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27/07/2019 07:52
Si le transport ferroviaire se développe de plus en plus dans de nombreux pays, il est presque devenu "démodé" au Vietnam. Lui faire retrouver de la vigueur, telle est la finalité d’un "super projet" de voie ferrée à grande vitesse Nord-Sud.

>>La ligne ferroviaire Nord-Sud en débat
>>Le rail vietnamien doit passer à la vitesse supérieure
>>La ligne ferroviaire Nord-Sud dans le Top 10 des plus belles du monde


Des passagers sur la ligne Nord-Sud.
Photo: CTV/CVN

Le ministère du Plan et de l’Investissement a soumis récemment au Premier ministre Nguyên Xuân Phuc un rapport sur le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) Nord-Sud, d’un montant d’investissement total de 26 milliards de dollars. Ce chiffre est 32 milliards de moins que la précédente proposition du ministère des Communications et des Transports, il y a neuf ans.

Selon le ministère du Plan et de l’Investissement, des experts néerlandais et allemands ont affirmé qu’avec une vitesse prévisionnelle de 200 km/h, la durée du trajet Hanoï - Hô Chi Minh-Ville ne serait plus que de huit heures. Toujours selon ce ministère, l’option choisie est d’améliorer l’actuelle ligne ferroviaire pour le transport des marchandises et d’en construire une autre réservée à celui des passagers.

"Le gouvernement néerlandais n’a pas mis en œuvre l’amélioration de la voie ferrée Düsseldorf - Amsterdam avec une vitesse de 200 à 300 km/h, car les coûts de fonctionnement sont passés de 1,8 à 3,4 milliards d’euros", a mentionné le ministère du Plan et de l’Investissement. Celui-ci estime que les entreprises vietnamiennes pourraient participer au projet. Il recommande une coopération multilatérale afin de réduire les frais et attirer l’investissement privé.

Recherche de la meilleure solution

Il y a neuf ans, ce ministère a soumis au Premier ministre un projet de modernisation de l’actuelle ligne ferroviaire réservée au transport à la fois de marchandises et de passagers. Il avait également recommandé de construire une nouvelle ligne de 350 km/h, nécessitant environ 58,7 milliards de dollars, pour le transport de passagers. Durée prévisionnelle des travaux: 30 ans (de 2020 à 2050).

La première phase de ce projet se concentrera sur la construction des tronçons Hanoï - Vinh et Nha Trang - Hô Chi Minh-Ville. Une fois mis en service en 2032, ces deux tronçons pourraient transporter 364.000 passagers/jour mais ce chiffre ne serait que de 55.000 à 58.000/jour en 2035, soit 16% des capacités prévues.
Aussi, la construction d’une ligne ferroviaire de 350 km/h réservée seulement au transport de passagers est inutile, a estimé le ministère du Plan et de l’Investissement, affirmant que celle de 200 km/h serait plus raisonnable et, surtout, plus économique.

Le projet du ministère des Communications et des Transports prévoit aussi que les machines, locomotives et wagons ne seraient pas tous importés. L’industrie ferroviaire nationale devrait en fabriquer une partie afin d’abaisser fortement le montant de l’investissement. Le rapport de préfaisabilité de ce projet, soumis à l’Assemblée nationale, prévoit que les capitaux seront mobilisés dans le cadre d’un partenariat public-privé, où l’État jouera un rôle central.

Le 11 juillet 2019, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a décidé de créer un conseil d’évaluation chargé d’examiner l’étude de préfaisabilité soumise par le ministère des Communications et des Transports.

Des passagers achètent des billets de train à la gare de Hanoï.
Photo: Huy Hùng/VNA/CVN

Si le coût est trop élevé, il sera difficile de concurrencer le secteur aérien en plein essor. "L’écart d’investissement entre les deux ministères s’élève à des dizaines de milliards de dollars, aussi est-il nécessaire d’examiner la meilleure proposition", a partagé le Dr. Trân Dinh Thiên, ex-directeur de l’Institut d’économie du Vietnam.

"Le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Nord-Sud avait été discuté il y a neuf ans. Chaque option comporte des risques. Une étude prudente est donc indispensable", a indiqué le Dr. Vo Tri Thành, économiste et ex-directeur adjoint de l’Institut central d’études sur la gestion économique (CIEM).

L’économiste Cân Van Luc a souligné la cause de la différence de coûts entre les deux ministères. Les vitesses envisagées par chacun sont différentes, et donc les frais de construction, de main-d’œuvre et de technologie le sont aussi.

Une ligne d’importance stratégique 

Selon le ministère des Communications et des Transports, la ligne ferroviaire Nord-Sud fait 1.650 km de long. La connexion de ces deux régions par une  ligne à grande vitesse est nécessaire pour répondre aux besoins croissants de flux de  passagers et de marchandises. La LGV développera les centres urbains le long de la ligne et améliorera le réseau routier actuel. Elle jouera un rôle important dans l’essor socio-économique comme en matière de défense.

Selon les experts, après sa mise en service, le nombre de passagers sera plusieurs fois supérieur par rapport aux prévisions. Takahashi Junko, représentant en chef adjoint de l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA), a partagé des expériences sur le développement du réseau ferroviaire du Japon. En 1964, la première voie ferrée à grande vitesse Shinkansen entre Tokyo et Osaka fut mise en service, sur une longueur de 515 km. Elle joua un rôle majeur dans le développement de l’économie et des industries.

"La ligne ferroviaire à grande vitesse créera également des opportunités d’accès aux nouvelles techniques en matière d’exploitation et de gestion des voies ferrées. Par conséquent, ce train aura un impact considérable sur le développement socio-économique du Vietnam", a insisté Takahashi Junko.
 
Mai Huong/CVN


 
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