07/04/2018 20:53
La Chine s’efforce de rallier à sa cause l’Union européenne qui se trouve également sous la pression de Washington sur le dossier de l’acier et de l’aluminium.

>>La Chine réplique aux États-Unis en imposant des taxes sur 128 produits américains 
>>Une guerre commerciale aurait un effet désastreux sur toutes les économies
>>UE : un tiers du commerce effectué avec les États-Unis et la Chine
 

Donald Trump menace de tripler les taxes sur les importations chinoises. 
Photo : AFP/VNA/CVN


La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis n’a jamais semblé aussi proche. Pékin se montrait inflexible, ce vendredi 6 avril, face à la dernière offensive de Donald Trump, ce dernier menaçant de tripler les taxes sur les importations chinoises.

La Chine se battra avec force et "détermination" si les États-Unis venaient à publier une nouvelle liste de taxes sur les importations chinoises, a averti vendredi 6 avril le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères. "Cela nuit aux intérêts vitaux de la Chine et nuit encore davantage aux intérêts communs de l’économie mondiale", a-t-il déclaré.

La Chine s’efforce notamment de rallier à sa cause l’Union européenne, qui se trouve également sous la pression de Washington sur le dossier de l’acier et de l’aluminium. "La Chine et l’UE ont pour responsabilité de faire respecter l’ordre commercial multilatéral basé sur des règles […] nous devons agir ensemble", a affirmé l’ambassadeur chinois auprès de l’UE, Zhang Ming. 

"La Chine est prête à aller au bout, quel qu’en soit le prix" 

Jeudi 5 avril, Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, avait déjà appelé à la mobilisation internationale contre Washington lors d’une visite à Moscou. "Si les États-Unis ignorent l’opposition de la Chine et de la communauté internationale et persistent dans leurs mesures unilatérales et protectionnistes, la Chine est prête à aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix", a insisté Pékin.

Le conseiller économique du président américain, Larry Kudlow, a rétorqué que la menace d’imposer des tarifs sur 150 milliards de dollars d’importations chinoises n’était pas une simple posture de négociation mais que la Maison Blanche attendait des changements concrets de la part de Pékin.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a en outre reconnu qu'il y a une probabilité qu’une guerre commerciale ait lieu. Pour le moment, le géant asiatique achète 130 milliards de marchandises américaines quand Washington importe pour 500 milliards de biens chinois. "Ce n’est pas un commerce libre et équitable", a martelé Steven Mnuchin. 

Plainte à l’OMC 
 

Des produits importés des États-Unis dans un supermarché de Shanghai, en Chine.
Photo : PMT/CVN


Pour autant, pour ménager Wall Street qui a accéléré son repli vendredi et perdu 2,3%, le secrétaire au Trésor a souligné que les Etats-Unis étaient "tout à fait disposés à négocier" et rappelé qu’aucune menace n’était pour l’heure effective puisque les taxes proposées sont soumises à une période de consultation qui peut durer deux mois. "Nous espérons que tout cela finira bien", avait déclaré plus tôt Larry Kudlow.

Contrairement à la Chine, les 28 états membres de l’UE ont pour le moment été exemptés des 25% de taxes sur leurs exportations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium à destination des États-Unis, tarifs promulgués le 8 mars.

Pékin a en outre décidé de jouer la carte de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en formulant une nouvelle plainte contre "les mesures tarifaires visant des produits chinois" que les États-Unis entendent mettre en place. 

Les régions américaines 
les plus conservatrices visées

Cette mesure a suscité l’agacement du président américain qui a incriminé cette instance internationale, "injuste avec les États-Unis". Selon lui, la Chine y bénéficie au contraire d’un traitement de faveur en raison de son statut de "pays en voie de développement".

Avant de saisir l’OMC, Pékin avait déjà fait preuve de fermeté en répliquant à Washington avec une liste visant des produits américains stratégiques dont le soja, l’automobile et l’aéronautique.

Pékin a enfin pris soin d’établir une liste de produits à taxer pour frapper le plus durement possible des régions qui ont voté en faveur de Donald Trump, ont observé des experts. Une manière d’exercer un maximum de pression sur Donald Trump avant les élections de mi-mandat prévues le 6 novembre.


AFP/VNA/CVN

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