23/07/2021 09:01
La moitié des adultes en Europe, soit 200 millions de personnes, sont vaccinés contre le COVID-19 mais la progression fulgurante du variant Delta menace de gêner le retour à la normale sur le continent.
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Un cimetière pour les victimes du COVID-19 à Jakarta, le 22 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Jusqu'à aujourd'hui, il y a eu 200 millions de personnes qui sont vaccinées complètement dans l'Union européenne", a déclaré jeudi 22 juillet la Commission européenne. Cela correspond à "54,7% d'adultes" totalement vaccinés et la Commission se fixe l'objectif de 70% d'adultes vaccinés cet été.

Une course contre la montre est engagée avec le variant Delta, identifié pour la première fois en Inde, qui provoque une nouvelle vague de contaminations dans de nombreux pays, notamment en Europe, et freine la reprise attendue, créant par exemple des pénuries de main d'œuvre au Royaume-Uni.

"La reprise de l'économie de la zone euro est en bonne voie", a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde. "Mais la pandémie continue de jeter une ombre, d'autant plus que le variant Delta constitue une source croissante d'incertitude".

La remontée des contaminations, due à ce variant, pourrait freiner la reprise "dans les services, notamment dans le tourisme et l'hôtellerie", a-t-elle ajouté.

En Grande-Bretagne, des centaines de milliers de cas contacts sont contraints de s'isoler durant dix jours, handicapant l'économie : rayons vides de supermarchés, ligne du métro de Londres interrompue faute de personnel suffisant, temps d'intervention des forces de police rallongés.

Le gouvernement britannique qui a levé presque toute les restrictions en pleine explosion des contaminations, est maintenant sous pression pour assouplir les règles d'isolement, pour ne pas enrayer la distribution.

Très contagieux, le variant Delta est devenu majoritaire dans une grande partie de l'Europe et aux États-Unis.

La chancelière allemande Angela Merkel a évoqué une "croissance exponentielle" du nombre de nouveaux cas, y voyant une "dynamique inquiétante" : elle envisage "un doublement en moins de 2 semaines" du nombre de nouvelles infections.

"Chaque vaccination compte. Chaque vaccination est un pas, un petit pas, vers un retour à la normalité pour tous", a-t-elle ajouté.

Depuis mi-juillet, le nombre quotidien de nouveaux cas en Allemagne dépasse en moyenne le millier et a atteint 1.890 cas jeudi 22 juillet.

"Ne pas stigmatiser les jeunes" 

Un chiffre bien inférieur à la France, prise dans une "quatrième vague", selon le Premier ministre Jean Castex, quelques semaines après avoir allégé les restrictions .

Le nombre quotidien de nouveaux cas a grimpé au plus haut depuis le début mai : Santé publique Francea fait état de 21.909 contaminations en 24 heures, du jamais vu depuis le 5 mai.

Le taux de positivité ne cesse de monter lui aussi, s'établissant à 3,2% (sur sept jours, à J-3), soit un demi-point de hausse en un seul jour

"C'est vrai que l'épidémie reprend, surtout en termes d'incidence chez les jeunes. Tout l'enjeu, c'est que ça ne se transmette pas aux plus âgés", a affirmé jeudi 22 juillet le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal assurant toutefois ne pas vouloir "stigmatiser les jeunes qui en ont bavé pendant un an et demi".

En France comme dans d'autres pays où les personnes vulnérables ont déjà été vaccinées, le nombre d'hospitalisations ou de décès n'augmente toutefois pas.

Pour prendre de vitesse l'épidémie, le gouvernement français tente de faire adopter à marche forcée un projet de loi qui rendra la vaccination des soignants obligatoires et imposera dans les cafés et restaurants un pass sanitaire, déjà en vigueur dans les cinémas et salles de spectacle.

Si cette perspective a précipité des centaines de milliers de Français dans les centres de vaccination, elle suscite aussi quelques manifestations d'opposants.

Des étagères vides dans un supermarché Tesco à Londres, le 22 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Jeudi soir 22 juillet, l'Italie a à son tour annoncé la mise en place d'un pass sanitaire, qui sera nécessaire partir du 6 août pour fréquenter des lieux clos comme les restarants.

Face à cette propagation rapide du variant indien, les gouvernements misent sur la vaccination, quitte à la rendre obligatoire pour les professions de santé.

Les milliers d'employés des hôpitaux publics new-yorkais devront bientôt être vaccinés contre le COVID ou bien se faire tester chaque semaine.

En Grèce, la vaccination obligatoire des soignants, est en passe d'être adoptée au parlement, mais suscite aussi des manifestations.

De son côté, le Portugal souhaite vacciner les 12-17 ans d'ici la prochaine rentrée scolaire.

Espérance de vie réduite 

Un an et demi après que la Chine a rapporté les premiers cas de coronavirus, l'on prend la mesure des conséquences dramatiques de cette épidémie planétaire, qui a fait déjà plus de 4,1 millions de morts.

L'espérance de vie des Américains s'est réduite d'un an et demi en 2020, la plus forte chute depuis la Deuxième Guerre mondiale, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui en attribuent grandement la cause à la pandémie de COVID-19.

Et la pandémie aura un impact "à long terme et d'une grande portée" sur la santé mentale des populations, a averti l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"De l'anxiété liée à la transmission du virus, à l'impact psychologique des confinements et de l'auto-isolement, aux conséquences liées au chômage, aux difficultés financières et à l'exclusion sociale, (...), tout le monde est affecté d'une manière ou d'une autre", a relevé l'OMS.

AFP/VNA/CVN

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