07/04/2021 08:49
"Nous pouvons dès à présent nous projeter dans la vie post-pandémie". Le gouverneur de Californie a annoncé mardi 6 avril rouvrir totalement son État le 15 juin, grâce à la campagne de vaccination américaine menée tambour battant, et à laquelle Joe Biden a donné un nouveau coup d'accélérateur.
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Une attraction au parc Six Flags Magic Mountain de Valencia, Californie (États-Unis), lors de sa réouverture le 1er avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

La situation aux États-Unis paraît en contraste avec l'Europe, où l'on s'interroge sur le lien entre le vaccin AstraZeneca et certains types rares de thromboses, ou au Brésil, où un nouveau record de morts du COVID-19 a été enregistré.

"Notre programme de vaccination est en pleine effervescence", s'est réjoui le président américain Joe Biden, en annonçant qu'à partir du 19 avril, tous les adultes américains seraient éligibles à la vaccination, en avance de dix jours sur ses objectifs.

Pays le plus endeuillé au monde en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550.000 morts, les États-Unis sont en pleine campagne de vaccination massive et en sont à plus de trois millions d'injections par jour en moyenne sur les sept derniers jours, selon les autorités.

Près 80% des enseignants, du personnel des écoles et des professionnels de l'enfance avaient déjà reçu au moins une dose de vaccin fin mars, ont déclaré mardi 6 avril les CDC, principale agence de santé publique du pays. L'administration Biden a érigé la réouverture des écoles comme priorité.

"La lumière au bout du tunnel n'a jamais été aussi vive", s'est félicité lors d'une conférence de presse le gouverneur de Californie, l'État le plus peuplé d'Amérique, Gavin Newsom.

À condition qu'il n'y ait pas de nouveau pic de la pandémie ou de pénurie de vaccins, tous les commerces de son État seront libres de rouvrir leurs portes mi-juin, les Californiens étant encouragés à suivre des "mesures de réduction des risques relevant du bon sens".

Les grands événements en intérieur seront également autorisés avec des preuves de test négatif ou de vaccination.

Les États-Unis ont en outre assuré vouloir en faire "beaucoup plus" dans les livraisons de vaccins aux pays étrangers, sans demander de "faveurs" en échange.

Combat chaotique au Brésil

Un employé d'un hôpital à Belem (Brésil) joue au guitare pour un patient contaminé par le COVID-19, le 6 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pendant ce temps, le combat contre le COVID-19 est de plus en plus chaotique au Brésil. Le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie enchaîne les sombres records : plus de 4.000 personnes sont décédées du COVID-19 lors de la seule journée de mardi 6 avril.

Ce pays d'Amérique latine livre son combat contre le coronavirus dans la plus grande confusion, avec un éventail de mesures pour les écoles, les églises ou les restaurants contradictoires, mal expliquées et soumises aux aléas des décisions judiciaires.

"Ici à Rio, nous sommes pris au milieu d'une bataille politique entre le maire et le gouverneur, et ça ajoute encore plus de confusion", déplore Marcia Matos, habitante d'une des plus grandes villes du pays.

Et au niveau national, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro continue de critiquer les restrictions, au nom de la préservation de l'emploi.

L'Europe aussi enchaîne les déconvenues, avec des campagnes de vaccination qui peinent à monter en puissance: aucun des 27 pays de l'Union européenne n'a atteint fin mars l'objectif de vacciner 80% des personnes de plus de 80 ans, selon la Commission européenne.

Mais l'accélération des livraisons au deuxième trimestre permettra à l'UE d'atteindre "l'immunité collective" cet été, a affirmé l'exécutif européen.

Examen en cours 

Mardi, le comité de sécurité de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué ne pas encore être parvenu à une conclusion sur le lien entre le vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et certaines thromboses, contredisant les déclarations de l'un de ses responsables quelques heures plus tôt.

"L'examen est actuellement en cours", a souligné le régulateur européen, précisant qu'une annonce est attendue mercredi 7 avril ou jeudi 8 avril.

Depuis plusieurs semaines, des suspicions sont apparues sur de possibles effets secondaires graves, mais rares, après l'observation chez des personnes vaccinées avec AstraZeneca de cas de thromboses atypiques.

De son côté, AstraZeneca avait assuré en mars qu'il n'y avait "aucune preuve de risque aggravé".

Ce vaccin est l'un des quatre approuvés dans l'Union européenne, avec celui de Moderna, de Pfizer/BioNTech et de Johnson & Johnson dont les livraisons sont attendues le 19 avril.

En France, où se développe une troisième vague d'infections, un centre de vaccination géant a ouvert lundi au Stade de France, l'enceinte de l'équipe de football championne du monde, en banlieue parisienne.

Après une tolérance pendant le week-end pascal, le pays entier est entré de plain-pied dans un régime de restriction, avec couvre-feu et déplacements réduits, prévu pour quatre semaines.

D'autres pays ont annoncé de nouvelles restrictions. En Inde, où un record de cas vient d'être enregistré, New Delhi va imposer à ses 25 millions d'habitants un couvre-feu nocturne à compter de mardi 6 avril.

Une volontaire de la Croix-Rouge dans le nouveau vaccinodrome du Stade de France, le 6 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Passeport vaccinal au Danemark 

La Corée du Nord a pour sa part annoncé qu'elle ne participerait pas aux Jeux olympiques de Tokyo cet été pour "protéger" ses athlètes de tout risque lié à la pandémie.

À l'inverse, l'horizon est suffisamment dégagé pour que la Nouvelle-Zélande approuve mardi 6 avril le principe d'une "bulle" avec l'Australie au sein de laquelle les ressortissants des deux pays pourraient voyager sans quarantaine, en espérant que celle-ci se concrétisera à la mi-avril.

Au Danemark, les salons de coiffure et de beauté rouvrent pour les détenteurs d'un "passeport" de vaccination contre la maladie.

Un passeport sanitaire similaire est envisagé par le gouvernement britannique pour les grands rassemblements en Angleterre, comme les matchs de football et les événements en salle et le Premier ministre a confirmé la réouverture le 12 avril des commerces non-essentiels.

AFP/VNA/CVN
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