11/09/2015 18:34
La France a confirmé jeudi 10 septembre la fin immédiate de ses soutiens aux projets de centrales à charbon sans capture de CO2, en lançant en grande pompe la mobilisation française pour la conférence sur le climat, qui ouvre au Bourget dans un peu plus de 80 jours.

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Cour d'honneur fendue par un long tapis vert, drapeau de la Cop21 sur le perron : l’Élysée a mis les formes pour afficher "la mobilisation et l'unité de l'équipe France dans la dernière ligne droite", au cours d'une matinée d'échanges en présence de 400 invités sous les ors de la salle des fêtes du palais présidentiel.

"Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement la qualité de la vie, c'est la vie des populations, des territoires, des biosystèmes", a souligné François Hollande.

Rappelant une nouvelle fois l'enjeu de la conférence, le président français a averti : "C'est tard, c'est peut-être trop tard", avant d'évoquer "un risque majeur que nous échouions".

Le président François Hollande (gauche) et le photographe Yann Arthus-Bertrand lors d'un évènement visant à préparer la COP21, le 10 septembre  au palais de l'Élysée, à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

Le chef de l’État français, qui s'exprimait devant un parterre d'élus, d'ONG, de scientifiques, d'artistes, de chefs d'entreprises ou de responsables religieux, a également promis que la France serait "à l'initiative" pour promouvoir une taxe européenne sur les transactions financières.

Le produit de cette taxe, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2016 mais est d'ores et déjà retardée, doit aller en partie au financement de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en développement.

Ouvrant ce rendez-vous à l’Élysée, le Premier ministre Manuel Valls a confirmé la suppression "immédiate" des crédits à l'exportation pour les centrales à charbon dénuées de dispositifs de capture et de stockage du CO2, qui bénéficiaient à Alstom.

La promesse, faite par François Hollande fin 2014 pour réduire l'usage de la plus polluante des grandes énergies fossiles, sera donc tenue.

Pas le droit d'échouer

Les ONG environnementales, pointant l'exemplarité nécessaire de la France, hôte de la COP, réclamaient depuis des mois qu'elle le soit, craignant de voir le gouvernement reculer en raison des menaces éventuelles sur l'emploi chez Alstom.

Le WWF, Oxfam, la Fondation Hulot, le Réseau Action Climat (RAC), France Nature Environnement ont salué jeudi 10 septembre "une première mondiale", "appelant la France à agir sans plus attendre pour tirer vers le haut les positions au sein de l'UE" et à l'OCDE.

Satisfaction aussi après l'annonce concernant la taxe sur les transactions financières, qui "pourrait régler en partie le problème des financements" dans les pays pauvres si elle concernait aussi la taxation des produits dérivés, a souligné Matthieu Orphelin de la Fondation Hulot.

Lors de la conférence de Paris, quelque 195 États et l'UE tenteront, sous l'égide de l'ONU, de s'accorder pour limiter le réchauffement planétaire, dû aux émissions de gaz à effet de serre pour une large part liées à l'usage d'énergies fossiles.

"On a une chance" d'aboutir, "on n'a pas le droit d'échouer", a souligné le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, "le 11 décembre, il faut que je sois capable de soumettre aux 196 parties un texte (...). Oui c'est possible, c'est indispensable, c'est très compliqué mais tout le monde est mobilisé".

Laurence Tubiana, la négociatrice française, a rappelé que le contexte est plus favorable que celui de la conférence de Copenhague de 2009 : "Les grands pays émergents qui n'étaient pas décidés à Copenhague le sont (...) et il y a une immense mobilisation, des collectivités locales, des entreprises..."

Au nom des ONG, le RAC a pointé l'urgence des décisions, rappelant que le monde est loin de tenir son objectif de limiter à "2° la hausse du réchauffement : on n'est pas assez entendus", a dit sa porte-parole, Alix Mazounie, relevant les inégalités mondiales face aux impacts du dérèglement climatique.

La conférence de Paris devra être un moment de "vérité", "où on sort des mots et on entre dans les actions", a dit Nicolas Hulot. "L'autre mot-clé c'est "solidarité+: nous sommes condamnés à partager nos richesses et nos technologies", a-t-il insisté. 
AFP/VNA/CVN
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