18/07/2020 15:50
La Bourse de Paris a terminé en baisse pour la deuxième fois consécutive vendredi 17 juillet (-0,31%), pessimiste quant aux chances d'aboutir à un accord européen sur un plan de relance, qui continue de se négocier ce week-end.
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La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice CAC 40 a perdu 15,8 points à 5.069,42 points. La veille, il avait cédé 0,46%. Toutefois, la semaine dans son ensemble est positive, avec un gain de 1,99%, réduisant la perte à 15,20% depuis le 1er janvier. "Le marché est dans l'expectative par rapport au sommet européen, qui peut être un catalyseur, mais il ne s'attend pas à une avancée concrète dans les jours qui viennent", décrypte Guillaume Garabedian, responsable de la gestion conseillée chez Meeschaert gestion privée.

Les 27 chefs d'État et de gouvernements se retrouvent physiquement à Bruxelles pour décider du plan de soutien à l'économie proposé par la Commission européenne. Il est constitué de 750 milliards d'euros, 250 milliards de prêts et, surtout, 500 milliards de subventions qui n'auront donc pas à être remboursées par les États bénéficiaires. La chancelière allemande Angela Merkel, favorable au plan, a dit s'attendre à "de très difficiles négociations", qui pourraient s'étaler sur tout le week-end.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, chef de file des pays "frugaux" et réticents au plan dans sa forme actuelle, a estimé les chances d'un succès "à moins de 50%". "En cas d'avancée significative, le marché pourrait en bénéficier à court terme", estime M. Garabedian. Pour l'instant, le CAC manque de "carburant" pour perpétuer la tendance à la hausse, qui l'a ramené au-dessus des 5.000 points après les plus bas de mars.

Les résultats des entreprises sont "meilleurs qu'attendus", mais "les attentes étaient tellement faibles que le marché se contente de l'absence de mauvaises nouvelles". "Sans accord européen, ce n'est pas un contexte facile pour battre de nouveaux plus haut" malgré le soutien des banques centrales, avance M. Garabedian.

Loyers impayés

La crise sanitaire continue de frapper les États-Unis, pays le plus touché et dont le nombre de nouvelles contaminations continue de battre des records. La confiance des consommateurs américains s'est érodée plus que prévu au début du mois de juillet, d'après l'estimation préliminaire de l'enquête de l'Université du Michigan. Par ailleurs, près d'un Américain sur six n'a pas pu payer son loyer en juin, selon des données du Bureau du recensement.

Ce mouvement peut fragiliser la reprise de la première économie mondiale qui se matérialise dans d'autres indicateurs: les mises en chantier de logements ont bondi de 17,3% en juin par rapport à mai, à un niveau inférieur toutefois à celui de juin 2019. Plusieurs pays d'Europe durcissent également de nouveau les mesures anti-COVID, comme l'Espagne où près de 4 millions d'habitants de l'agglomération de Barcelone sont appelés, depuis vendredi 17 juillet, par le gouvernement régional catalan à "rester chez eux" sauf pour des raisons de première nécessité.

L'autre menace sous-jacente est la reprise des tensions entre les États-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump n'a "rien exclu" sur d'éventuelles sanctions concernant la Chine, a affirmé jeudi 16 juillet la Maison Blanche. Sur le terrain des valeurs, STMicroelectronics a gardé la tête de l'indice CAC 40, avec une hausse de 2,39% à 26,18 euros, bénéficiant notamment des annonces positives de l'équipementier télécoms suédois Ericsson qui publie des résultats en hausse au deuxième trimestre et maintient ses prévisions. Atos (+2,10% à 76,78 euros) a fini dans son sillage. Tout en bas du CAC, Publicis a souffert avec une perte de 2,17% à 27,51 euros après deux jours de fortes hausses.

AFP/VNA/CVN

 

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