11/07/2020 07:00
L’Opéra-Ballet de Hô Chi Minh-Ville a présenté le 20 juin au public de la ville un nouveau ballet basé sur le chef-d’œuvre Truyên Kiêu (Kim Vân Kiêu ou L’histoire de Kiêu). C’est la première adaptation de cette œuvre sous cette forme d’art.
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Le ballet Kiêu dépeint l’aspiration à la liberté et à l’équité de la femme, dans le contexte de la société féodale d’antan.
Photo : Vnexpress/CVN

Le ballet Kiêu est une pièce classique adaptée du chef-d’oeuvre de la littérature vietnamienne Truyên Kiêu du poète Nguyên Du (1766-1820).

Les artistes de l’Opéra-Ballet de Hô Chi Minh-Ville (HBSO) ont voulu transmettre la quintessence de la culture vietnamienne dans le langage du ballet, un art typiquement européen.

Selon la chorégraphe Tuyêt Minh, “dans le ballet, il faut tout d’abord former un style à travers le langage de la danse. Les danseuses doivent exécuter le travail sur les pointes et les danseurs démontrer une maîtrise des techniques fondamentales de la danse classique. De plus, pour exprimer l’âme vietnamienne et dépeindre les traits de caractère typiques, chaque geste des acteurs doit être le résultat de techniques raffinées et créatives, imprégnées de culture orientale mais préservant l’identité culturelle vietnamienne”.

“Le problème que nous avons rencontré ici est de savoir comment faire fusionner tout en finesse les deux cultures. Nos danseurs doivent s’imprégner à la fois de la culture orientale et du caractère, de l’âme et de l’identité culturelle du peuple vietnamien et transmettre cet esprit au public”, a ajouté Tuyêt Minh.

La chorégraphe a reconnu que de nombreux professionnels avaient un peu de mal à aborder Kim Vân Kiêu en raison de l’énorme volume de poésie, de langage et de culture.

Cependant, elle a confiance en sa nouvelle création. Elle ne devrait pas “décevoir le public”, a confié Tuyêt Minh, qui avait mis en scène les ballets Carmen et Don Quichotte.

Outre Tuyêt Minh, le ballet Kiêu voit également la participation du chorégraphe Nguyên Phuc Hùng, diplômé de l’Institut de chorégraphie de Fontys (Pays-Bas), qui a travaillé plusieurs années en Europe.

Artistes en pleine maturité

Participant à ce grand projet, Nguyên Phuc Hùng ne cache pas le défi que cela représente : “Pour le milieu artistique, +Kim Vân Kiêu+ est un vrai défi. Le public connaît par cœur cette histoire et attend avec impatience son adaptation sur scène. C’est une grande pression que de concevoir l’œuvre sous forme de ballet”.

La troupe de l’HBSO est à son apogée, alors que trois de ses danseurs - Hoàng Yên, Duc Nhuân et Phi Diêp - ont reçu le titre d’“Artiste Émérite” fin 2019. Les jeunes artistes comme Sùng A Lùng, Khanh Vy, Kim Tuyên, Khang Ninh, Minh Tâm... ont tous affirmé leurs talents sur scène.

En 2018, la troupe a déjà interprété la Danse Kiêu avec la chorégraphe sud-coréenne Chun Yoo-Oh. Les hauts et les bas de la vie de la belle Kiêu se sont alors exprimés grâce au langage de la danse traditionnelle.

Pour cette deuxième adaptation sous forme de ballet, le chorégraphe Nguyên Phuc Hung est confiant car cet art est le point fort du HBSO.

Ballet classique et âme vietnamienne

Le mélange des techniques du ballet classique et de la danse traditionnelle vietnamienne, l’harmonie entre les musiques contemporaine et folklorique, suscitent beaucoup d’émotions aux spectateurs.
Photo : Vnexpress/CVN

Le ballet Kiêu se compose de 15 scènes avec différentes nuances psychologiques, alternant continuité et contraste des scènes, il crée l’attrait et la surprise à chaque instant. La pièce est un périple à la recherche du bonheur, elle dépeint l’aspiration à la liberté et à l’équité de la femme dans le contexte de la société féodale d’antan. Elle met en évidence des valeurs humaines profondes qui transcendent les époques.

Le point frappant de ce ballet est la musique avec deux styles : semi classique, conçu par Viêt Anh, et musique folklorique vietnamienne, par Chinh Ba. La musique de Viêt Anh, inspirée du style européen, est efficace pour les  grandes scènes et l’expression de l’âme des personnages.

Le mélange des techniques du ballet classique et de la danse traditionnelle vietnamienne, l’harmonie entre les musiques contemporaine et folklorique, à quoi s’ajoutent les costumes, accessoires et arts visuels modernes, suscitent beaucoup d’émotions aux spectateurs.

À l’issue de la première, le 20 juin, le ballet Kiêu a reçu le soutien du Fonds des relations Vietnam - États-Unis pour se produire le 23 juillet prochain à Hô Chi Minh-Ville, avant de se révéler au public hanoïen en août.

Cette oeuvre est la première adaptation de Kim Vân Kiêu sous forme de ballet. Elle a été commandée à l’HBSO par l’Association des danseurs vietnamiens.

Le directeur artistique de la pièce, l’“Artiste du Peuple” Ung Duy Thinh, a fait savoir : “L’Association des danseurs vietnamiens fait confiance aux artistes de l’HBSO et avait depuis longtemps l’intention de lui commander une œuvre”.

Kim Vân Kiêu est considérée comme la création la plus importante de la littérature vietnamienne. En 3.254 vers, le poème raconte la vie, les épreuves et les tribulations de Thuy Kiêu, une belle et talentueuse jeune femme qui doit se sacrifier pour sauver sa famille.     

                                                 Hoàng Hoa/CVN
 
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