26/01/2020 14:29
La police du Québec "garde espoir" de retrouver les corps de quatre touristes français tombés mardi 21 janvier dans les eaux glacées d'un lac du Québec lors d'une expédition en motoneige, a indiqué vendredi 24 janvier un porte-parole après que celui d'une première victime a été repêché.
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Photo aérienne, transmise le 22 janvier par la Sûreté du Québec, de la zone où a eu lieu l'accident de motoneige, dans le nord de la province.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Les recherches sont positives, donc tant et aussi longtemps qu'on va continuer à avancer, à cheminer, on garde espoir", a déclaré ce porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Hugues Beaulieu. Le corps a été retrouvé "à plus de deux kilomètres des points initiaux de recherche dans la rivière Grande décharge", à l'embouchure du lac Saint-Jean où s'est produit l'accident, a-t-il indiqué. "Pour nous, cela élargit encore plus le secteur des recherches".

Des policiers devaient patrouiller toute la nuit en motoneige les berges de la rivière. Et les recherches se poursuivront dès le lever du jour avec un hélicoptère, une trentaine de policiers et trois équipes de plongeurs munis de propulseurs et de sonars. "Il n'y a pas eu d'identification à ce stade", a dit pour sa part le consul général adjoint de France au Québec, Laurent Barbot, lors d'un point-presse avec la ministre québécoise par intérim de la Sécurité publique, Andrée Laforest. "Le processus est en cours et les familles sont bien entendues informées", a ajouté M. Barbot.

"De tout cœur"

Le groupe était composé de huit touristes originaires de l'Est de la France, dont trois ont survécu à des blessures légères et à un choc nerveux. Ils ont quitté le Québec pour la France jeudi soir 23 janvier, selon le consulat général de France. Les démarches pour le rapatriement du corps de la victime vont être entamées "très rapidement", a assuré de son côté Mme Laforest, ajoutant être "de tout cœur" avec les Français.

Leur guide, un Montréalais de 42 ans, est mort mercredi 22 janvier des suites de ses blessures. Selon les derniers recoupements des médias locaux, il avait fait machine arrière mardi soir pour venir aider les trois touristes rescapés, restés en arrière du groupe. L'un d'eux était tombé à l'eau avant d'être récupéré par les deux autres motoneigistes. Le guide serait ensuite reparti pour rattraper le groupe de tête des cinq motoneigistes, avant de tomber à son tour dans l'eau, où il a été récupéré par les pompiers.

Photo transmise le 22 janvier par la police québécoise des opérations de secours et de recherche près du lac Saint-Jean, dans le Nord du Québec, après un accident de motoneige. Photo : AFP/VNA/CVN

"S'il n'était pas retourné, il s'en serait sorti avec les trois autres", a témoigné pour le Journal de Québec Charles Tremblay, propriétaire d'une épicerie où se sont réfugiés les trois survivants avant de donner l'alerte. Pour une raison encore indéterminée - sans doute pour emprunter un raccourci vers leur destination finale selon des spécialistes -, le groupe avait bifurqué du sentier balisé pour s'aventurer vers une zone "hors piste" réputée dangereuse. Situé à l'embouchure d'une rivière, à l'est de ce grand lac à 200 km au nord de la ville de Québec, ce secteur gèle moins ou pas du tout en raison des courants.

"Anéantie"

La police a publié jeudi 23 janvier les identités des disparus, originaires, comme les trois Français survivants, de l'Est de la France. Il s'agit de Gilles Claude, 58 ans, Yan Thierry, 24 ans, Jean-René Dumoulin, 24 ans, Julien Benoît, 34 ans, et Arnaud Antoine, 25 ans. Gilles Claude, habitué des randonnées à motoneige au Québec, est le père de trois biathlètes internationaux, Emilien, Florent et Fabien.  Joël Poirot, ami de longue date de Gilles Claude, s'étonne que cet habitué du Canada ait pu prendre des risques en quittant les sentiers balisés.

"Au Canada, il y était déjà allé je ne sais pas combien de fois, il connaissait très bien, il aurait même pu y aller sans guide, c'est pour ça que je ne m'explique pas ce qui s'est passé", a-t-il confié. Céline Adam, la compagne enceinte d'Arnaud Antoine, un des autres disparus, est "anéantie", a-t-elle déclaré au journal L'Est Républicain. "Mardi soir 21 janvier, je n'avais plus de nouvelles de lui depuis un moment, ça m'inquiétait. J'ai appris qu'il y avait eu un accident au Québec, j'ai immédiatement fait le lien. Son papa m'a téléphoné après avoir reçu un appel du chef de la police québécoise. L'avenir était plein de beaux projets", a déclaré la jeune femme, enceinte de trois mois.

AFP/VNA/CVN




 
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