24/02/2018 14:00
La danse est partie intégrante de la culture et de l’histoire du Vietnam. Les danses folkloriques sont exécutées et chéries aux quatre coins du pays. L’âme et la culture de chaque ethnie transparaissent à travers cette forme artistique.

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Le numéro de danse "Nâm bao mua" présenté lors du deuxième Festival international de danse, le 16 septembre 2017 à Ninh Binh (Nord).
Photo : Duc Phuong/VNA/CVN

Personne ne connaît la date exacte de la naissance de la danse folklorique. Pourtant, les experts estiment qu’avant le Xe siècle, elle était surtout liée à des rituels religieux. Elle connut ensuite un développement important tant au sein de la population qu’à la cour royale. Pratiquée généralement par des paysans lors de fêtes villageoises, elle faisait l’objet d’une attention toute particulière à la cour. En effet, en 1025, le roi Ly Thai Tô (974-1028) a créé la fonction de Quan giap, chargé de soutenir les danseurs amateurs. C’était à cette époque-là qu’apparaissaient les premières troupes de danse populaire.

Promouvoir l’identité des ethnies

À l’instar de la dynastie des Ly (1009-1225), celle des Trân (1225-1400), qui lui a succédé, a encouragé la danse folklorique, considérée comme élément fédérateur de la population et de l’unité nationale.

Sous le règne des Nguyên (1802-1945), la dernière dynastie  royale vietnamienne, la séparation entre la danse folklorique et la danse royale a clairement été opérée. Si la première exprimait les us et coutumes populaires, la deuxième mettait en valeur les symboles royaux.

Lors du deuxième festival international de danse organisé en septembre 2017 dans la province de Ninh Binh (Nord), les artistes vietnamiens ont présenté des spectacles impressionnants inspirés des danses traditionnelles des ethnies H’mông, Dao et Thai à travers des numéros tels que Nâm bao mua (Les champignons annonçant la pluie), Choi trông (Pratique du tambour) et Môt ngày trên ban (Un jour dans le village), pour ne citer qu’eux. Les spectateurs vietnamiens et étrangers ont pu admirer les couleurs et ressentir le langage du corps exprimés par le talent des artistes, ainsi que par la minutie des chorégraphies.

Beaucoup de jeunes désirent actualiser la mise en scène de leur performance en insufflant une nouvelle vitalité, des couleurs plus audacieuses pour une image innovante de la danse ethnique.
Photo : VNA/CVN

La danse folklorique a contribué à la présentation et à la promotion de l’identité et de la culture des ethnies vietnamiennes aux amis étrangers lors, notamment, de festivals internationaux de danse. Ces dernières années, beaucoup de concours et festivals sur cette forme de danse ont été organisés.

Fin 2016, l’Association des danseurs du Vietnam a organisé un concours de danse professionnelle des ethnies minoritaires de la région Nord. Dans le cadre de cet événement, un colloque intitulé “De la danse folklorique des ethnies minoritaires à la danse professionnelle” a eu lieu. Une bonne occasion pour les compositeurs, chorégraphes et artistes d’échanger des expériences, en particulier en matière de composition d’œuvres sur les groupes ethniques, tout en contribuant à proposer des orientations futures du développement de la danse au Vietnam.

Aux dires d’experts, les danses folkloriques vietnamiennes sont en danger, même si l’Association des danseurs vietnamiens veille au grain. Lors des concours comme festivals organisés par cette association, les artistes ont créé de nombreuses chorégraphies célébrant le folklore des ethnies minoritaires du Vietnam, dont le Sila, le Dan Lai, le San Chay et le Pa Di notamment. Cependant, “en combinant la danse traditionnelle à la modernité pour la rendre plus accessible au public, certains artistes, notamment les jeunes, ont créé l’effet inverse désiré, provoquant un malaise chez le public”, a souligné le critique de danse Thai Phiên.

Un patrimoine culturel à conserver

Afin d’être au plus près de la réalité lors des représentations sur scène, nombreux sont ceux qui ont sillonné les régions montagneuses afin de découvrir la richesse de la danse folklorique nationale. C’est en vivant chez et avec les habitants des villages que l’on peut saisir leur réalité, comprendre leur vie, leurs sentiments, leurs coutumes, en d’autres termes, leur identité.

Ce n’est pas chose facile que de raconter l’histoire culturelle des ethnies minoritaires à travers une œuvre de danse. Le vice-président de l’Association des danseurs vietnamiens, l’"Artiste du Peuple" Ung Duy Thinh, a fait grand cas des efforts de l’enseignant Nguyên Thi Thanh Mai, de l’École supérieure de la culture et des arts de Viêt Bac (province de Thai Nguyên, Nord). En plus de transmettre sa passion de l’art aux jeunes générations, elle a mené des études extrêmement poussées sur le sujet. Elle s’est aussi rendue dans les régions montagneuses de la province de Tuyên Quang (Nord) et elle a partagé la vie des habitants de l’ethnie Dao. Son œuvre, inspirée du rite de la piété filiale (lê bao hiêu) des Dao à vis-à-vis des grands-parents et des ancêtres, a conquis les spectateurs avec ses mouvements de danse très animés. Particulièrement, cet ouvrage a été interprété par des enfants de l’ethnie Dao.

"L’exploration, la création et la +mise à jour+ de la jeune génération en matière de danse folklorique méritent le respect. Au lieu de critiquer le fait que la jeune génération combine la danse traditionnelle à la modernité, il vaudrait mieux que des artistes connus puissent l’aider dans la préservation et la promotion de la danse nationale", a déclaré Ung Duy Thinh.

Dans de nombreux programmes télévisés actuels, en particulier les programmes de téléréalité, s’il y a des numéros artistiques inspirés d’éléments traditionnels, ces programmes attireront immédiatement l’éloge de médias et l’approbation du public. Avec l’art populaire, c’est la même chose : beaucoup de jeunes désirent actualiser la mise en scène de leur performance en insufflant une nouvelle vitalité, des couleurs plus audacieuses pour une image innovante de la danse ethnique.

Et pour préserver et promouvoir ce folklore, il est nécessaire que davantage d’enthousiasme existe non seulement parmi les artistes, mais aussi les responsables en charge de la gestion et de l’organisation des “terrains de jeu” et autres scènes de performance pour les artistes.
 
Phuong Nga/CVN
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