08/03/2020 16:11
Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus dimanche 8 mars à Paris et dans une dizaine d'autres villes de France pour la journée internationale des droits des femmes, les militantes voulant faire un point de convergence des "dynamiques féministes".

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Des femmes manifestent contre la réforme des retraites le 7 mars à Nantes, la veille de la journée internationale des droits des femmes.
Photo : AFP/VNA/CVN


Contre la réforme des retraites et ses effets supposés négatifs pour les femmes, contre la répartition inéquitable du travail domestique, contre les violences sexuelles et les féminicides, ou encore contre les violences gynécologiques et obstétricales : les mots d'ordre seront multiples dans les défilés, dans la capitale mais aussi à Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg ou Nancy...

Cette "Marche des grandes gagnantes" --nommée ainsi de manière ironique car les organisateurs ne croient pas aux promesses du gouvernement qui argue que sa réforme des retraites sera favorable aux femmes-- entend "valoriser les luttes de femmes" et mettre en avant des exigences "d'égalité et d'émancipation".

Les participantes sont invitées à se vêtir d'un bleu de travail et d'un fichu rouge, les attributs de la désormais emblématique "Rosie la riveteuse", "icône de toutes les travailleuses invisibles".

Depuis plusieurs mois, les opposantes à la réforme des retraites ont pris l'habitude de se grimer de la sorte lors de chorégraphies où elles chantent "À cause de Macron, grandes perdantes nous serons..."

À 15h40 --heure théorique où les femmes cessent d'être rémunérées, compte tenu des écarts de salaires entre les sexes--, les manifestantes comptent procéder à un "jeter de gants de ménage", manière de protester à la fois contre les inégalités en matière de salaire et de répartition du travail domestique.

Dans une étude publiée vendredi 6 mars, l'Insee vient d'ailleurs de rappeler qu'être parent a deux fois plus de conséquences sur la situation professionnelle des femmes que sur celle des hommes.

Convaincus que "quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête", les organisateurs appellent en outre à une "grève féministe" dimanche 8 mars sous le mot d'ordre "On arrête toutes".

"Le dimanche, toutes les femmes travaillent : elles cuisinent, font le ménage, s'occupent des enfants", observe Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes.

Effet Polanski
 

Inégalités salariales hommes-femmes.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le défilé parisien, qui doit partir à 14 heures de la place d'Italie (après un pique-nique féministe), rejoindra la place de la République, via plusieurs étapes symboliques : manifestation devant un centre commercial pour dire "stop au travail le dimanche", souvent imposé aux femmes, devant un hôpital pour la "revalorisation des métiers féminisés", ou devant un hôtel Ibis pour soutenir des femmes de ménage en lutte contre la précarité et les temps partiels.

Sont également prévus un "die in" pour symboliser les victimes de féminicides et une chorégraphie géante anti-réforme des retraites.

Trois mois après des manifestations ayant rassemblé 150.000 personnes partout en France à la fin du "Grenelle" contre les violences sexistes et sexuelles, les organisateurs comptent toujours mobiliser sur ce thème pour "briser le silence et dénoncer les violences".

Le mouvement de libération de la parole a depuis gagné le monde du sport, marqué par une vague de révélations sans précédent sur des cas de violences sexuelles perpétrées notamment par des entraîneurs sur de jeunes sportifs.

Et "l'immense colère" suscitée par le récent César attribué au réalisateur Roman Polanski, visé par des accusations de viol, devrait attirer encore davantage de monde dans les rues, selon les organisateurs. Sous le mot-dièse #JeSuisVictime, cette polémique a d'ailleurs entraîné depuis quelques jours une nouvelle vague de témoignages sur les réseaux sociaux.

La prise de conscience touche aussi les hommes : l'association Zéromacho, qui lutte contre la prostitution et pour "l'égalité", a lancé cette semaine une campagne sur les réseaux sociaux pour appeler les hommes à changer certains de leurs comportements "toxiques" qui, "jusqu'ici, étaient considérés comme des gages de virilité et de masculinité".

"Messieurs, on va pas se mentir... Pour que les choses changent, va falloir qu'on change", proclament les trois vidéos mises en ligne.

AFP/VNA/CVN

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