03/06/2019 00:36
Les Êdê, une communauté polythéiste des hauts plateaux du Centre, sont fiers de leurs jarres en céramique. La valeur spirituelle de cet objet dépasse largement son utilité quotidienne.
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Le jarre en céramique des Êdê. Photo: VOV/CVN

Dans leur vie de tous les jours, les Êdê utilisent la jarre pour contenir de l’alcool. Mais s’ils en font l’acquisition, c’est surtout pour l’utiliser dans les cérémonies spirituelles, pour l’offrir à quelqu’un de très important ou pour augmenter leur fortune.

"Certaines jarres valent entre sept et dix buffles. Le nombre de gongs et de jarres dont dispose une famille traduit son degré de richesse", nous explique H’Be, conservatrice au musée de la province de Dak Lak. "Le nombre de buffles, de bœufs et d’éléphants en constitue une autre indication".

Y Bhiâo Mlô est une grande fortune de Buôn Hô, dans la province de Dak Lak. Il dispose d’une collection de jarres. Certaines ont été héritées de sa famille, mais la plupart ont été rachetées un peu partout. Leur valeur varie entre quelques centaines de milliers de dôngs (quelques dizaines d’euros) à des dizaines de millions de dôngs (mille euros et plus). Les jarres précieuses se raréfient, nous dit Y Bhiâo. Pour cause, la périclitation des rites traditionnels et le trafic d’antiquités.

Quatre types de jarres

"Je dispose d’une bonne vingtaine de jarres de quatre types différents. Les plus précieuses proviennent d’acquisitions récentes. Mes parents m’avaient légué aussi de très belles jarres mais malheureusement elles ont été détruites lors d’un incendie en 1973", raconte-t-il.

"Maintenant, il est très difficile de trouver des jarres précieuses. Moi, je suis prêt à payer le prix fort car j’éprouve un grand besoin de conserver ce patrimoine de notre communauté ethnique, non seulement pour les rites traditionnels, mais aussi pour conserver de l’alcool".

Les Êdê distinguent quatre types de jarres: les Tuk, les Tang, les Ba et les Bô. Plus elles sont anciennes, plus elles sont précieuses et susceptibles d’abriter des forces surnaturelles. Les jarres sont de sortie lors de toutes les fêtes, toutes les cérémonies spirituelles.

Après avoir fait l’acquisition d’une jarre et avant d’en vendre, les Êdê organisent une cérémonie, respectivement pour l’adopter en tant que membre de la famille puis pour lui dire adieu. Si par malheur, la jarre se brise, ils organisent une autre cérémonie pour s’en excuser auprès des divinités.
VOV/VNA/CVN
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