10/01/2020 17:00
Le français conserve une place importante dans le monde, malgré des faiblesses dans les sciences, le droit commercial et les relations internationales. Le pessimisme entretenu par ceux qui tombent dans la nostalgie n’a pourtant pas eu raison de l’usage de la langue de Molière.
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Le célèbre géographe français Onésime Reclus, dans son livre La France, l'Algérie et les colonies, a utilisé, en 1880, pour la première fois, le terme de "Francophonie", pour décrire l'ensemble des peuples francophones. La Francophonie vient du mot francophone qui caractérise une personne qui parle français. La francophonie, ou monde ou espace francophone désigne l’ensemble des personnes et des institutions qui utilisent le français comme langue de première socialisation, langue d’usage, langue administrative, langue d’enseignement ou langue choisie.

La langue française
conserve une place importante dans le monde


Des étudiants dans un lycée français à l'étranger. Photo : MAXPPP/CVN

L’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) a été créée le 20 mars 1970, à Niamey, au Niger, sur le thème "Égalité, complémentarité et solidarité", par les représentants de 21 États et gouvernements sur l’influence des chefs d’État africains Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Habib Bourguiba (Tunisie), Diori Hamani (Niger) et du Prince Norodom Sihanouk (Cambodge). L’ACCT deviendra en 1997, au Sommet de Hanoï, Vietnam, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) et, à partir de 2005, quand  la Charte de la Francophonie a été révisée par la Conférence ministérielle à Antananarivo, Madagascar, a reçu le nom d’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui regroupe des pays ayant la langue française en commun.

Quatre-vingt-huit États et gouvernements (54 membres, 7 associées et 27 observateurs) ont choisi de souscrire à la Charte de l’OIF. Le dernier rapport en date de "L’Observatoire de la langue française", publié en 2018, estime à 300 millions le nombre de locuteurs en français dans le monde.

La francophonie représente une communauté unique qui, fondée sur le lien d’une langue commune, développe une coopération politique, économique et culturelle entre ses membres.

La langue française, avec l’anglais, est la seule parlée sur les cinq continents et reste une langue de travail dans les organisations internationales, tant en Europe qu’en Afrique, où elle occupe une place particulière, notamment dans l’Union africaine et dans de nombreux pays du continent. Elle a le privilège d’être reconnue dans le monde entier comme une grande langue de civilisation. C’est grâce à cette réputation que le français s’est répandu à grande échelle, et est présent dans le système éducatif sur tous les continents. Environ 60 millions d’étudiants l’apprennent dans des établissements d’enseignement du français, avec la participation d’environ un million d’enseignants.

"Le monde francophone avance et avancera, avec la France - ou malgré elle. C’est vrai sur tous les plans - économique, politique, linguistique. Le réveil économique de l’Afrique sera l’un des chapitres les plus féconds de la grande histoire géopolitique du XXIe siècle, et cette histoire s’écrira largement en français - avec ou sans la France", a estimé Jean Benoit Nadeau, auteur et journaliste québécois, le 25 mars 2019 dans sa  Chronique francophone.

Priorités et piliers

Les chefs d'État et de gouvernement au XVIIe Sommet de la Francophonie en octobre 2018 à Erevan en Arménie. Photo : OIF/CVN

La francophonie s’est fixée comme objectif de créer un espace de solidarité fondé sur les principes de l’humanisme, de la démocratie et du respect de la diversité culturelle et linguistique.

Organisation à vocation universelle, la communauté francophone s’ouvre par nature sur le monde et les peuples. Fondamentalement, son objectif est de rassembler, autour des valeurs de fraternité, de tolérance et d’universalité, des pays ayant des histoires, cultures et niveaux de développement très différents, mais qui veulent tous affirmer leur identité dans le monde globalisé d’aujourd’hui.

La paix, la démocratie et les droits de l’homme sont les piliers de l’action politique de la francophonie qui s’appuie sur deux textes de référence : “La Déclaration de Bamako” (2000) sur la démocratie, les droits et libertés, et la “Déclaration de Saint-Boniface” (2006) sur la prévention des conflits et la sécurité humaine.

L'autorité politique dominante de la francophonie est la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de langue française (le sommet), qui se réunit tous les deux ans dans un pays différent et fixe les principales orientations du mouvement pour les deux années suivantes. Le dernier sommet s'est tenu à Erevan, en Arménie, en octobre 2018. À cette occasion, une nouvelle secrétaire générale de la francophonie a été élue, Madame Louise Mushikiwabo, ex- ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Rwanda. Le futur Sommet sera organisé à Tunis, en 2020, où seront célébrés les 50 ans de la Francophonie, autour du thème "La digitalisation dans le monde francophone". À la fin du mois d’octobre 2019, à Monaco, s’est déroulée une Conférence ministérielle de la Francophonie, mouvement en plein processus de réforme.

Les programmes de la francophonie mettent l’accent sur cinq priorités : la démocratie, la culture, l’éducation, le développement économique et la diffusion mondiale de la langue française.

