07/11/2018 11:06
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et la récente dépréciation du yuan ont eu un impact sur l’économie du Vietnam.
>>La Banque centrale chinoise injecte 120 milliards de yuans sur le marché
>>Pékin cherche une "solution constructive" aux tensions commerciales
>>Le FMI estime qu'il n'y a "aucune preuve" que la Chine manipule sa monnaie
 
Le yuan s’est replié comparé au dollar la semaine dernière et semble bien engagé vers une baisse mensuelle d'une ampleur sans précédent. Le taux de change a terminé à 6,9734 yuans pour 1 dollar sur le marché intérieur ("onshore"), au plus bas depuis le 20 mai 2008. La monnaie chinoise risque d'enregistrer une dévaluation mensuelle de 1,4% en octobre, la septième d’affilée.

La Banque centrale de Chine a fixé le cours-pivot du yuan au niveau le plus bas depuis 10 ans. Photo; AFP/VNA/CVN

Les tensions commerciales entre Washington et Pékin ne semblant pas sur le point de s'apaiser, les investisseurs pensent que la monnaie chinoise va encore s'affaiblir et que les autorités la laisseront filer en deçà du seuil de 7 pour 1 (dollar), ce qui serait une première depuis la crise financière mondiale. Mais ils sont peu nombreux à prévoir une dévaluation brutale ou des dégagements massifs concernant le yuan, comme ce fut le cas durant la période 2015-2016. Les États-Unis ne manqueraient alors pas de tirer à boulets rouges sur les autorités chinoises. Le yuan, aussi appelé renminbi, a perdu près de 7% de sa valeur contre le dollar depuis le début de l'année et 10% depuis mars, mois où s'est déclenchée la bataille sur les taxes douanières entre Washington et Pékin. La Banque populaire de Chine (BPC) a fixé le cours-pivot du yuan au niveau le plus bas depuis 10 ans, à savoir 6,9646 pour 1 dollar.

Vietnam: risques à l’exportation

Les experts ont souligné que la dépréciation du yuan profiterait aux importateurs vietnamiens, le pays étant dépendant des matières premières chinoises pour son activité de transformation et, par extension, ses exportations.

Le yuan subit un septième mois de baisse consécutif et profitant aux importateurs mais affectant les exportateurs au Vietnam.  Photo: Ngô Hà/CVN

Le directeur d’une société de production de plastique a fait savoir que 70% des ressources premières nécessaires à la production provenaient de Chine. Ainsi, la chute du yuan lui permet d’économiser une somme importante, réduisant ainsi le coût de revient.  Selon les experts, la perte de valeur du yuan profite également aux secteurs du commerce, du textile-habillement, de l’industrie automobile et de l’industrie pharmaceutique. En revanche, les secteurs de production (produits chimiques, engrais, caoutchouc, fer et acier ) vont, à l’inverse, subir des déconvenues.

À l’heure actuelle, le dông, la monnaie vietnamienne, reste indexé sur le dollar américain. Avec la chute brutale du renminbi, la balance commerciale du Vietnam serait durement touchée par l’afflux de produits chinois bon marché, a estimé le directeur de l’Institut de recherches économiques et politiques du Vietnam (VEPR), Nguyên Duc Thành. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine couplée à la dépréciation du yuan affecteront à coup sûr l'économie vietnamienne. Selon lui, face au resserrement monétaire de la Réserve fédérale des États-Unis (FED) et à la dévaluation de la monnaie chinoise, la meilleure option pour le Vietnam est de déprécier le dông vietnamien par rapport au dollar américain, avec une baisse inférieure au recul du yuan face à la monnaie américaine.

Un tel ajustement devrait profiter aux entreprises qui s’approvisionnent en matières premières en Chine et exportent leurs produits vers les États-Unis. Tirer le meilleur parti de ces deux grands marchés permettrait d’améliorer la situation de la production et la balance commerciale du pays.
 
Thê Linh-AFP/CVN

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