24/02/2019 06:06
Le métier de la laque est pratiqué à Cat Dang depuis plus de 600 ans. Fort de cette tradition, il est le plus renommé parmi les villages producteurs de la laque du delta du fleuve Rouge.
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Grâce à leurs mains habiles, les artisans de Cat Dang fabriquent des produits de haute qualité. Photo: Trinh Bô/VNP/CVN

Une fois à Cat Dang, commune de Yên Tiên, district de Y Yên, province de Nam Dinh (Nord), les visiteurs peuvent ressentir immédiatement l’ambiance trépidante d’un village de métier artisanal. Les ateliers de production avec leurs travailleurs assidus, les boutiques remplies de modèles, les camions qui attendent pour charger les produits. Tout renvoie l’image d’un Cat Dang riche et dynamique. 

Depuis longtemps, les artisans de Cat Dang ont réussi à valoriser leur métier ancestral à travers la production de tableaux laqués. Ces derniers mettent souvent l’accent sur les thèmes traditionnels, la beauté de la campagne, les vestiges historiques. Les linéaments dans les tableaux sont ingénieux et sont les témoins de la dextérité des artisans locaux. La résine utilisée pour les produits laqués provient des arbres à laque, nombreux dans les provinces de la moyenne région du Nord. La préparation de la résine joue un rôle particulièrement important pour la qualité finale d’un produit. Cette étape est à la charge d’ouvriers expéri-mentés et constitue un secret de fabrication au sein de chaque famille.

Outre les tableaux laqués, Cat Dang a également assis son prestige grâce à la production d’objets cultuels en bois laqués. Selon les personnes âgées du village, ces objets, encore présents dans les palais, les mausolées, les pagodes de Hanoï et de Huê, sont principalement l’œuvre des artisans de Cat Dang.

À la recherche de nouveaux produits

Après avoir travaillé le bois pour lui donner la forme souhaitée, les artisans commencent à laquer les produits. Afin d’obtenir une surface transparente et luisante, ils suivent scrupuleusement le tour de main imposé par la tradition, c’est-à-dire en superposant plusieurs minces couches de laque. Hors le temps réservé à la menuiserie, l’application de la laque dure environ un mois."Il faut en général passer 9-10 couches de laque. Après chaque couche, il faut poncer la surface avant d’enduire à nouveau", explique Truong Thi Tho, villageoise de Cat Dang.

Grâce à ce processus lent et minutieux, on obtient une laque solide et capable de résister au climat humide d’un pays tropical comme le Vietnam. "Les artisans doivent choisir la résine traditionnelle, c’est-à-dire un extrait des arbres à laque poussant dans la province de Phu Tho (Nord). Actuellement, il existe plusieurs résines produites de façon industrielle. Pourtant, seules les résines traditionnelles assurent la durabilité des produits", détaille Dinh Công Hiên, un artisan chevronné.

Pour valoriser le métier traditionnel des ancêtres, les artisans créent des produits originaux à base de bambou. Il y a peu, ils ont lancé des centaines de modèles de produits usuels ou de décoration comme tasses, bols, assiettes, plateaux, pots et vases.

Les produits de Cat Dang sont exportés vers de nombreux pays.
Photo: Vân Anh/CVN

Ces produits sont légers, à bas prix et durables. Tous les produits sont couverts par une peinture luisante avec des couleurs éclatantes. Chaque année, lors de foires organisées au Vietnam et à l’étranger, les artisans de Cat Dang présentent leurs produits dont les visiteurs sont devenus friands. "Nous fabriquons les produits sur commande. Pourtant, chaque année, nous lançons de nouveaux  modèles pour les présenter aux clients. Pour un produit de qualité, il faut assurer les étapes de  production des supports, et puis de la peinture. Chacune d’entre elles est strictement contrôlée", confie Dinh Thi Lê, propriétaire d’un atelier de fabrication de produits laqués à base de bambou.

Environ 15 étapes sont requises pour l’élaboration d’un tel produit. Les bambous sont trempés dans l’eau pendant des mois, puis séchés une semaine, afin de résister aux nuisibles, avant d’être façonnés. Ensuite, les ouvriers fendent les morceaux de bambou pour en obtenir des brins. Ils assemblent ces brins pour former les supports selon le modèle demandé. Il s’agit d’une des étapes qui garantissent la qualité du produit. Le support doit être conforme en matière de forme et de dimension.

"Il faut confectionner soigneusement les supports. Pour répondre aux critères techniques, les ouvriers travaillent avec prudence. Lorsqu’on fait le support d’un vase, on respecte strictement le modèle. Parfois, on doit le refaire à plusieurs reprises pour satisfaire les clients", affirme Lê Dinh Binh, un ouvrier.

Des commandes d’entreprises exportatrices

Actuellement, des centaines de familles à Cat Dang sont mobilisées pour confectionner les supports pour les entreprises spécialisées dans le bambou laqué. Tous les membres de la famille peuvent participer. Les femmes et les personnes âgées sont souvent responsables de la partie consistant à passer plusieurs couches d’un mélange collant sur la surface des supports. Cette la partie a pour but d’éviter les vides entre les brins assemblés. Ensuite, les supports sont séchés au soleil. Les objets sont laissés dans le four lors des journées maussades. "Le passage des couches du mélange collant doit être réalisé lors des jours ensoleillés. S’il pleut, cette étape est suspendue afin d’assurer la qualité des produits. J’exerce ce métier depuis 13 ans. Cette tâche n’est pas difficile, mais plutôt répétitive", souligne Pham Thi Tuyêt.

Après le façonnage, les supports sont transportés vers les entreprises où ils sont polis jusqu’à ce qu’ils soient lisses. La dernière étape est la pulvérisa-tion de la peinture sur le produit. Les ouvriers utilisent les résines industrielles pour les finitions. Pourtant, la superposition de plusieurs couches de peintures est toujours respectée pour que la couleur du produit ne s’estompe que très lentement sous les effets de la lumière et du temps. 

À travers les vicissitudes du temps, les artisans de Cat Dang, grâce à leur talent et leur technique, ont réussi à laisser leur empreinte sur l’ensemble du pays par leurs œuvres originales. Les produits sont exportés vers beaucoup de marchés étrangers comme les États-Unis, l’Union européenne, le Japon, la Russie et les pays de l’ASEAN. Cela contribue à valoriser les marchandises artisanales du Vietnam.
Vân Anh/CVN


 
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