02/03/2019 13:00
La demande en estampes de Kim Hoàng, une forme d’art pictural à base de gravure sur bois originaire du village de Kim Hoàng, dans la commune de Vân Canh, en banlieue de Hanoi, a explosé. Explications.
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L’image du cochon sur une estampe populaire de Kim Hoàng.

Grâce aux efforts des autorités locales, des artisans et des collectionneurs, les estampes populaires de Kim Hoàng ont échappé à l'oubli et connaissent actuellement une renaissance salutaire.

Traditionnellement, à l'instar des peintures folkloriques de Dông Hô (province de Bac Ninh, Nord) et de Hàng Trông (Hanoï), celles de Kim Hoàng étaient utilisées comme décoration pour le Nouvel An lunaire. Leurs images telles que coqs, cochons et activités quotidiennes représentent les vœux d'une année de prospérité et de bonheur.

Les œuvres de Kim Hoàng étaient autrefois courantes lors des manifestations culturelles organisées durant les périodes de fêtes, que cela soit au Temple de la Littérature, dans les rues autour du lac de l’Épée restituée (Hoàn Kiêm) ou dans le Vieux quartier de Hanoï.

Nguyên Thi Thu Hoà, directrice du Musée de la céramique de Hanoï, a informé que cette année, la demande en peintures de Kim Hoàng augmentait de manière remarquable, en particulier les diverses représentations de cochons, l’année 2019 y étant dédiée. Pour réaliser une peinture, les artisans utilisent des planches en bois pour créer des contours sur du papier rouge ou jaune, puis peignent les détails à la main.

"La peinture folklorique de Kim Hoàng a connu son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles. Son style propre découle de ceux des deux anciens villages de Kim Bang et de Hoàng Bang. Autrefois, une paire de coqs était l'une des images les plus populaires de Kim Hoàng pour le Nouvel An lunaire. On croyait qu'avoir une peinture de coqs à l’occasion de la nouvelle année aiderait à éloigner les mauvais esprits et à apporter de la chance à la famille", a déclaré le vice-président du Comité populaire de la commune de Vân Canh, Nguyên Thê Minh.

En 1915, une grande inondation a détruit la digue Liên Mac qui protégeait la commune éponyme, détruisant la plupart des planches tampons. Ensuite, le métier a régressé de plus en plus, jusqu’à ce plus aucune estampe ne soit fabriquée dans le village. "Dans les années 1940, Kim Hoàng a subi une inondation grave qui a emporté toutes les tablettes de bois et fait tomber cette peinture traditionnelle dans l'oubli", a expliqué Minh.

Dào Dinh Trung est devenu un artisan maîtrisant parfaitement l’art des estampes de Kim Hoàng. 

Ressusciter les estampes populaires

Après presque 80 ans d’agonie, la peinture de Kim Hoàng est en train de renaître. La directrice du Musée de la céramique de Hanoï, également collectionneuse d’estampes, Nguyên Thi Thu Hoà, regrettait la perte de cette forme artistique et a décidé de la faire revivre. Lancé en 2015, son projet "Faire revivre les estampes populaires de Kim Hoàng" bénéficie du soutien inconditionnel des habitants du village.

Thu Hoà se rendit dans des musées et rencontra des collectionneurs vietnamiens et étrangers afin de chercher les dernières planches restantes. Elle a ensuite demandé l'aide d'artisans, de chercheurs en art et des autorités locales pour se donner les moyens matériels et techniques de relancer la production.

Originaire du village de Kim Hoàng, le jeune artisan Dào Dinh Trung s'est porté volontaire pour rejoindre le projet. Il a été envoyé dans une école de peinture et a appris la technique et les spécificités propres au village. Il a également recherché des planches en bois dans les maisons des habitants et a même redécouvert des modèles dans d’anciens livres.

Autrefois, une paire de coqs était l’une des images les plus populaires de Kim Hoàng pour le Nouvel An lunaire.

"Quand j'étais petit, j'entendais souvent les personnes âgées parler de ce genre de peinture avec beaucoup de fierté et de nostalgie. C'est alors que j'ai ressenti un sentiment de regret qui a nourri ma volonté de le voir renaître", a partagé Trung.

Selon Dào Dinh Trung, les estampes populaires de Kim Hoàng partagent des caractéristiques avec celles de Dông Hô, tout en possédant leurs propres particularités. Le matériel pour les fabriquer ne fait pas intervenir le papier dó (papier de rhamnoneuron) de celles de Hàng Trông ou le papier dó enduit de nacre (giây diêp) de leurs consœurs de Dông Hô, mais du papier rouge ou rose. C’est pourquoi, elles sont aussi appelées "les estampes rouges".

À ce jour, 33 planches en bois ont été récupérées et plusieurs événements organisés pour inciter les jeunes à se familiariser avec ce type d'artisanat. Ces trois dernières années, les peintures du village de Kim Hoàng ont également été envoyées à des expositions et manifestations culturelles locales et internationales, ou utilisées pour décorer certains objets tels que calendriers et enveloppes porte-bonheur pour le Nouvel An lunaire.

"Les estampes occupent une place importante dans l’héritage culturel et artistique du peuple en illustrant les points de vue de différentes générations des quatre coins du pays", a conclu Nguyên Thi Thu Hoà.

Texte et photos: Thuy Hà/CVN
 

Le village de Kim Hoàng
 
Kim Hoàng est un des villages de la commune de Vân Canh, à l’est du district de Hoài Duc, à environ 15 km du centre-ville de Hanoï. C’est le berceau des estampes sur papier rouge, une des imageries populaires autrefois réputées du delta du fleuve Rouge.
 

 

 
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