15/09/2019 16:18
Donald Trump a confirmé samedi 14 septembre la mort du fils préféré d'Oussama Ben Laden, Hamza, présenté comme son héritier à la tête d'Al-Qaïda mais dont le rôle au sein de l'organisation jihadiste n'a jamais été précisément connu.

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>>L'EI diffuse une vidéo de son "chef" pour la première fois depuis cinq ans
 

Capture d'écran d'une vidéo, non datée, tournée lors d'un mariage d'Hamza Ben Laden, dont Donald Trump a confirmé le 14 septembre la mort. Photo : AFP/VNA/CVN

Hamza Ben Laden "a été tué lors d'une opération de contre-terrorisme menée par les États-Unis dans la région de l'Afghanistan/Pakistan", a déclaré le président américain dans un communiqué, sans préciser la date de cette opération.

Sa mort "ne prive pas seulement Al-Qaïda de son autorité et de sa connexion symbolique à son père, mais sape également d'importantes activités opérationnelles du groupe", a ajouté Donald Trump.

"Hamza Ben Laden a planifié et travaillé avec divers groupes terroristes", a encore déclaré le locataire de la Maison Blanche, trois jours après l'anniversaire des attentats du 11-Septembre, orchestrés par Al-Quaïda et son leader Oussama Ben Laden, et ayant causé la mort de près de 3.000 personnes.

Les médias américains avaient révélé fin juillet qu'Hamza Ben Laden, âgé d'une trentaine d'années, était mort, selon le New York Times au cours des deux dernières années.

Fin août, le ministre de la Défense Mark Esper avait confirmé à demi-mot sa disparition. Interrogé pour savoir s'il était bien mort, le ministre avait répondu : "c'est ce que je comprends", sans donner de détails.

En revanche, Al-Qaïda n'a pas commenté jusqu'ici. C'est "surprenant" que l'organisation n'ait pas "encore publié une déclaration formelle" ni d'"éloge funèbre", a remarqué Barak Mendelsohn, spécialiste du terrorisme à l'université Haverford en Pennsylvanie.

Liste noire

Quinzième de la vingtaine d'enfants d'Oussama Ben Laden, fils de sa troisième femme, Hamza était né le 9 mai 1989 à Djeddah (Arabie Saoudite) mais avait été déchu en mars de sa nationalité saoudienne.

Il figurait également sur la liste noire américaine des personnes accusées de "terrorisme" et était visé par des sanctions de l'ONU.
 

Après l'effondrement des tours jumelles, un nuage de cendres et de débris a enveloppé le bas de Manhattan, comme on peut le voir sur cette photo prise le 12 septembre 2001. Photo : AFP/VNA/CVN


Aux côtés de son père en Afghanistan avant le 11-Septembre 2001, il y avait appris le maniement des armes. Dans des vidéos mises en ligne à l'époque, il s'en prenait de sa voix fluette aux Américains ou encore aux Juifs.

Des documents, dont des lettres révélées par l'AFP en mai 2015, montrent qu'Oussama Ben Laden le destinait à lui succéder à la tête du jihad mondial anti-occidental.

Washington avait offert en février une récompense d'un million de dollars pour toute information permettant de le retrouver, l'accusant d'avoir pris du galon au sein d'Al-Qaïda.

Selon le département d'État, il avait, après août 2015, "diffusé des messages audio et vidéo appelant à attaquer les États-Unis et leur alliés (...) pour venger son père", tué dans une opération américaine au Pakistan en 2011.

Des archives d'Oussama Ben Laden, saisies lors de ce raid et dévoilées fin 2007, contiennent les premières images de son fils à l'âge adulte. Y figure une vidéo du mariage de Hamza, apparemment en Iran.

Il y aurait été envoyé pour sa sécurité après le 11-Septembre et y aurait passé une dizaine d'années, selon Ali Soufan, un ancien agent du FBI, auteur d'une biographie de Hamza Ben Laden.

Rôle flou

Pour l'ONU et le gouvernement américain, Hamza Ben Laden était susceptible de participer à la reconstruction d'une organisation affaiblie par la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis après le 11-Septembre et plus récemment concurrencée par le groupe Etat islamique (EI).

Mais selon plusieurs experts, Al-Qaïda ne devrait pas souffrir outre mesure de sa disparition.

Rien ne prouve en effet qu'il ait accédé à des fonctions supérieures à celles d'un messager susceptible d'attirer de jeunes jihadistes.

"Je suis sceptique sur l'idée qu'il ait eu un rôle opérationnel majeur", a dit Colin Clarke, expert au sein du groupe de réflexion Rand Corporation et du cabinet d'analyse Soufan Center.

Selon l'analyste, la mort du fils pourrait ouvrir la voie à une génération de dirigeants plus jeunes et encore plus radicaux.

"Mais bien sûr, il a l'ADN, le nom de Ben Laden", a-t-il ajouté. Pour lui, Al-Qaïda est toujours actif, et "l'administration Trump cherche à enregistrer une victoire" avec cette annonce.

C'est un "signal fort que l'Amérique n'oubliera jamais, et ira partout où les terroristes" se trouvent, a de fait tweeté l'influent sénateur républicain Lindsey Graham après la confirmation présidentielle.


AFP/VNA/CVN


 

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