20/02/2017 17:08
Des télésièges aux canons à neige, le décollage du ski en Chine est une aubaine pour les entreprises françaises, qui profitent d'une frénésie d'ouvertures de pistes avant les JO 2022 et convoitent un marché colossal.
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Un skieur devant le panneau de la candidature de la Chine aux Jeux olympiques d'hiver sur une piste de ski à Chongli, près de Zhangjiakou, province de Herbei, le 18 janvier 2015. Photo : AFP/VNA/CVN

Après avoir décroché l'organisation des jeux Olympiques d'hiver, qui auront lieu à Pékin et aux alentours, le pays voit grand : il entend avoir 1.000 stations d'ici quinze ans et mettre 300 millions de Chinois aux sports de glisse.

Pour l'instant, ils ne sont que 5 à 6 millions à avoir découvert les joies de la poudreuse - sur neige le plus souvent artificielle - et sur les 200 sites skiables que compte la Chine, seuls 77 possèdent plus de quatre remontées mécaniques.

Pour les équipementiers français, "l'enjeu est évidemment considérable (…) et le potentiel est délirant", s'enthousiasme Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en visite sur place la semaine dernière à Pékin. "Les Chinois entament ce qu'on a accompli dans les années 1970 (dans les Alpes, ndlr). Cela force le respect".

Le fabricant de transport par câble Poma profite déjà de l'essor des commandes de télésièges et télécabines : sur cinq à dix projets qu'il entame chaque année en Chine, trois concernent des stations de ski.

Le groupe isérois a ainsi équipé une imposante station à Yabuli (Nord-Est), où le Club Med est également implanté. "Désormais, on regarde les futurs sites olympiques", indique Jean Souchal, président du directoire de Poma.

Des skieurs sur la future zone olympique de de Zhangjiakou le 17 janvier 2015. Photo : AFP/VNA/CVN

Poma, qui possède une usine à Pékin, a décroché la semaine dernière un méga-contrat dépassant 200 millions d'euros sur cinq ans, pour fournir les remontées du domaine skiable de la station de Thaïwoo.

«Savoir-faire alpin»

Situé dans la future zone olympique à Zhangjiakou, à 200 km de Pékin, Thaïwoo doit comprendre à terme 200 pistes, 45 remontées et s'étendre sur 40 km² - un chantier d'au moins une décennie estimé à 2,7 milliards d'euros.

Dans la même localité, le français MND - dont les produits vont des enneigeurs aux télécabines - a dévoilé un contrat de 110 millions d'euros pour l'aménagement de la future station Snowland.

De son côté, la Compagnie des Alpes (CDA), propriétaire en France de 11 domaines skiables réputés (Tignes, Méribel, les Arcs...), a signé un protocole d'accord avec Thaïwoo en vue d'intensifier leur coopération entamée depuis 2015.

Le groupe assure sur ce site, ainsi qu'auprès d'une station du nord-est chinois, des missions de conseil et de "transfert d'expérience", précise Jean-Marc Farini, directeur des projets à l'international de la CDA.

"On apporte le savoir-faire qu'on a développé depuis un demi-siècle dans les Alpes françaises et que les Chinois ne possèdent pas", fait-il valoir.

Skieurs près du site de ski alpin de Zhangjiakou, à 200 kilomètres de Pékin, le 17 janvier 2015. Photo : AFP/VNA/CVN

La Compagnie des Alpes participe à la conception des pistes, aide à améliorer la qualité du damage, et joue les intermédiaires avec des partenaires français pour mettre sur pied formations de ski, équipes de moniteurs et de secouristes.

Des professions inédites en Chine, mais auxquelles le public local, avide de sécurité, prête attention. "Thaïwoo communique abondamment sur ses équipements français et sur l'inspiration française de son école de ski", sourit M. Farini.

«Vitrine» olympique

Derrière la récente salve de contrats, perce la forte implication du régime communiste, soucieux de réussir ses JO malgré l'absence d'une culture locale des sports d'hiver.

"Techniquement, les Chinois sont capables de faire beaucoup, mais ils visent aussi un succès populaire. Pour eux, hors de question d'avoir les JO et ne pas égrener des médailles", déclare Patrick Kanner, ministre français des Sports.

Pour l'emblématique fabricant de skis Rossignol, la Chine reste un marché embryonnaire, où la plupart des skieurs – débutants - louent leur matériel : le groupe n'y écoule que quelques dizaines de milliers de paires de skis sur les plus de 700.000 qu'il produit chaque saison.

"Des volumes non significatifs, mais ce sont de belles prémices: il y a une énergie énorme autour des sports d'hiver, à nous d'alimenter cette passion grandissante", confie Alan Daniel, directeur à l'export de la marque.

Le fait de fournir l'équipe nationale chinoise de ski pourrait offrir à Rossignol un éclairage bienvenu en 2022: de l'avis général, la vitrine olympique sera le meilleur accélérateur du "snow business" en Chine.

AFP/VNA/CVN



 
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