24/03/2018 15:35
La Bourse de Paris a clôturé en net repli (-1,39%) vendredi 23 mars, dominée par les craintes d'une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, au lendemain de l'annonce d'une nouvelle vague de mesures protectionnistes par Donald Trump.
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La Bourse de Paris termine en forte baisse.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice CAC 40 a perdu 71,99 points à 5.095,22 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,4 milliard d'euros. La veille, il avait déjà reculé de 1,38%. Après avoir ouvert en baisse, la cote parisienne est restée très mal orientée, accentuant même un temps son repli au point de perdre brièvement plus de 2%.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice a reculé de 3,55%. Ses pertes depuis le 1er janvier atteignent 4,09%. "C'est le retour de la volatilité. La baisse est très homogène", souligne Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France.

Comme la veille, le marché a souffert de l'exacerbation des tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Jeudi 22 mars, le président américain a en effet évoqué des mesures punitives contre les importations chinoises, d'un montant pouvant atteindre "60 milliards de dollars", pour mettre un terme à ce qu'il affirme être la concurrence déloyale de Pékin.

Le bras de fer s'est poursuivi ce vendredi 23 mars, la Chine répliquant en dévoilant une liste de 128 produits américains, ou lignes tarifaires, sur lesquelles elle appliquera des droits de douane de 15% à 25%, en cas d'échec des négociations.

De leur côté, les États-Unis ont lancé une procédure contre Pékin devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), lui reprochant de "porter atteinte au droit de la propriété intellectuelle de ses entreprises".

Conséquence directe dans ce contexte tendu : les investisseurs ont vendu "les actifs les plus risqués, qui sont les actions, et à l'intérieur de celles-ci les actions les plus sensibles, les plus cycliques, pour aller vers des valeurs refuge comme l'or et les emprunts d'État", analyse M. Rozier.

STMicroelectronics en chute

Pour le spécialiste, les opérateurs avaient échoué à prendre en compte, en amont, le risque protectionniste.

"Le marché était dans une espèce d'euphorie aveuglante, à mettre de côté tous les risques potentiels. Et le protectionnisme, qui était auparavant l'un des critères majeurs de sanction en Bourse, a été totalement occulté", estime-t-il.

Toutefois, il anticipait une reprise prochaine pour certaines valeurs, une fois passée la réaction épidermique du marché.

Durant "la première phase, on vend un peu tout. Mais nous allons arriver à la deuxième phase, les marchés vont regarder où les baisses ont été exagérées. On va commencer à distinguer les valeurs présentant moins de risques", prévoit-il.

Sur le terrain des valeurs, STMicroelectronics a enregistré la plus forte baisse (-3,84% à 18,67 euros), pénalisé notamment par les déboires des valeurs technologiques américaines dans le sillage de la polémique sur l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook par une société britannique.

Les titres liés aux matières premières ont aussi été touchés par l'aversion au risque, à l'instar d'ArcelorMittal (-3,38% à 25,29 euros) ou Vallourec (-3,02% à 4,40 euros).

Le secteur bancaire a encore fini en net repli. Société Générale a reculé de 1,26% à 43,55 euros, Axa de 2,23% à 21,31 euros, tandis que Crédit Agricole a lâché 1,61% à 13,17 euros et BNP Paribas 1,45% à 59,24 euros.

Michelin a reculé de 3,21% à 119,10 euros, pénalisé par un abaissement de sa recommandation à "neutre" par Morgan Stanley.

Bolloré a perdu 1,79% à 4,27 euros, emporté par le pessimisme ambiant. Le groupe diversifié a pourtant profité en 2017 de l'intégration de Vivendi, dont les performances ont fortement contribué au résultat opérationnel, tandis que le bénéfice net affiche une progression de 59%.
 
AFP/VNA/CVN
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