20/02/2017 10:08
Le groupe américain Kraft Heinz a renoncé "à l'amiable" dimanche 19 février à créer un mastodonte mondial de la grande consommation en rachetant l'anglo-néerlandais Unilever, qui rejetait ses avances.
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Le groupe agroalimentaire américain Kraft Heinz a accepté "à l'amiable" de retirer son offre de rachat du géant anglo-néerlandais Unilever.
Photo : AFP/VNA/CVN

Une proposition de Kraft Heinz dévoilée vendredi 17 février valorisait Unilever à quelque 143 milliards de dollars. Mais le groupe anglo-néerlandais l'avait pourtant jugée trop faible, disant n'y voir "aucun avantage, qu'il soit financier ou stratégique" pour ses actionnaires.

Kraft Heinz ne s'était initialement pas découragé, disant toujours espérer "pouvoir conclure un accord sur les termes d'une transaction".

Beaucoup d'analystes s'attendaient donc à ce qu'il revienne à la charge avec une offre plus élevée, et les espoirs de fusion avaient fait grimper les cours de Bourse des deux entreprises de plus de 10% vendredi 17 février.

Le groupe américain, apparemment pas prêt à se lancer dans une offre hostile, a toutefois en fin de compte renoncé à s'obstiner.

"Kraft Heinz a accepté à l'amiable de retirer sa proposition pour rapprocher les deux entreprises", ont annoncé les deux groupes dimanche dans un bref communiqué.

"Unilever et Kraft Heinz se tiennent respectivement en haute estime. Kraft Heinz a le plus grand respect pour la culture, la stratégie et la direction d'Unilever", assure encore leur texte commun.

Consolidation pas terminée

Kraft Heinz et Unilever sont des poids lourds de la grande consommation, avec des chiffres d'affaires respectifs de 26,5 milliards de dollars (24,9 milliards d'euros) et 52,7 milliards d'euros.

Le groupe américain est néanmoins essentiellement actif dans l'agroalimentaire, avec le célèbre ketchup Heinz mais aussi les saucisses Oscar Mayer, le fromage à tartiner Philadelphia ou le café Maxwell.

Unilever a lui aussi une imposante division alimentaire (Alsa, Knorr, Ben & Jerry's, Bertolli, Amora, Carte d'Or, Lipton...), mais c'est parallèlement un des plus grands acteurs mondiaux des produits d'hygiène et pour la maison avec entre autres les déodorants Axe et Rexona, le dentifrice Signal, les savons Dove, les lessives Omo, Skip et Persil...

Cela avait d'ailleurs fait envisager il y a quelques jours aux analystes de Jefferies l'hypothèse selon laquelle Kraft Heinz visait peut-être uniquement la division agroalimentaire d'Unilever, pour laquelle une offre serait peut-être "plus logique et facile à financer".

Même si le mariage de Kraft Heinz et Unilever n'a pas lieu, il confirme que les efforts de consolidation sont loin d'être terminés dans le secteur agroalimentaire.

Mondelez (lui-même issu d'une scission avec Kraft Foods en 2012) s'était lui aussi fait éconduire l'an dernier par Hershey, américain lui aussi, connu pour ses chocolats, et l'un de ses actionnaires, l'investisseur activiste Bill Ackman, plaide pour un rapprochement avec Kraft Heinz.

Ce dernier est né de la fusion en 2015 des groupes Heinz et Kraft Foods et compte parmi ses actionnaires de contrôle les milliardaires américain Warren Buffett et helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann (à la tête du fonds d'investissement 3G).

À l'époque déjà, certains avaient spéculé sur une possible offre de Kraft Heinz sur Unilever, notamment pour se relancer à l'international.

Plusieurs analystes estimaient toutefois vendredi que le groupe américain s'était également montré opportuniste et que le Brexit avait joué un rôle dans sa décision de se lancer à l'attaque. "Une approche sur Unilever est un signe du renforcement du dollar et de la baisse de la livre", avait notamment souligné Neil Shah, directeur de la recherche chez Edison Research.

AFP/VNA/CVN


 
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