18/09/2016 15:30
La coalition internationale antijihadistes menée par les États-Unis a admis samedi 17 septembre avoir bombardé ce qu’elle pensait être une position du groupe État islamique (EI) en Syrie, tuant au moins 60 soldats syriens et provoquant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

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Des soldats syriens marchent dans le souk détruit d'al-Farafira, dans la partie d'Alep détenue par le gouvernement, le 16 septembre 2016.
Photo . AFP/VNA/CVN


Le bombardement meurtrier est intervenu au cinquième jour d’une fragile trêve issue d’un accord entre les États-Unis et la Russie. Cette trêve avait déjà été mise à mal vendredi 16 septembre avec de violents combats et des civils tués dans des bombardements alors que l’aide humanitaire qui devait être livrée à des villes assiégées n’a pu être acheminée, Moscou et Washington se rejetant mutuellement la responsabilité des accrocs à ce cessez-le-feu.

"Des avions de la coalition américaine ont frappé l’une des positions de l’armée syrienne (...) près de l’Aéroport de Deir Ezzor" vers 17h00 locales (14h00 GMT), a affirmé l’armée syrienne. Au moins 80 soldats syriens sont morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une organisation disposant d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, Moscou évoquant 62 tués et une centaine de blessés.

Selon l’OSDH, une vingtaine de jihadistes de l’EI ont péri et des dizaines d’autres ont été blessés par des frappes russes dans la même zone.

Plus tard dans la soirée, la coalition a reconnu qu’elle avait bombardé ce qu’elle pensait être une position de l’EI avant de mettre fin à l’opération dès que Moscou l’a prévenue qu’il s’agissait peut-être de militaires syriens.

"Explications complètes et détaillées"

 

Syrie : plus de 300.000 morts. Photo : AFP/VNA/CVN


"Les forces de la coalition pensaient qu’elles frappaient une position de combat de l’EI qu’elles suivaient depuis un certain temps avant le bombardement", a expliqué un communiqué du commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom). "La coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne", a-t-il ajouté en précisant que la coalition allait se pencher "sur les circonstances de cette frappe".

À la demande de Moscou, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence samedi soir 17 septembre.

"Nous exigeons de Washington des explications complètes et détaillées, et elles doivent être données devant le Conseil de sécurité de l’ONU", avait déclaré à Moscou la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Damas a exigé de son côté que "le Conseil de sécurité condamne l’agression américaine et force les États-Unis à ne pas recommencer et à respecter la souveraineté de la Syrie".

La province de Deir Ezzor est tenue par l’EI qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme, à l’exception de l’aéroport militaire et de quartiers aux alentours aux mains du régime.

L’Agence de propagande de l’EI Amaq a affirmé que le groupe jihadiste avait pris le contrôle de la colline où a eu lieu la frappe aérienne.

Les zones contrôlées par les jihadistes, aussi bien du groupe EI que du Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d’Al-Qaïda), sont exclues du cessez-le-feu.

Mais dans certaines zones, les rebelles sont alliés au Front Fateh al-Cham et Moscou reproche aux États-Unis de ne pas faire assez pression pour que les insurgés se désolidarisent des jihadistes.

AFP/VNA/CVN

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