19/12/2015 18:26
Hoàng Thi Khuong souffre d’une atrophie des muscles des jambes. Ses parents, des brodeurs du village de Quât Dông, dans le district suburbain de Thuong Tin, à Hanoi, l’ont initiée très tôt à la broderie d’art. À l’âge de 50 ans, elle est l’une des plus talentueuses de sa confrérie.
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L'artisane Hoàng Thi Khuong au travail.
Photo : CTV/CVN

Le village de broderie fait main de Quât Dông se trouve à 20 km du centre de la capitale, au sud. Réputé pour son  savoir-faire ancestral, il est souvent visité par les touristes. Là où Hoàng Thi Khuong, 50 ans, gère avec son jeune frère un petit atelier de 20 brodeuses, majoritairement handicapées. Son établissement fonctionne à plein régime pour répondre aux nombreuses commandes, dont beaucoup venues du Japon. Khuong est l’une des brodeuses les plus talentueuses du village, selon l’Association des villages de métiers du Vietnam. À noter qu’il existe deux métiers de brodeur : le brodeur main (ou artisan brodeur) qui réalise des broderies à la main ou au crochet, et le brodeur machine qui brode sur une machine à broder.

Dépasser son handicap

Tout en brodant une étoffe de soie, Khuong amorce la conversation d’une voix douce. «Je suis la 3e fille d’une famille de six enfants. À la suite d’une fièvre de cheval quand j'avais à peine trois mois révolus, mes jambes ont commencé à se paralyser. Quand mes parents m’ont emmenée à l’hôpital, le médecin leur a dit que j’étais victime d’une atrophie musculaire», se souvient-elle. 

Une des œuvres de Hoàng Thi Khuong.
Photo : CTV/CVN

Au fil des semaines, la petite fille a perdu sa mobilité, jusqu’à ne plus pouvoir jouer avec ses amis dehors. Son univers s’est alors restreint à la maison familiale. Ne sachant quoi faire de ses journées, elle a aidé ses parents, des brodeurs professionnels. D’abord par jeu.

«Mais à l’âge de 10 ans, mes parents m’ont enseignée les techniques de base de la broderie. Puis, rapidement, encouragée par eux, j’ai abordé les techniques plus difficiles. À l’âge de 20 ans, mes travaux étaient déjà appréciés par les artisans chevronnés, ce qui m’a confortée dans mon choix de faire carrière dans la broderie», confie-t-elle.

Puis, les artisans locaux ont jugé que Khuong avait suffisamment de pratique pour entrer à la Coopérative de broderie du village, qui exporte vers l’Europe de l’Est. Elle s’est d’abord concentrée sur les draps et coussins.

Un kimono japonais et un portrait de la Vierge

En 1991, un atelier de Hanoi a fait appel à Khuong pour une commande de kimono brodé. Un tournant dans sa vie professionnelle.

«C’était vraiment un défi pour moi car le kimono exige une méticulosité dans les détails et, notamment, dans le mélange des couleurs. Je l’ai fini en trois mois et mon travail a été beaucoup apprécié par le client».

Grâce à cette commande, Khuong reçoit souvent des commandes du Japon. Montrant une photo et une lettre, elle présente : «C’est Keiko Tsuji, de la ville japonaise de Saitama. Lors de sa visite chez moi, elle m’a demandé de faire le tableau +La reine+ et m’a payé 80.000 yens (près de 15 millions de dôngs). Elle a été très contente du résultat et m’a envoyé cette lettre de remerciement».

En 1995, soutenue par  sa famille, Khuong crée un atelier, avec son jeune frère, pour traiter les  commandes venues du Japon. Son village étant touristique, elle reçoit souvent des visiteurs étrangers.

En 1998, un Français lui a demandé de broder le portrait La Vierge, pour un million de dôngs. Une grosse somme à l’époque. D’autres commandes venues de France ont suivi…

L'atelier de Hoàng Thi Khuong emploie des jeunes handicapées.
Photo : CTV/VN

Khuong a reçu de nombreux prix. En 2010, elle a été honorée par l’Association des villages de métiers du Vietnam pour son tableau brodé Reflet de la lune dans la catégorie «Produit de l’année». Elle a remporté à Séoul le premier prix du concours Inter Abilympics 2011 réservé aux handicapés, le prix d’encouragement du concours de design des articles d’art et artisanaux de Hanoi 2013 avec le tableau brodé Portrait de l’Oncle Hô.

Khuong est très occupée. Outre son travail à l’atelier, elle donne aussi des cours d’apprentissage à de jeunes handicapés des provinces de Hà Giang (Nord) et Thanh Hoa (Centre). «Je leur enseigne gratuitement ce métier en espérant qu’ils pourront s’autonomiser, avancer dans la vie et ne plus compter sur l’assistanat», affirme-t-elle.

Vous désirez la rencontrer ?

Khuong et son frère ont déposé au Département de la propriété intellectuelle la marque commerciale «Établissement de broderie fait main Hoàng Thi Khuong».

L’atelier, basé dans le village de Quât Dông, district de Thuong Tin, à Hanoi, accueille aussi les visiteurs.

Tél. : (04) 33 76 01 47.

Linh Thao/CVN
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