17/09/2016 16:29
La population confrontée aux massacres, viols et autres atrocités est contrainte de fuir le pays en proie à un conflit qui paraît insoluble.
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Le nombre de Sud-Soudanais ayant fui leur pays dévasté par la guerre a désormais dépassé le million. Un véritable flot de réfugiés gonflé par de nouveaux combats début juillet dans la capitale Juba. Comme l'a regretté le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, vendredi 16 septembre, en passant ce seuil symbolique, le Soudan du Sud a rejoint un cercle peu enviable comptant dans ses rangs la Syrie, l’Afgahnistan ou la Somalie, pays ayant également dépassé le million de réfugiés.

Des soldats de l'ONU sont déployés au Sud-Soudan pour aider la population victime de la guerre civile. Photo : AFP/VNA/CVN

L'exode provoqué par la guerre civile

Depuis que le pays a accédé à l'indépendance en 2011, un million de réfugiés ont été comptabilisés. Une grande majorité d'entre eux a quitté le pays à cause de la guerre civile qui a éclaté en décembre 2013. Ce conflit politico-ethnique a fait des dizaines de milliers de morts et a été marqué par d'innombrables viols et autres atrocités. Quelque 1,6 million de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont par ailleurs quitté leurs foyers pour se réfugier dans d'autres régions du pays, selon le HCR, alors que les autorités locales empêchent l'ONU et les humanitaires d'accéder à des zones dans le besoin : plus d'un tiers de la population fait face à une insécurité alimentaire sans précédent, selon l'ONU.

Un accord de paix signé en août 2015 avait fait naître de timides espoirs de pacification du pays, et fin avril, l'ex-rebelle Riek Machar était revenu dans la capitale Juba en tant que vice-président pour former un gouvernement d'union nationale avec le président Salva Kiir. Mais de nouveaux combats à l'arme lourde ont éclaté à Juba début juillet entre les forces de Salva Kiir et celles de Riek Machar. Vaincu militairement dans la capitale, ce dernier a fui Juba. Ailleurs dans le pays, les combats n'avaient jamais totalement cessé, notamment entre les milices.

"Les violences de juillet ont été un revers majeur pour les efforts de paix au Soudan du Sud", a commenté le HCR dans un communiqué. "Les combats ont brisé les espoirs de réelle avancée et provoqué une nouvelle vague de déplacements et de souffrance".

La communauté internationale appelée à l'aide

Plus de 185 000 Sud-Soudanais ont fui leur pays depuis les combats de juillet, principalement vers l'Ouganda, mais aussi l'Éthiopie, le Kenya, la République démocratique du Congo (RDC) et la République centrafricaine. "Cela inclut des personnes ayant survécu à des attaques violentes, des agressions sexuelles, des enfants séparés de leurs parents", a assuré le HCR. "De nombreux réfugiés arrivent épuisés après avoir marché des jours en brousse sans eau ni nourriture".

Avec plus de 370.000 réfugiés, l'Ouganda, voisin méridional dont la frontière est à quelque 200 kilomètres de la capitale Juba, est le pays accueillant le plus grand nombre de Sud-Soudanais. "La communauté internationale et les organisations régionales doivent agir vite pour mettre un terme à ces violences", a déclaré le ministre ougandais pour les Désastres et les Réfugiés, Musa Ecwecu. "Nous avons continué à garder nos portes ouvertes, mais nos ressources ne sont pas à la hauteur du nombre de réfugiés. Nous faisons dès lors appel aux partenaires internationaux (...), les donateurs doivent augmenter le financement", a-t-il ajouté.

L'ONU s'inquiète de la situation

Malgré de sérieuses réticences, le gouvernement sud-soudanais s'était engagé le 4 septembre, à l'occasion d'une visite du Conseil de sécurité de l'ONU, à accepter le déploiement d'une force régionale de 4.000 hommes qui doit venir renforcer la force de l'ONU au Soudan du Sud et ses 12 000 soldats. Mais dès le lendemain, le porte-parole du gouvernement déclarait que le nombre de soldats figurait parmi les questions sur lesquelles Juba souhaite encore négocier.

Mercredi 14 septembre, les États-Unis ont à nouveau brandi la menace d'un embargo sur les armes si Juba refusait le déploiement. Plusieurs membres de la société civile sud-soudanaise ayant rencontré à Juba les représentants du Conseil de sécurité ont par ailleurs fui le pays depuis, craignant les représailles du gouvernement après la disparition de l'un d'eux.

Jeudi 15 septembre, une délégation du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'était inquiétée "de la lenteur de la mise en place de l'accord de paix, fondamentale pour mettre un terme au conflit [et] aux violations des droits de l'homme, et pour parvenir à la normalisation de la vie des Sud-Soudanais".

AFP/VNA/CVN
 
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