. Tandis que Hô Chi Minh-Ville se classe au 15e rang dans la région et 455e dans le monde. L’information a été donnée récemment par le rapport sur la qualité de l’air global 2018 (World Air Report 2018), publié récemment par IQAir AirVisual en coopération avec Greenpeace, une organisation chargée de la protection de l’environnement. Face à cette nouvelle, lors d’une récente conférence de presse, Lê Tuân Dinh, directeur adjoint du Service des ressources naturelles et de l’environnement de Hanoï, a informé ne pas avoir de données exactes pour confirmer ces chiffres pour le moment. En effet, cette organisation utilise des technologies et données de l’ambassade américaine au Vietnam, tandis que Hanoï applique un système d’observation selon les normes de l’ONU.

VNA/CVN
 

Huong Linh/CVN
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