10/07/2021 10:10
Grâce à l’habileté de l’artisan Ksor Ksôh, des bûches sans valeur sont transformées en de véritables œuvres d’art, reflétant la vie et le quotidien des habitants du Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre).
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Ksor Ksôh sculpte avec passion des statues en bois.
Photo : Dung Nguyên/CVN

Ksor Ksôh est un artisan expérimenté de la commune d’Ia Ka du district de Chu Pah, province de Gia Lai (hauts plateaux du Centre). Âgé de 67 ans, il est spécialisé dans la sculpture sur bois, un métier qu’il a débuté dès l’enfance. "Enfant, j’ai imité mon grand-père. Mes essais étaient très brouillons et médiocres. J’ai dû même jeter pas mal de bûches".

Nullement découragé, le jeune Ksor Ksôh, alors âgé de seulement 15 ans, se rendait secrètement dans la forêt pour voir les… sépultures, où trônent des statues en bois. Il s’agit en effet de véritables sculptures des habitants des hauts plateaux du Centre. "Juste pour les admirer et essayer ensuite de les reproduire". Après de nombreux échecs, Ksor Ksôh a finalement réussi ses premières statues aux formes somme toute très simplistes.

Afin de réaliser une belle sculpture, l’artisan doit vraiment être persévérant et méticuleux pour créer des lignes douces et agréables. Il est aussi nécessaire de choisir un bois de bonne qualité. "La plus grande difficulté pour un sculpteur est de donner de l’âme aux statues. Il s’agit d’exprimer de la tristesse pour des statues placées dans des cimetières mais aussi de transmettre de la gaieté pour décrire la vie quotidienne des habitants".

Artisan Émérite

Chaque année, entre janvier et avril, les Jrai des hauts plateaux du Centre organisent le Po Thi, leur plus grande fête. Durant ces journées festives, les villageois sculptent des statues en bois pour exprimer les sentiments de piété et d’amour des vivants envers les morts. Ces sculptures sont ensuite placées autour des maisons funéraires.

Chaque bûche entre les mains de Ksor Ksôh a son âme.
Photo : ST/CVN

Le mois de mars est la période de grande demande en statues. Durant ces moments d’activité intense, il n’est pas rare que Ksor Ksôh doive travailler toute la nuit pour répondre aux commandes. "Il faut deux ou trois jours pour une petite statue et un mois est nécessaire pour une plus grande".

Outre la sculpture sur bois, Ksor Ksôh maîtrise aussi la vannerie. Il peut également construire des maisons sur pilotis et des nhà rông (maison commune) ainsi que fabriquer des instruments de musique traditionnels. De plus, sa capacité à jouer du gong dès sa tendre enfance lui a permis de participer à plusieurs fêtes de la localité.

"Savoir faire un peu de tout est un certain atout, mais je préfère par-dessus la sculpture des statues en bois. J’aimerais l’enseigner à la jeune génération afin de maintenir cet artisanat ancestral".

Grâce à sa contribution continue dans la préservation des patri-moines culturels de l’ethnie Jrai, Ksor Krôh s’est vu décerner en 2019 le titre d’"Artisan Emérite dans le domaine du savoir populaire", remis par le président de la République. Le Musée d’ethnologie du Vietnam lui a aussi décerné un satisfecit.                     

Câm Sa/CVN


 

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