02/07/2020 23:27
Les organisateurs des Jeux olympiques de Paris-2024 vont devoir trouver des pistes d'économies pour faire face aux conséquences budgétaires de la crise du COVID-19, alors que le modèle apparaît soudain fragile avec le report des JO de Tokyo.
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Les organisateurs des Jeux olympiques de Paris-2024 devront trouver des pistes d'économies pour faire face aux conséquences budgétaires de la crise du COVID-19.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'impact de la crise sanitaire sur le budget d'organisation des JO, lequel doit s'élever à 3,8 milliards d'euros, quasi intégralement financés par des recettes privées (sponsors, billetterie, contribution du Comité international olympique), figurait à l'ordre du jour d'un bureau exécutif de Paris-2024, initialement programmé jeudi 2 juillet mais finalement reporté in extremis à une date ultérieure, en raison des changements d'équipes municipales.

Le conseil d'administration de Paris-2024, prévu dans une semaine, sera aussi décalé.

Une visite de deux jours du président du Comité international olympique, Thomas Bach, à Paris la semaine prochaine, a été confirmée par le CIO. Le signe de grandes manoeuvres ?

L'ordre du jour du bureau exécutif prévoyait en tout cas que le patron du comité d'organisation des JO (Cojo), Tony Estanguet, fasse le point sur plusieurs dossiers chauds, notamment celui des sponsors et des retards dans le chantier des lignes de métro 16 et 17 du futur Grand Paris Express.

Après la confirmation, le 22 juin, par le secrétaire d'État français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, que ces lignes ne seraient pas livrées à temps au Bourget, près de Paris, les organisateurs vont devoir trouver des solutions alternatives pour desservir cette zone olympique, où doivent se disputer tir et volley-ball, mais qui doit surtout accueillir le centre et le "village" des médias.

"10% d'économies" 

Le président du Comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, Tony Estanguet, répond à la presse, à Paris, le 12 décembre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

La question budgétaire, qui restera sensible jusqu'en 2024, ne s'arrête pas à l'organisation. Aux 3,8 milliards d'euros du Cojo, s'ajoutent 3 milliards d'investissement sur les grands chantiers des Jeux (village olympique, village des médias), financés pour moitié par les acteurs publics. Fin avril, la facture totale de l'opération pour construire le centre aquatique olympique à Saint-Denis, équipement phare des JO, a été réévaluée à 174,7 millions d'euros de fonds publics, contre 113 initialement.

Début mai, Tony Estanguet avait fixé un cap : trouver des pistes d'économies dans "les coulisses des JO" (restauration, sécurité, transports), sans renoncer au spectacle et à l'"héritage" laissé aux territoires. Sans nier la crise économique, le triple champion olympique de canoë assurait que la cible de sponsors restait la même, soit 1 à 1,2 milliards d'euros de recettes.

"Ils prévoyaient de dépasser leurs prévisions qui étaient prudentes. Désormais, ils veulent se contenter de l'atteindre", assure, sous couvert d'anonymat, un membre du conseil d'administration de Paris-2024, qui réunit les collectivités, l'Etat et le mouvement sportif. Selon cet acteur, le report inédit des JO de Tokyo fragilise la force du modèle, aux yeux de sponsors potentiels.

"Leur plan, c'est de trouver environ 10% d'économies" sur le budget, soit 300 à 400 millions d'euros "pour dégager des marges de manœuvres", ajoute cette source, un ordre de grandeur confirmé par un autre acteur des JO. Interrogé par l'AFP, le Cojo n'a pas souhaité commenter ces chiffres, réaffirmant celui de 3,8 milliards au total.

"+bling-bling+" 

À ce niveau de budget et pour deux manifestations de quinze jours (Jeux olympiques puis paralympiques), à Saint-Denis (Stade de France), Paris (Trocadero, Concorde), Versailles (équitation), Marseille (voile), et jusqu'à Tahiti (surf), les pistes d'économies existent, selon tous les acteurs interrogés par l'AFP.

"Le niveau de service lors des JO est délirant. C'est possible de réduire un peu sans toucher à la qualité, notamment pour les transports des athlètes et des officiels", décrit un élu dans une collectivité concernée. Les acteurs s'attendent aussi à des zones d'animations moins fastueuses et donc moins coûteuses, par exemple place de la Concorde, un nouveau site qui ne figurait pas dans le projet initial, où se disputeront les sports dits "urbains" (escalade, basket 3x3, BMX freestyle, breakdance, skateboard).

La capacité du village olympique, qui doit se dresser au nord de Paris, est déjà passée de 18.000 à 15.000 lits.

Faudra-t-il aller plus loin, et sacrifier des sites de compétition ou revoir la voilure du village des médias, comme l'imaginent certains ?

Cela passerait forcément par des discussions tendues avec les collectivités. "On peut regarder s'il y a des économies à faire, laissons de côté le +bling-bling+ qui caractérise parfois les Jeux olympiques, et je ne parle pas forcément de Paris-2024. Mais il est hors de question qu'on sacrifie l'héritage pour la Seine-Saint-Denis", prévient le président de ce département, Stéphane Troussel (Parti socialiste).
 
AFP/VNA/CVN
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