07/04/2016 10:34
Les "Panama Papers" et leur cortège de révélations embarrassantes ont connu un nouveau rebondissement le 6 avril avec une perquisition menée au siège de l'UEFA, alors que les grands pays affichent leur volonté de combattre l'opacité fiscale, et surtout de mettre au pas le mouton noir, le Panama.
>>Les révélations des "Panama Papers" font chuter le Premier ministre islandais

Un panneau devant le cabinet de Mossack Fonseca à Panama, le 4 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au milieu du déballage des pratiques financières de tout un éventail de chefs d'État, entrepreneurs, sportifs, criminels, banques, qui utilisent les services du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, la justice commence à ouvrir des enquêtes.

En Suisse, la police fédérale a perquisitionné le siège de l'UEFA à Nyon pour obtenir les contrats concernant l'attribution des droits TV en Equateur à la société Cross Trading, citée dans le scandale Panama Papers.

La transparence fiscale a d'autant plus le vent en poupe que les États-Unis, première économie mondiale, sont en train de combattre de leur côté l'optimisation fiscale des entreprises, à tel point qu'une méga-fusion à 160 milliards de dollars entre les groupes Pfizer et Allergan a été abandonnée le 6 avril.

"Que ce soit au G20 ou dans le cadre de l'OCDE, la France va faire en sorte que la coopération internationale soit renforcée", a également assuré le 6 avril le président français François Hollande.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, lors d'une conférence de presse le 30 mars à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN
"La question de l'évasion fiscale est un énorme problème", avait déjà indiqué le 5 avril le président américain Barack Obama, en réclamant un durcissement des législations en vigueur et un renforcement de la coopération internationale.

Dès la semaine prochaine à Washington, à l'occasion des assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les ministres des Finances des pays les plus puissants du monde vont aborder les questions soulevées par ces révélations lors d'un G20 Finances.

En attendant, la France a décidé le 5 avril de réinscrire le pays latino-américain sur sa liste des paradis fiscaux, et demande à l'OCDE, le groupe des pays avancés qui pilote la lutte contre l'optimisation fiscale au niveau mondial, de lui emboîter le pas.

"Il est très important que nous exploitions cette opportunité pour faire pression sur le Panama", qu'il cède et ne soit plus à contre-courant de la tendance mondiale qui tend à davantage de transparence fiscale, a déclaré le soir du 5 avril à Berlin le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria.

Les inspecteurs des impôts des pays de l'OCDE ont prévu de se réunir en urgence pour parler spécifiquement du Panama.

Panama contre-attaque

Mais le pays latino-américain ne semble pas disposé à changer sa politique alors que la plupart des personnes éclaboussées par les révélations distillées depuis le 3 avril par les membres du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) se défendent en disant respecter la loi.

Pour l'instant, la seule victime de poids de ces révélations est le Premier ministre islandais David Sigmundur Gunnlaugsson qui s'est mis "en retrait" de ses fonctions le 5 avril.

Le gouvernement panaméen riposte en s'en prenant à l'OCDE et à la France : "de toute évidence, (vous) utilisez l'information émanant du récent rapport diffusé par les médias internationaux pour déformer les faits et ternir la réputation du pays", a dénoncé le vice-ministre des Affaires étrangères, Luis Miguel Hincapié, dans un courrier à l'OCDE.

AFP/VNA/CVN


 
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