29/10/2017 08:47
Âgée de 32 ans, Nguyên Thi Thu Thuong ne mesure que 80 cm et pèse 20 kg. Depuis sa naissance, elle n’a jamais pu marcher, mais sa force vitale rend tout le monde admiratif.
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Le centre Thuong Thuong, créé par Nguyên Thi Thu Thuong (à droite), offre des cours de formation professionnelle gratuits à environ 80 élèves handicapés.

Plus connue sous le nom de la «maladie des os de verre», l’ostéogenèse imparfaite est une maladie génétique rare. Une grande fragilité osseuse la caractérise. Malgré son infirmité, Nguyên Thi Thu Thuong a toujours souhaité avoir un travail et une vie normale. Depuis 10 ans, elle a toujours rêvé d’ouvrir un centre de formation professionnelle. Fin 2013, son rêve est devenu réalité. Sa société est certes de petite envergure, mais elle apporte une aide considérable aux personnes défavorisées comme elle.

Surmonter les préjugés

Thu Thuong est la 2e fille d’une famille de quatre enfants, dont le père est ouvrier et la mère est femme au foyer. «Le jour où Thu Thuong a vu le jour, ses cris montraient qu’il s’agissait d’une petite fille anormale», se rappelle sa mère. Sa maladie a été dépistée à l’âge de 3 ans. Son enfance se résume à une série de séjours douloureux à l’hôpital à cause de ses nombreuses fractures des os.

La petite fille est soignée dans tous les hôpitaux, mais la situation est désespérée, parce que la médecine ne possède aucun remède. En grandissant, sa tête s’agrandit normalement, mais son corps, lui, ne croît pas. Du matin au soir, elle ne bougeait guère et restait dans un seul endroit. Toutes les activités du quotidien sont encore réalisées par sa mère et le fauteuil roulant est son unique moyen de déplacement.

N’acceptant pas de s’apitoyer sur son sort et en dépit du désaveu de son entourage, la «fille de cristal» décide de travailler pour ne dépendre de personne. Une idée que ses parents acceptent, non sans inquiétude. Thu Thuong décide de suivre des cours au centre Vi Ngày Mai (Pour l’avenir), qui donne une formation professionnelle à de jeunes handicapés. À raison de trois séances par semaine, elle se rend à l’école grâce à l’aide de ses parents.

Son rêve ne s’arrête pas là

Le centre Thuong Thuong, d’une superficie de 200 m², se situe dans la commune de Nam Phong, district de Phu Xuyên.

Afin de compenser ses déficiences, Thu Thuong s’est imposée une discipline de fer et est devenue une élève brillante. Rapidement, elle a pu fabriquer elle-même divers objets  comme lampes, pochettes de téléphone portable tricotées, chaperons ainsi que chaussures en laine pour les nouveau-nés, entre autres. Le tout avec des motifs ornementaux et une petite touche d’originalité. Lorsqu’elle a pu gagner un peu d’argent avec cette activité, Thu Thuong a souhaité ouvrir un centre de formation professionnelle à l’intention des personnes handicapées.

Ses économies en poche, et avec le soutien de généreux donateurs privés, elle ouvre en 2013 le centre Thuong Thuong. Un succès inattendu. Le plus difficile a été de persuader ses parents. «La rencontre avec l’Australien Nick Vujicic, né sans bras ni jambes, de passage au Vietnam en 2013, a permis de convaincre mes parents», se rappelle Thu Thuong.

Le centre Thuong Thuong, d’une superficie de 200 m², se situe dans la commune de Nam Phong, district de Phu Xuyên (à une trentaine de kilomètres du centre de Hanoï). Il a accueilli et offert des cours de formation professionnelle gratuits à environ 80 élèves, venus des districts de Phu Xuyên, des provinces de Bac Kan, Ninh Binh, Bac Giang et Hoà Binh. Leurs travaux tournent autour de la confection de cartes-postales et de boîtes à bijoux en paperolles, avec un salaire mensuel variant entre 800.000 et 2,5 millions de dôngs.

Travaillant depuis plus un an, Nguyên Thi Thanh Vân ne cache pas son bonheur de faire partie du centre. «En plus d’avoir l’opportunité de faire de nouvelles rencontres, le centre Thuong Thuong m’a aidé à aplanir les difficultés financières de ma famille», partage-t-elle.

«Je suis très heureuse de travailler au centre Thuong Thuong. Ici, je peux gagner de l’argent pour épauler mes parents et ma famille dans la vie de tous les jours», confie My Linh, venue de la province de Phu Tho. Pour Nguyên Van Quynh, qui souffre d’atrophie musculaire, «il s’agit d’un travail parfaitement adapté à ma santé et je compte m’y engager pendant une longue durée».

«Sans emploi, ma vie serait extrêmement fastidieuse, assure Thu Thuong. Ma vie a complètement changé avec ce travail qui convient à mes capacités. Mon désir le plus cher est de montrer que les personnes handicapées peuvent non seulement travailler, gagner de l’argent afin de subvenir à leurs besoins mais aussi accomplir bien plus si elles le souhaitent ! Le succès est à portée de main pour quiconque a suffisamment d’énergie et de persévérance».

Texte et photos : Câm Sa/CVN
 
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