Représentation artistique en l'honneur de la Journée de la Francophonie, le 20 mars 2019 à Hanoï. Photo : VNA/CVN

Cependant, les sommets précédents ont accru le rôle politique de la francophonie, qui se concentre maintenant sur deux priorités. L’une est le renforcement de la démocratie et de la primauté du droit dans la communauté francophone. L’autre est de promouvoir la diversité linguistique et culturelle.

L’objectif est de prévenir les risques de mondialisation qui exacerbent les inégalités et la destruction des identités et de faire en sorte que, au contraire, la diversité contribue au développement et au dialogue entre les cultures.

Les chefs d’État et de gouvernement estiment que les biens culturels ne peuvent être réduits uniquement à leur dimension économique ou commerciale, et que les États et les gouvernements ont le droit d’établir librement leurs politiques culturelles, en décidant des moyens et outils nécessaires à leur mise en œuvre.

La synergie entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), organe consultatif, et les opérateurs spécialisés - l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), TV5MONDE (chaîne internationale de télévision), l’Université Senghor d’Alexandrie et l’Association internationale des maires francophones - a produit des résultats intéressants.

L’OIF, basée à Paris, dispose de quatre représentations permanentes : à Addis-Abeba (auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique), à Bruxelles (auprès de l’Union européenne), à New York et à Genève (auprès de l’ONU). Elle comprend également trois bureaux régionaux (en Afrique de l’Ouest, Afrique centrale et Océan indien, et Asie-Pacifique), situés respectivement à Lomé (Togo), Libreville (Gabon) et Hanoï (Vietnam), et deux antennes régionales à Bucarest (Roumanie) et à Port-au-Prince (Haïti).

L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et le ministère vietnamien de l’Éducation et de la Formation ont signé, le 5 novembre 2019, à Hanoï, un accord-cadre sur le renforcement de leurs activités de coopération. Cet accord avait été décidé lors de la 13e Assemblée générale de la Conférence des recteurs de l’AUF en Asie-Pacifique (CONFRASIE), tenue le 7 mai à Hô Chi Minh-Ville. L’accord-cadre cherche à aider les établissements vietnamiens dans plusieurs domaines : formation, recherche et gouvernance universitaire, insertion professionnelle et employabilité des étudiants diplômés, rôle de l’université dans le développement de la société. L’AUF compte actuellement près de mille universités membres réparties dans 116 pays.

L'OIF a signé quelques douzaines d’accords de coopération avec des organisations internationales et régionales et a établi un dialogue permanent avec les grandes communautés linguistiques internationales anglaise, portugaise, espagnole et arabophone.

En 2019, la Semaine de la Francophonie s’est tenue au Vietnam, en mars, en coordination avec l'ambassade de France au Vietnam. Des concours ont été organisés, comme une exposition/concours de photographie sur l’architecture de Hanoï et la finale du concours de dictée en français, tous ont été accompagnés de nombreux prix attractifs, présentations de livres, d'expositions, de conférences, de concerts, avec la participation de l’Institut Français du Vietnam, du Lycée Français et des ambassades des pays francophone à Hanoï. Les dimensions gastronomique et sportive étaient également à l’honneur avec l’aménagement d’un espace sur la place Ly Thai Tô.
 
Participation de la Roumanie

La “Place de la Francophonie” au centre de Bucarest en Roumanie.
Photo : Emil Ghitulescu/CVN

Chaque année, en mars, de nombreux pays célèbrent la fête de la francophonie. Parmi eux, la Roumanie, qui était le siège du Sommet de la Francophonie en septembre 2006.

À cette occasion, le gouvernement roumain a décidé d’attribuer des bourses “Eugen Ionescu” pour les études doctorales et postdoctorales à l’un des chercheurs des universités membres de l’AUF. Ces 12 dernières années, ont été accordées 1.000 bourses aux étudiants du monde francophone, particulièrement ceux venus d’Afrique.

En Roumanie, plus de 25% de la population parle le français, un record pour un pays où cette langue n’est pas officielle. En mars 2013, la Roumanie a célébré les 20 ans de son entrée dans la Francophonie. Et, pour bien marquer l’évènement, les autorités roumaines ont donné à l’une des places les plus centrales de Bucarest le nom de “Place de la Francophonie”, seul espace public de la francophonie dans une capitale européenne.

Bucarest est le siège de certaines institutions régionales importantes de la Francophonie. On y trouve particulièrement l’Antenne régionale de l’OIF, qui est devenue, à partir de septembre 2014, le Bureau régional de l’OIF pour six États membres et 17 États observateurs d’Europe centrale et orientale ; et l’AUF pour l’Europe centrale et orientale.

La Roumanie accorde une attention particulière au développement de la dimension régionale, considérant que les valeurs et les pratiques de la francophonie, fondées sur le dialogue et la solidarité, contribuent à la stabilité et à la consolidation des institutions démocratiques dans la région.

Pr-Dr Ambassadeur Emil Ghitulescu/CVN
(Chef de l’ambassade de Roumanie à  Hanoï)

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