03/03/2020 15:42
La Recording Academy, l'Association américaine de l'industrie du disque qui organise notamment les Grammy Awards, a officiellement licencié lundi 2 mars son ex-patronne, déjà mise à pied fin janvier après avoir porté de graves accusations contre l'organisation.
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Deborah Dugan, patronne des Grammy Awards officiellement.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'Académie a mis fin au contrat qui la liait avec Deborah Dugan via une lettre, largement diffusée au sein des membres de la profession, qui accuse l'ex-PDG "de déficiences et d'échecs dans sa gestion". Fin janvier, Mme Dugan avait porté plainte à Los Angeles auprès de la Commission pour l'égalité des chances professionnelles, accusant l'Académie de discrimination et de harcèlement.

Première femme à avoir dirigé l'Académie, elle détaillait dans sa plainte des accusations allant du harcèlement sexuel au conflit d'intérêts en passant par des irrégularités dans les votes pour les Grammy Awards. Deborah Dugan affirmait aussi avoir subi des pressions pour embaucher comme consultant son prédécesseur, Neil Portnow, alors qu'il était selon elle soupçonné au sein de l'organisation d'avoir violé une musicienne, "raison réelle pour laquelle son contrat n'avait pas été renouvelé" après 17 ans.

Neil Portnow avait formellement démenti, assurant que la plainte "était truffée d'accusations inexactes, fausses, scandaleuses et terriblement douloureuses" à son encontre. Mme Dugan estimait que sa mise à pied était une mesure de rétorsion de l'Académie. "Bien que je sois déçue, je ne suis pas surprise étant donné la manière dont l'Académie a l'habitude de traiter les lanceurs d'alerte", a réagi Mme Dugan à l'annonce de son licenciement, dans une déclaration transmise par ses avocats.

"Au lieu de chercher à réformer cette institution corrompue de l'intérieur, je vais persévérer pour mettre en face de leurs responsabilités ceux qui continuent leurs petits arrangements, entachent le processus de vote aux Grammy Awards et font de la discrimination à l'encontre des femmes et des gens de couleur", a-t-elle souligné. "Les artistes méritent mieux. Pour moi, c'est là le vrai sens de +passer à la vitesse supérieure+", a conclu Mme Dugan.

Cette pique s'adressait à M. Portnow, qui avait été vivement critiqué pour des propos jugés sexistes. Il avait déclaré que les femmes devaient "passer à la vitesse supérieure" pour justifier que peu d'entre elles avaient obtenu des récompenses lors de l'édition 2018 des Grammy Awards.

AFP/VNA/CVN

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