30/04/2021 14:51
Les États-Unis ont commencé à se relever de la crise économique liée au COVID-19, et la croissance du PIB au premier trimestre, tirée par les plans de relance du gouvernement et par la vaccination, n'est qu'un avant-goût de ce que devrait être le reste de l'année.
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Le port de Los Angeles (Californie) le 19 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Produit intérieur brut a enregistré une hausse de 6,4% en rythme annualisé entre janvier et mars, grâce notamment aux fortes dépenses des consommateurs, selon la première estimation du département du Commerce américain publiée jeudi.

C'est plus que les 4,3% du quatrième trimestre 2020. En excluant le bond exceptionnel de 33,4% au deuxième trimestre 2020, il s'agit même de la plus forte croissance trimestrielle depuis juillet 2003.

"La croissance du PIB au premier trimestre reflète la poursuite de la reprise économique, la réouverture d'établissements et la réponse du gouvernement à la pandémie du COVID-19", détaille le département du Commerce dans son communiqué.

Entre janvier et mars en effet, les ménages et les entreprises ont reçu des aides financières versées dans le cadre de deux plans de relance, l'un adopté à la toute fin du mois de décembre, l'autre voté début mars.

Les Américains ont ainsi vu leur revenu disponible bondir de 67% par rapport au trois derniers mois de 2020, la plus forte hausse jamais enregistrée.

Ils ont utilisé cet argent pour acheter des voitures, des meubles, des ordinateurs, ont mangé au restaurant - sur place ou à emporter - et ont recommencé à voyager, en témoigne la hausse des dépenses en nuits d'hôtel.

Cela a permis de traverser l'hiver malgré la hausse des cas de contamination au COVID-19, qui avaient de nouveau perturbé l'activité économique.

Et la campagne de vaccination, menée tambour battant avec désormais près d'un tiers de la population entièrement vaccinée, tire également la reprise.

"Cocktail solide"

Cette croissance n'a toutefois pas encore tout à fait permis à la première économie du monde de retrouver son niveau de PIB d'avant la crise, il "est 3,8% sous sa tendance pré-pandémique", détaille Jason Furman, ancien conseiller économique du président Barack Obama, dans un tweet.

Les États-Unis privilégient la croissance du PIB en rythme annualisé, qui compare au trimestre précédent puis projette l'évolution sur l'année entière à ce rythme.

D'autres pays préfèrent simplement comparer au trimestre précédent : la hausse du PIB est alors de 1,6% pour les États-Unis et 0,6% pour la Chine. Celui de la France, qui sera publié vendredi 30 avril, ne devrait pas dépasser 1% - le consensus d'analyste compilé par Factset table sur un petit 0,1%.

La réouverture de l'iconique Pink's Hot Dogs de Los Angeles (Californie) le 1er mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Début 2021, l'économie américaine a bénéficié d'un cocktail solide d'amélioration des conditions de santé et de vaccinations rapides, ainsi que d'une dose pétillante de relance budgétaire et d'un flux constant de soutien de la politique monétaire", a commenté Gregory Daco, analyste pour Oxford Economics, dans une note.

Et le meilleur reste à venir, prévient-il : "en 2021, l'économie (américaine) devrait croître d'environ 7,5% -sa meilleure performance depuis 1951- avec des dépenses de consommation augmentant de plus de 9%, un record".

Pour assurer la croissance et l'emploi, l'administration Biden compte sur des plans d'investissement colossaux, que le président américain a détaillé mercredi soir : un "projet pour les familles américaines" de 1.800 milliards de dollars sur 10 ans, et un large plan d'investissements dans les infrastructures de 2.000 milliards de dollars.

Il leur faudra cependant être adopté par le Congrès, ce qui est loin d'être gagné.

Les prix grimpent

Les prix à la consommation ont eux déjà commencé à grimper, l'inflation s'accélérant à 3,5% sur un an au 1er trimestre, contre 1,5% au quatrième trimestre 2020, selon l'indice PCE.

C'est bien plus que l'objectif de 2% que cible la Banque centrale américaine, la Fed. Celle-ci a cependant averti mercredi 28 avril qu'il lui en faudrait plus pour resserrer sa politique monétaire, aujourd'hui très accommodante, afin de continuer à soutenir l'économie.

La Réserve fédérale veut en effet atteindre un niveau d'emploi maximal et inclusif, et voir l'inflation dépasser pendant un temps la cible de 2% par an, puis se stabiliser autour de cet objectif.

Or, les États-Unis sont "encore loin du plein emploi", a averti son président Jerome Powell, précisant qu'il manque encore 8,4 millions d'emplois, dont 3 millions dans les bars et restaurants.

Début avril, 16,5 millions de personnes touchaient toujours une aide face à la perte d'emploi ou de salaire, tous programmes confondus. C'est cependant en repli, et les nouvelles inscriptions ont même reculé la semaine passée à leur plus bas niveau depuis le début de la crise sanitaire.

AFP/VNA/CVN
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