25/02/2020 21:00
Il n'y a pas de pavillon chinois cette année à la grande foire du jouet de New York pour cause de coronavirus. Et les déboires de la deuxième économie mondiale, ainsi que leurs potentielles conséquences sur les ventes de poupées et jeux de société, sont dans tous les esprits.
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La marque de jouets Magformers fabrique toute sa production en Chine.
Photo : AFP/VNA/CVN

La production en Chine, de loin le plus grand fabricant de jouets au monde, a soudainement diminué depuis que l'activité y est paralysée par l'épidémie du coronavirus. Entre des montagnes de peluches, de jeux électroniques et de figurines pour enfants, les quelque 25.000 participants au salon new-yorkais qui se termine mardi 25 février s'interrogent sur l'impact de cette crise sanitaire.

Heureusement, assurent plusieurs représentants de la filière, le coronavirus a frappé juste après les fêtes de fin d'année. Mais dans la mesure où la Chine fabrique environ 85% des jouets vendus aux États-Unis, certains produits pourraient être victimes de ruptures de stocks dès cet été. L'épidémie "va avoir un effet majeur dans le monde entier", affirme Isaac Larian, directeur général de MGA Entertainment. Sa société est déjà en train de puiser dans ses réserves pour approvisionner ses clients en poupées LOL Suprise, l'un de ses produits phare.

Les usines travaillant pour MGA en Chine fonctionnent actuellement seulement à 20% de leurs capacités car de nombreux ouvriers ne sont pas encore revenus et l'activité est ralentie par l'absence de certains matériaux ou des problèmes de logistique. L'impact du coronavirus sur la chaîne d'approvisionnement est "la pire chose que j'aie connue" en 41 ans dans le secteur du jouet, affirme M. Larian.

Compétition pour le fret

"C'est probablement le principal sujet de conversation car il y a tellement d'incertitudes", estime Aaron Muderick, créateur des pâtes à modeler visqueuses Crazy Aaron's.

MGA Entertainment doit déjà puiser dans ses stocks pour fournir ses clients.
Photo : AFP/VNA/CVN

Si sa société est l'une des seules du secteur à fabriquer entièrement ses produits aux États-Unis, il s'inquiète des répercussions plus globales. "Si les étagères sont vides dans les magasins, ce n'est bon pour personne", explique-t-il.  Les entreprises chinoises arrivent habituellement en nombre à la foire du jouet de New York, la plus grande du secteur sur le continent américain, avec des dizaines de stands au centre Jacob Javits.

Mais l'Association des jouets, qui organise le salon, a décidé il y a quelques semaines de ne pas présenter de pavillon chinois cette année, annulant la venue de 47 exposants et d'environ 550 personnes, explique son président Steve Pasierb. La fréquentation n'a pas spécialement baissé car elle a bénéficié d'un afflux de visiteurs n'ayant pas pu se rendre dans des salons en Chine, ajoute-t-il.

Parmi les membres de l'association, plusieurs entreprises fabriquant en Inde, en Malaisie ou dans d'autres pays de la région se sont déjà plaintes de manquer de pièces ou de matières premières en provenance de Chine. Certaines s'inquiètent également de la compétition à venir pour de la place sur les containers de fret quand la situation se normalisera, remarque M. Pasierb. "Ce n'est pas encore complètement la crise pour le secteur. Mais si nous parlons encore de ça en avril, alors cela deviendra un vrai problème", estime-t-il.

"Année compliquée"

La société WowWee, qui vend des peluches et des jeux électroniques, a dû repousser certaines étapes indispensables au lancement des nouveaux produits : ses ingénieurs basés à Hong Kong ne peuvent pas se rendre dans les usines en Chine, où il manque plus de la moitié des salariés.

Pas de pavillon chinois à la foire du jouet de New York.
Photo : AFP/VNA/CVN

"On a perdu environ deux semaines d'activité à temps plein", estime Davin Sufer, directeur technique de WowWee. Si les mesures de quarantaine sont bientôt levées, "il est encore possible" de respecter le calendrier, espère-t-il toutefois. L'entreprise californienne Funrise espère aussi que l'impact de l'épidémie restera limité puisque la majeure partie de ses jouets est fabriquée au Vietnam.

Mais elle doit déjà puiser dans ses stocks les composants électroniques nécessaires à la fabrication des objets de sa marque "Ninja péteur", habituellement produits en Chine. Et son directeur commercial Justin Mills-Orcutt ne sait pas si les nouveaux camions-jouets fabriqués dans des usines chinoises seront prêts cet été.

Le directeur général de Magformers Chris Tidwell est aussi inquiet pour son entreprise de pièces magnétiques à assembler, entièrement fabriquées en Chine. Pour l'instant, seul un tiers des ouvriers est revenu. "Cela va nous affecter fortement", déplore-t-il. "L'année va forcément être compliquée."

AFP/VNA/CVN

 

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