10/02/2019 16:22
La candidature de la sœur du roi de Thaïlande au poste de Premier ministre n'aura tenu qu'une journée: le parti sous la bannière duquel elle devait concourir a fait machine arrière samedi 9 février, après son torpillage par le palais.
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La princesse Ubolratana. Photo: AFP/CVN

"Le parti Thai Raksa Chart se soumet à l'ordre royal" diffusé la veille au soir à la télévision, désapprouvant cette entrée inédite en politique, a annoncé la formation créée par des proches de Thaksin Shinawatra, bête noire des ultra-monarchistes.

"La candidature d'Ubolratana franchissait clairement la ligne rouge et mettait l'institution (royale) en danger", analyse Puangthong Pawakapan, professeure de sciences politiques à l'université Chulalongkorn de Bangkok.

Pour elle, comme pour les rares analystes acceptant de s'exprimer publiquement depuis que le palais a mis son veto au plan, dès la diffusion du bulletin du palais vendredi soir, le sort de la princesse était scellé: elle n'allait pas entrer dans l'Histoire comme la première princesse chef de gouvernement civil.

Camouflet

Les groupes ultra-royalistes, qui voient Thaksin Shinawatra et ses partisans comme de dangereux anti-monarchistes, ne s'y sont pas trompés, célébrant sur les réseaux sociaux depuis vendredi soir le camouflet donné à la princesse.

Certains sont allés jusqu'à demander que la sœur du roi fasse des excuses publiques pour s'être alliée avec les "Rouges", couleur des Shinawatra.

Même du côté de l'opposition "rouge", la candidature de la princesse était loin de faire l'unanimité.

L'annonce du veto royal à son entrée en politique vendredi soir à la télévision "a été un soulagement", confie ainsi un opposant connu sous le pseudonyme de "Champ 1984".

Et d'ajouter: "Même si elle s'affichait comme roturière, pour tout le monde ici elle est un membre de la famille royale et allait être traitée comme tel", c'est-à-dire sans que personne n'ose la critiquer de crainte de tomber sous le coup d'une loi de lèse-majesté très dure.

La princesse avait publié samedi matin, avant l'annonce de son retrait, un message sur Instagram laissant encore à penser qu'elle pourrait maintenir sa candidature.

"Je tiens à le répéter, avec sincérité: je veux que la Thaïlande aille de l'avant et soit reconnue par la communauté internationale", disait cette princesse haute en couleur, ayant longtemps vécu aux États-Unis, signant du hashtag "LoveLove".

Ubolratana, 67 ans, ne sera donc pas Première ministre sous l'étiquette du parti Thai Raksa Chart, dirigé par le clan du milliardaire et ancien Premier ministre en exil Thaksin.

"Levez la tête et continuez d'avancer! Nous tirons les leçons des expériences du passé mais vivons pour aujourd'hui et pour l'avenir", a déclaré Thaksin sur Twitter samedi 9 février.

Envoyant un premier signal inquiétant, le parti Thai Raksa Chart avait annulé dans la matinée un premier rassemblement de campagne, en vue des élections législatives du 24 mars, qui était prévu samedi à Bangkok.
 
AFP/VNA/CVN
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