29/04/2016 10:32
Le jeune Nguyên Ba Cuong, cordonnier de profession, se met entre deux commandes au service des plus démunis en réparant gratuitement leurs chaussures. Petit geste pour les uns, c’est surtout pour lui une manière de redonner une forme de dignité aux populations laissées pour compte.

>>Nguyên Thuy Tiên, icône de la lutte anti-cancer
>>L’architecture «verte» de Hoàng Thuc Hào récompensée
 

Nguyên Ba Cuong met son talent au service des personnes pauvres.
Photo : DV/CVN

Dans un coin en face d’une ruelle dans le 1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, Nguyên Ba Cuong, 18 ans, se concentre pour raccommoder une vieille paire de chaussures. Ces dernières vont être offertes à un garçon vendeur de billets de loterie, qui marchait encore pieds nus la veille. Depuis plus d’un an, tant d’autres dans la même situation sont passés dans son échoppe, et devenus par la suite des clients réguliers. Des vendeurs de billets de loterie évidemment, mais aussi des pédaleurs de cyclo-pousse ou encore des aveugles. Et pourtant, il n’y a qu’une fine et fragile limite qui les sépare du cordonnier. Il a été presque l’un d’entre eux.

«Mon père est un musicien qui se produit lors de fêtes, et ma mère reste à la maison pour prendre soin de ma grand-mère malade. Et j’ai un petit frère qui fréquente encore l’école», partage Cuong. «Après avoir terminé mes études de 6e classe à l’école secondaire, je n’arrivais pas à être au même niveau que mes camarades de classe, et ma famille rencontrait des difficultés financières, se souvient-il. J’ai quitté l’école pour offrir cette chance à mon frère cadet, car je voulais apprendre un métier pour aider mes parents».

À cette époque-là, il y avait un petit étal spécialisé dans le raccommodage de chaussures près de la maison de Cuong. Voyant que le jeune homme n’avait pas d’emploi stable, son propriétaire lui a offert la possibilité d’apprendre le métier, proposition qu’il a immédiatement acceptée. Et pourtant, il a rencontré de nombreuses difficultés pendant les premières leçons. L’art du collage des semelles est plus exigeant qu’on ne le pense, sans oublier les maintes piqûres avec les aiguilles à coudre. Mais Cuong était déterminé à apprendre le métier.
 

Cuong derrière son étal. Photo : CTV/CVN


Après deux ans, le tout jeune cordonnier a pu ouvrir son propre stand, mais il s’est décidé à honorer une promesse : réparer gratuitement les chaussures des pauvres. «Mon enseignant m’a sensibilisé au fait que les pauvres gagnent leur vie en arpentant les rues, et qu’il leur est difficile d’avoir une bonne paire de chaussures ou de pouvoir les réparer», explique-t-il. Son mentor avait notamment fait graver ces quelques mots dans son échoppe «Seul le travail rend une vie heureuse. Seule l’honnêteté reçoit le respect». Un conseil que Cuong gardera en mémoire, pour toute sa vie.

Le petit rêve du cordonnier

La journée de travail de Cuong commence à 08h 00 du matin et se termine normalement à 16h00. Assis en face de la petite ruelle, Cuong voit fréquemment de nombreux vendeurs de billets de loterie portant des sandales déchirées. Leurs pieds peuvent se brûler au contact du macadam surchauffé.

Même si leurs chaussures peuvent être réparées gratuitement, bon nombre d’entre eux hésitent encore à se rendre chez Cuong. Il répare chaque paire avec rapidité et toujours le même soin. Ses mains semblent de ne jamais cesser de travailler, ses yeux suivant de près l’aiguille, tandis que ses genoux sont mis à contribution pour y placer les chaussures.

«Il y a quelques mois, j’ai demandé à Cuong de réparer mes souliers, et il a refusé mon argent», exprime un chauffeur de taxi moto près de son étal. «J’ai été touché par son geste. Tout le monde dans la région sait qu’il offre ses services aux pauvres». Un voisin renchérit en disant qu’il est aimé par beaucoup de personnes dans le quartier.

Cuong raccommode environ sept paires de chaussures et sandales par jour, et il gagne environ trois millions de dôngs par mois. Étant le fils aîné de la famille, la majorité de cette somme est donnée à ses parents. Conscient de ses responsabilités, il se dit très heureux de voir son petit frère réussir dans ses études, et souhaite continuer à travailler pour l’aider financièrement.

«Je vais économiser de l’argent pour que je puisse ouvrir ma petite boutique pour aider mes parents. Je souhaite également organiser un petit cours gratuit pour enseigner ce métier aux pauvres. Il y a plusieurs façons d’aider les gens au lieu de simplement distribuer de l’argent. Notre propre bonheur est de rendre les autres heureux», conclut-il.

Thuy Hà/CVN


 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Un ingénieur passionné de lego

Un hôtel à Phu Yên parmi les meilleurs au monde Le magazine de voyage américain Travel and Leisure a nommé l’hôtel Zannier Bai San Hô, dans la province de Phu Yên, parmi les 73 meilleurs hôtels du monde en 2021. C'était le seul hôtel vietnamien à faire partie de cette liste compilée par les rédacteurs dudit magazine.