01/01/2020 14:56
Le dirigeant extrême nord-coréen Kim Jong Un a annoncé la fin du moratoire sur les essais nucléaires et sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux et promis une action "sidérante" contre les États-Unis, lesquels ont toutefois réagi avec modération.
>>Kim Jong Un reconnaît que son pays traverse "une grave" situation économique
>>Kim préside une réunion de réflexion sur le renforcement des capacités militaires

Le dirigeant extrême nord-coréen Kim Jong Un pendant une réunion du Comité central du Parti des travailleurs, le 30 décembre 2019 à Pyongyang.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous n'avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement", a indiqué mercredi 1er janvier l'agence d'État nord-coréenne KCNA, rapportant des propos de M. Kim aux dignitaires de son parti au pouvoir. "Le monde va découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la République populaire démocratique de Corée (RPDC)".

M. Kim avait déclaré en 2018 que la RPDC n'avait plus besoin d'essais nucléaires et d'essais de missiles balistiques intercontinentaux.

Dans les années précédentes, la RPDC avait effectué six essais nucléaires et avait lancé des missiles capables d'atteindre l'intégralité du territoire continental des États-Unis.

Les déclarations de M. Kim rapportées mercredi semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la "promesse" que lui aurait faite le dirigeant nord-coréen.

"Nous avons bien signé un contrat qui parle de dénucléarisation. C'était la phrase numéro un, cela a été fait à Singapour. Je pense que c'est un homme de parole", a de nouveau affirmé mardi 31 décembre M. Trump, en faisant référence au premier sommet historique entre les deux dirigeants à Singapour en 2018.

Mais les pourparlers entre les deux capitales semblent dans une impasse depuis l'échec d'un nouveau sommet Kim-Trump à Hanoï en février 2019.

Devant le Comité central de son Parti des travailleurs, M. Kim a indiqué clairement que la RPDC était prête à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire.

"Comportement de voyou" 

"Les États-Unis formulent des exigences contraires aux intérêts fondamentaux de notre État et adoptent un comportement de voyou", a-t-il dit, cité par KCNA.

Washington a "conduit des dizaines d'exercices militaires conjoints (avec la République de Corée) que le président (Donald Trump) avait personnellement promis d'arrêter", a envoyé au Sud de l'équipement militaire de haute technologie et a renforcé les sanctions contre le Nord, a ajouté le dirigeant nord-coréen.

"Nous ne vendrons jamais notre dignité", a-t-il assuré, promettant une action "sidérante pour faire payer (aux États-Unis) le prix de la douleur subie par notre peuple".

À l'instar de M. Trump, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a réagi avec modération. "Nous voulons la paix, pas l'affrontement", a déclaré M. Pompeo dans une interview à la chaîne CBS. "Nous voulons continuer à laisser ouverte la possibilité que le dirigeant de la RPDC fasse le choix qui est le meilleur, à la fois pour lui-même et pour son peuple", a-t-il ajouté.

"Si le président Kim a renié ses engagements pris auprès du président Trump, c'est profondément décevant", a relevé M. Pompeo. "J'espère qu'il ne suivra pas ce chemin", a-t-il déclaré sur la chaîne Fox.

Réunion du Comité central du Parti des travailleurs nord-coréen, le 30 décembre 2019 à Pyongyang. 
Photo : AFP/VNA/CVN

La réunion plénière du Comité central du Parti des travailleurs et l'annonce de l'agence de presse officielle interviennent avant le discours de Nouvel An de M. Kim, moment clé du calendrier politique de la RPDC.

Ce sera la huitième fois que M. Kim se livre à cet exercice, une tradition inaugurée par son grand-père Kim Il Sung, fondateur de RPDC, puis abandonnée par son père et qu'il a réactivée.

Depuis des mois, Pyongyang réclame un assouplissement des sanctions internationales qui lui sont imposées en raison de ses programmes d'armement nucléaire et de missiles balistiques, alors que l'administration Trump estime que la RPDC doit faire davantage de gestes concrets avant d'obtenir cet assouplissement.

AFP/VNA/CVN

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Nguyên Thu Thuy, la céramiste des espaces urbains